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Marché : L'euro à son plus bas niveau annuel

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(CercleFinance.com) - Qu'elles proviennent de Chypre, d'Italie, du Luxembourg ou de France, les dernières nouvelles de la zone euro ont entraîné ce matin la devise de l'union monétaire européenne à son plus bas niveau de l'année contre le billet vert. La réouverture des banques chypriotes, demain, fait craindre une ruée des déposants vers les guichets. En recul de 0,67%, l'euro cote ce midi 1,2778 dollar, un point bas de la séance et de l'année 2013 à ce jour ayant été touché à 1,2773.

Depuis fin 2012, l'euro a perdu 3,2% de sa valeur contre la devise américaine, généralement considéré comme une valeur refuge.

Les analystes de RTFX rappellent que le principal sujet d'inquiétude est toujours le même : “le chef de file de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a effrayé les investisseurs en déclarant explicitement que faire contribuer les déposants et les actionnaires des banques pourrait s'imposer dans l'UE à l'avenir, propos somme toute étrange venant d'un politicien qui tente de désamorcer la crise.”

“L'Europe, le FMI et la BCE n'ont pas dépensé autant d'argent depuis trois ans pour finir sur une panique bancaire généralisée en cas de taxation des dépôts bancaires”, tempère cependant Barclays Bourse. “Le politique européen est parfois (souvent !) maladroit, mais pas complètement fou !”, ajoute-t-il : “certes, les éventuels plans de sauvetage à venir impliqueront d'avantage les créanciers seniors, mais revenir en arrière pour les pays qui ont bénéficié d'une aide n'est pas d'actualité'.

A court terme, le flux de nouvelles reste négatif pour la zone euro : de nombreux médias rappellent que la banque centrale chypriote a 'démissionné' la direction général de Bank of Cyprus, la principale banque du pays encore en vie.

En outre, 'Chypre a prévenu, hier, que des 'efforts surhumains' étaient nécessaires en vue de rouvrir ses banques demain, comme prévu. Afin d'éviter une fuite massive de capitaux, en particulier étrangers, toutes les banques de l'île sont fermées et les virements impossibles depuis le 16 mars', indique Aurel BGC.

Nombreux sont les intervenants qui craignent que les déposants ne se ruent demain sur les guichets pour retirer leurs avoirs, la confiance dans le système bancaire national ayant été sérieusement ébranlée.

De plus, l'efficacité de la ponction envisagée sur les dépôts bancaires supérieurs à 100.000 euros suscite des doutes, puisque les agences et filiales à l'étranger des banques chypriotes sont, elles, restées ouvertes et qu'aucune limite de retrait ne leur a été imposée.

Après Chypre, un autre Etat membre de la zone euro dont le secteur financier est important, le Luxembourg, a été montré du doigt. Ce qui a suscité ce matin une réaction aussi officielle d'inhabituelle du gouvernement du Grand-duché : 'le Luxembourg est (...) préoccupé par les récentes déclarations faites dans le contexte de la crise chypriote et exacerbée par des comparaisons entre secteurs financiers internationaux dans la zone euro et par des réflexions sur la taille d'un secteur financier par rapport à son produit intérieur brut du pays et les prétendus risques que ceci poserait pour la soutenabilité budgétaire et économique', indique un communiqué.

“En ce qui concerne le secteur financier au Luxembourg, il y a lieu de souligner son caractère fondamentalement international au sein de la zone euro qui fait de lui un point d'entrée important pour les investissements dans la zone euro”, indique encore le petit Etat.

Et selon le FMI, le système bancaire en Italie reste sous la menace de la récession dans le pays et d'une aggravation de la crise de la dette, compte tenu de la forte exposition des banques à la dette de l'Etat italien.

Bref, l'euro reste pénalisé par de nombreuses incertitudes. Et de surcroît, les statistiques européennes demeurent négatives, à l'instar du nombre de chômeurs qui, en France, s'approche de nouveau du record absolu atteint en 1997.

En France, 'février reste le 22ème mois consécutif de hausse du chômage et deux millions de personne sont en chômage de longue durée', rappelle un intervenant.

Publié par la Commission européenne, l'indice BCI du climat des affaires dans la zone euro recule à -0,86 en mars contre -0,72 en février, mettant ainsi un terme à une série de quatre hausses mensuelles consécutives.

Toujours sur le plan macroéconomique, on notera que la France et le Royaume Uni ont tous deux confirmé des contractions de 0,3% de leurs PIB respectifs au dernier trimestre 2012 par rapport au troisième.

Dans un tel contexte, on ne peut guère être surpris par le recul des indices du sentiment économique et du climat des affaires dans la zone euro, annoncé par la Commission européenne pour ce mois de mars.

L'orientation de l'euro face au dollar reste négative, et cela devrait continuer, pronostique un bureau d'études : “nous n'anticipons aucun renversement de tendance à court terme”, estime RTFX.

L'euro perd également 1,03% contre le yen à 120,33, 0,31% contre le sterling britannique à 0,8457 et 0,16% contre le franc suisse à 1,2174 franc l'euro.


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