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Marché : L'Allemagne évite la récession grâce à la consommation

Marché : L'Allemagne a évité la récession avec la consommation privéeMarché : L'Allemagne a évité la récession avec la consommation privée

BERLIN (Reuters) - Une hausse marquée de la consommation privée a permis à l'Allemagne de renouer au troisième trimestre avec une modeste croissance de 0,1% du produit intérieur brut (PIB) et d'éviter ainsi une récession technique, malgré la faiblesse persistante de l'investissement.

Selon les données détaillées publiées mardi par l'Office fédéral de la statistique, la consommation privée a augmenté de 0,7% sur la période juillet-septembre, sa plus forte hausse trimestrielle en trois ans, et l'investissement public a progressé de 0,6%.

Globalement, la consommation a apporté 0,5 point de croissance au PIB allemand au troisième trimestre.

Le commerce extérieur a aussi eu un effet positif, de 0,2 point, les exportations (+1,9%) ayant crû plus rapidement que les importations (+1,7%).

"Nous ne sommes pas en récession", a souligné le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, lors d'un débat au Bundestag.

"Nous n'avons pas une croissance économique aussi bonne qu'auparavant mais nous sommes proches de notre potentiel économique", a-t-il ajouté.

Côté négatif, les dépenses d'investissement productif ont chuté de 2,3% au troisième trimestre. Globalement, l'investissement a contribué négativement de 0,7 point au PIB du troisième trimestre, alors que nombre de partenaires de l'Allemagne, dont la France, l'appellent à profiter de ses finances publiques saines pour relancer l'investissement et soutenir ainsi l'activité dans la zone euro.

"PAS INVESTIR UNIQUEMENT DANS LE BÉTON"

Devant les députés, Wolfgang Schäuble a affirmé que l'Allemagne investissait fortement dans la recherche-développement et qu'il ne fallait pas se focaliser uniquement sur les investissements dans les infrastructures matérielles.

"Il n'est pas toujours raisonnable d'investir uniquement dans le béton", a-t-il jugé.

Au troisième trimestre, les variations de stocks ont coûté 0,5 point de croissance, ce qui peut toutefois être interprété comme un signe positif pour le quatrième trimestre avec la perspective d'une reconstitution des stocks dans les derniers mois de l'année.

Après une contraction de 0,1% du PIB au deuxième trimestre, l'Allemagne risquait de tomber en récession technique en cas de nouveau recul de l'activité sur la période juillet-septembre.

La première économie de la zone euro souffre en effet de la faiblesse de la croissance chez ses principaux partenaires, en particulier en France, et des incertitudes pesant sur certains de ses débouchés, notamment la Russie en raison de la crise en Ukraine.

L'économie allemande semble toutefois résister à ces vents contraires. Indicateur particulièrement suivi, l'indice Ifo du climat des affaires a montré lundi une amélioration du moral des chefs d'entreprise allemands avec le recul de l'euro face au dollar et la chute des cours du pétrole.

L'Allemagne continue en outre de profiter d'un taux de chômage faible, de salaires en hausse et de taux d'intérêt très bas.

(Noah Barkin, avec Stephen Brown et Erik Kirschbaum, Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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