Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Marché : L'économie russe est en crise, reconnaît le gouvernement

Marché : L'économie russe est en crise, reconnaît le gouvernement

Marché : L'économie russe est en crise, reconnaît le gouvernementMarché : L'économie russe est en crise, reconnaît le gouvernement

par Darya Korsunskaya et Lidia Kelly

MOSCOU (Reuters) - Le gouvernement russe a admis pour la première fois lundi que son économie était en crise, contredisant des déclarations antérieures assurant qu'une croissance même ralentie pourrait absorber le choc de sanctions consécutives au référendum en Crimée.

A Moscou, les marchés, qui ont vu ces dernières semaines s'évaporer des milliards de dollars, attendent de connaître l'ampleur exacte des sanctions occidentales après le référendum de dimanche plébiscitant le retour de la Crimée dans le giron russe.

Sans évoquer directement de l'impact de la crise en Ukraine, le ministre adjoint de l'Economie, Sergueï Beliakov, a reconnu lundi que l'économie russe était en difficulté.

"La situation économique montre clairement des signes de crise", a-t-il dit lors d'un séminaire d'entreprises.

Les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles se sont entendus lundi sur la deuxième phase de la "riposte graduée" aux actions russes en Ukraine en sanctionnant une vingtaine de personnalités impliquées dans le rattachement de la Crimée à la Russie.

L'administration américaine a imposé pour sa part un gel des avoirs et une interdiction de voyage à onze responsables ukrainiens et russes impliqués dans la crise en Crimée, dont deux sont de proches collaborateurs de Vladimir Poutine.

Les Etats-Unis se tiennent prêts a imposer de nouvelles sanctions contre la Russie mais la diplomatie peut encore permettre de résoudre la crise, a dit lundi Barack Obama lors d'une brève déclaration.

En attendant d'en savoir plus, les acteurs de l'économie russe sont nerveux.

"Les gens ont peur des sanctions, de leur ampleur, de leur nature et de leur impact sur le système financier russe, l'économie, les marchés et les plus grandes entreprises", explique Konstantin Chemichev, responsable du département recherche chez Uralsib à Moscou.

LA RÉCESSION SE PROFILE

Beaucoup d'économistes prédisent une entrée de la Russie en récession et ils sont nombreux à avoir révisé à la baisse leurs prévisions de croissance à la suite de la pire confrontation entre la Russie et l'Occident depuis la chute du Mur de Berlin.

"La demande intérieure devrait freiner en raison d'une forte incertitude et de conditions financières resserrées, ce qui pourrait faire entrer l'économie en récession sur les deuxième et troisième trimestres de 2014", écrivent Vladimir Kolitchev et Daria Isakova, économistes chez VTB Capital, dans une note publiée lundi.

"Nous révisons notre prévision de croissance annuelle à 0,0% et voyons des risques de récession si l'incertitude demeure élevée de manière prolongée et/ou si des sanctions sévères sont imposées", ajoutent-ils.

Les plus récentes prévisions du ministère de l'Economie, publiées avant l'escalade de la crise en Ukraine, anticipaient une croissance autour de 2% cette année.

Depuis que Vladimir Poutine a déclaré le 3 mars que la Russie avait le droit d'envahir l'Ukraine pour protéger les populations russophones, les économistes n'ont cessé de l'avertir que Moscou risquait de payer une telle politique au prix fort.

L'indice MICEX de la Bourse de Moscou a déjà effacé plus de 47 milliards d'euros en capitalisation et la Banque de Russie a dû puiser plus de 11 milliards d'euros dans ses réserves pour soutenir le rouble. La semaine dernière, le MICEX a perdu 76% et l'indice RTS, libellé en dollars, a chuté de plus de 8%.

Ces indices se sont toutefois nettement redressés lundi, le MICEX s'adjugeant 3,74% et le RTS gagnant 4,91%, certains investisseurs voulant croire que les sanctions occidentales n'auront qu'un impact limité.

La fuite des capitaux s'est, elle, intensifiée et pourrait s'accélérer, selon l'ancien ministre des Finances Alexei Koudrine et plusieurs économistes, à 36 milliards d'euros pour le seul premier trimestre 2014, contre 45 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année 2013.

Considérée il y a quelques semaines encore comme l'un des marchés émergents les plus solides, la Russie est brutalement devenue vulnérable.

"L'économie russe était en difficulté avant même la récente aggravation des tensions entourant l'Ukraine et des indicateurs moins favorables en provenance de Chine", tempère Alexander Morozov, économiste en chef chez HSBC à Moscou. "La possibilité de sanctions économiques et financières contre la Russie ne fait qu'ajouter à l'incertitude".

(Patrick Vignal pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...