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Marché : L'Eurogroupe doit mieux fonctionner, dit Pierre Moscovici

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STRASBOURG (Reuters) - Le ministre français de l'Economie, Pierre Moscovici, a estimé jeudi à Strasbourg que l'Eurogroupe devait tirer les leçons de ses "flottements" dans la crise chypriote et acquérir davantage de légitimé démocratique.

"L'Eurogroupe peut fonctionner mieux. Doit fonctionner mieux", a-t-il dit lors d'un débat organisé à l'Ena sur l'Union européenne et le couple franco-allemand, auquel participait également son homologue allemand Wolfgang Schäuble.

Les ministres des finances de la zone euro qui se sont rencontrés deux fois en neuf jours au mois de mars pour traiter de la crise à Chypre ont, selon lui, donné "l'image de quelques hommes qui, nuitamment, ont semblé régler son compte à un peuple". "Je ne veux plus de ça."

L'Eurogroupe avait provoqué un vent de révolte à Chypre en annonçant la taxation des comptes, y compris sous la barre des 100.000 euros pourtant protégés par la législation européenne, afin de permettre la survie des banques chypriotes.

Ils y avaient ensuite renoncé pour ne taxer que les comptes sur lesquels il y a plus de 100.000 euros.

Mais l'épisode avait démontré les dysfonctionnements de l'Eurogroupe, dont le président Jeroen Dijsselbloem avait aggravé les choses en annonçant, avant de retirer ses propos, que le traitement du cas chypriote pouvait servir de modèle pour le reste de la zone euro.

Le ministre français, qui n'avait pas ménagé ses critiques envers Jeroen Dijsselbloem, s'est prononcé pour une intégration renforcée de la zone euro avec "à terme" un budget spécifique et un contrôle parlementaire exercé par un comité formé des élus des dix-sept pays membres au sein du Parlement européen.

"A moyen terme, il faudra incarner la politique économique dans la zone euro par un ministre des finances", a-t-il ajouté.

Venus débattre des perspectives d'évolution de l'UE vers une union fédérale, à laquelle l'Allemagne est traditionnellement plus favorable, les deux ministres sont tombés d'accord pour reconnaître que l'urgence, à un an des élections européennes, était à la relance économique.

"Ma préoccupation est que la légitimité de l'intégration économique s'est perdue au sein des jeunes générations", a regretté Wolfgang Schäuble. "Nous devons prouver la capacité de l'Europe à vaincre la crise en relançant la croissance et en réduisant le chômage."

"Tant que nous n'aurons pas retrouvé un consentement populaire à l'Europe, alors une démarche institutionnelle ambitieuse sera perçue comme une fuite en avant et non comme une solution", a ajouté Pierre Moscovici.

Gilbert Reilhac et Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2013 Thomson Reuters

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