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Marché : L'Europe limite son repli entre inquiétude et espoir sur le coronavirus

jeudi 13 février 2020 à 18h39
Marché : L'Europe limite son repli entre inquiétude et espoir sur le coronavirus

par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse jeudi mais au-dessus de leurs plus bas du jour tandis que Wall Street limitait son repli, les investisseurs relativisant l'impact de la forte hausse du nombre de décès et d'infections dues au coronavirus Covid-19 en Chine.

Cette annonce a pris à contre-pied des marchés portés ces derniers jours par l'optimisme sur l'évolution de l'épidémie et favorisé un repli sur les valeurs refuges habituelles.

À Paris, le CAC 40 accuse en clôture un repli de 0,19% (11,59 points) à 6.093,14 points après avoir cédé jusqu'à 1,25% en matinée. A Londres, le FTSE 100 a perdu 1,09% et à Francfort, le Dax a limité son recul à 0,03%.

L'indice EuroStoxx 50 a cédé 0,2%, le FTSEurofirst 300 0,22% et le Stoxx 600 n'affiche qu'une baisse symbolique de 0,02%.

Ce dernier avait gagné 1,6% sur les trois séance précédentes et inscrit mercredi un plus haut historique, grâce entre autres aux espoirs d'une stabilisation de l'épidémie de coronavirus en Chine, première étape vers la fin de la crise sanitaire qui menace la croissance mondiale.

Mais les autorités sanitaires chinoises ont annoncé avoir recensé 242 décès dus au Covid-19 mercredi, une progression quotidienne sans précédent depuis le début de l'épidémie en décembre, liée en partie à un changement de méthodologie de détection.

L'épidémie continue en outre de s'étendre à l'étranger: un troisième décès a été enregistré hors de Chine continentale (au Japon) et les Etats-Unis ont confirmé un 15e cas d'infection.

Si ces éléments favorisent les prises de profit, les actions ont nettement réduit leurs pertes après l'ouverture de Wall Street.

"Les investisseurs restent disposés à acheter sur tout signe de faiblesse car les espoirs de voir la Chine bénéficier d'un fort rebond après le pic du virus restent élevés", explique Edward Moya, analyste senior d'OANDA à New York.

VALEURS

La plus forte baisse du Stoxx 600 est pour le producteur britannique d'énergie Centrica, qui a chuté de 15,29% après l'annonce d'une chute de 35% de ses bénéfices en 2019 et d'une probable diminution de son flux de trésorerie disponible cette année.

Nestlé a cédé de son côté 2,22%, le géant suisse de l'alimentation ayant repoussé d'un an son principal objectif de croissance organique.

A Paris, Capgemini a perdu 3,37%, le recul le plus marqué du CAC, avoir fait état pour le quatrième trimestre 2019 d'une croissance de ses revenus jugée décevante par certains analystes et Airbus a abandonné 2,78% après l'annonce d'une perte en 2019.

A la hausse, Rexel (+9,84%), Legrand (+4,50%) et Pernod Ricard (+3,80%) ont profité de résultats solides et Orange (+3,31%) de sa confiance pour le marché français en 2020.

Dans le secteur bancaire, Commerzbank a pris 8,94%, ses pertes du quatrième trimestre 2019 étant moins lourdes qu'anticipé.

A WALL STREET

Au moment de la clôture en Europe, Wall Street évoluait en ordre dispersé après avoir effacé la majeure partie de ses pertes du début de séance: le Dow Jones cédait 0,25% et le Nasdaq Composite 0,1% alors que le Standard & Poor's 500 était pratiquement inchangé.

Cisco perdait plus de 5%, les prévisions de résultats présentées mercredi soir ayant déçu les analystes financiers.

LES INDICATEURS DU JOUR

En Europe, l'inflation allemande a été confirmée à 1,6% en rythme annuel en janvier et le taux de chômage en France est tombé au quatrième trimestre à 8,1%, son plus bas niveau depuis fin 2008.

Aux Etats-Unis, les inscriptions au chômage ont très légèrement augmenté la semaine dernière à 205.000 et l'inflation de base s'est légèrement accélérée en janvier avec une hausse de 0,2% contre +0,1% en décembre.

CHANGES

Sur le marché des devises, la principale victime de la dégradation du sentiment de marché a été l'euro, jugé plus vulnérable à un éventuel ralentissement de la croissance et plus exposé à la Chine.

La monnaie unique est tombée à son plus bas niveau depuis avril 2017 face au dollar à 1,0835 et au plus bas depuis 2015 face au franc suisse à 1,061.

A l'inverse, le yen profite de son statut de valeur refuge et prend près de 0,3% contre le billet vert et plus de 0,4% contre l'euro.

TAUX

Même s'ils ont cédé du terrain au fil des heures, les emprunts d'Etat de la zone euro ont bénéficié de l'aversion au risque et la perspective d'un maintien prolongé de politiques monétaires accommodantes, avec à la clé une baisse des rendements: celui du Bund allemand à dix ans a reculé de 1,5 point de base à -0,387%.

Le dix ans américain recule plus légèrement, à 1,619%, après être brièvement tombé sous 1,57%.

A rebours de la tendance, les rendements britanniques sont montés, à 0,656% pour le dix ans après le remaniement du gouvernement de Boris Johnson, qui fait espérer un soutien budgétaire accru, susceptible de dissuader la Banque d'Angleterre de baisser les taux.

PÉTROLE

En nette baisse en début de journée, le marché pétrolier est repassé dans le vert après l'ouverture des marchés américains, les investisseurs privilégiant d'une reprise rapide de la demande après le passage en vide attendu au premier trimestre.

Le Brent gagne 0,75% à 56,21 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,55% à 51,45 dollars.

A SUIVRE VENDREDI:

La dernière séance de la semaine sera animée par les premiers chiffres de la croissance économique au quatrième trimestre en Allemagne et dans l'ensemble de la zone euro, par les résultats de Crédit agricole, Renault et EDF, puis par les statistiques mensuelles des ventes au détail aux Etats-Unis.

(édité par Patrick Vignal)

Copyright © 2020 Thomson Reuters

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