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Marché : Financements internationaux en vue pour un projet russe de GNL

vendredi 18 septembre 2020 à 12h19
Marché : Financements internationaux en vue pour un projet russe de GNL

par Simon Jessop

LONDRES (Reuters) - Plusieurs établissements financiers internationaux sont prêts à soutenir financièrement à hauteur de 9,5 milliards de dollars (8,0 milliards d'euros) un projet de production de gaz naturel liquéfié (GNL) dans l'Arctique russe, selon un document que s'est procuré Reuters.

Le projet Arctic LNG 2, mené par la compagnie russe Novatek et auquel le groupe Total participerait, est évalué à 21 milliards de dollars. Il devrait être lancé en 2023 pour atteindre en 2026 une capacité de production de près de 20 millions de tonnes de GNL par an dans la péninsule de Gydan, dont 80% seraient destinés à l'Asie.

Si le GNL est présenté par le secteur de l'énergie comme une alternative plus "propre" au charbon et au pétrole, il reste une source d'émission de dioxyde de carbone (CO2) et ses détracteurs le jugent difficilement compatibles avec les engagements de l'accord de Paris sur le climat ou le "Green Deal" de l'Union européenne.

Parmi les établissements pressentis pour soutenir Arctic LNG 2, selon le document que s'est procuré Reuters, Bpifrance a émis un avis préliminaire favorable à une demande de "garantie de projet stratégique" de Total pour un crédit de 700 millions d'euros, un mécanisme en vertu duquel la banque publique se porterait garante pour l'entreprise à hauteur de 80% de ce crédit auprès des banques.

"La décision d'octroi d'une garantie publique dans le cadre du projet Artic LNG 2 n'a pas été prise", a toutefois précisé Bpifrance après la publication de ces informations.

Les autres soutiens potentiels du projet incluent China Development Bank (CDB) pour cinq milliards de dollars, l'assureur crédit allemand Euler Hermes pour 300 millions et Japan Bank for International Cooperation (JBIC) pour 2,5 milliards de dollars, tandis qu'une banque russe dont l'identité n'est pas précisée est prête à apporter 1,5 milliard et l'italien SACE un milliard.

Sberbank, la première banque russe, a annoncé officiellement qu'elle était prête à financer le projet à hauteur de 2,7 milliards d'euros.

Les engagements détaillés par le document, s'ils étaient confirmés, couvriraient l'intégralité des besoins de financements externes, estimés par Novatek entre neuf et 11 milliards de dollars.

DES IMPLICATIONS POLITIQUES POSSIBLES

Parmi les partenaires industriels du groupe russe figurent, outre Total, les chinois China National Petroleum et CNOOC et le consortium japonais Japan Arctic LNG, qui réunit Mitsui & Co et le groupe public JOGMEC, l'ex-Japan Oil, Gas and Metals National Corp.

L'engagement de Bpifrance est soumis à certaines conditions et peut encore être rejeté par le gouvernement français. Le document précise que son avis favorable à la garantie du projet est donné "sous réserve de l'instruction ultérieure du profil de risque du projet et de ses fondamentaux économiques", avec une "réserve forte" dans l'attente des conclusions de l'analyse environnementale et sociale.

Total a refusé de commenter ces informations et Novatek n'avait aucun commentaire à faire dans l'immédiat.

Ce dossier pourrait avoir des implications politiques et diplomatiques dans le contexte du regain de tension entre l'Europe et la Russie lié à la tentative d'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny, qui a suscité en Europe des appels à suspendre le projet de gazoduc Nord Stream 2 entre la Russie et l'Allemagne.

L'implication d'institutions de financement du développement européennes dans le montage de projets de GNL est par ailleurs de plus en plus souvent remise en question à l'aune des engagements affichés par l'UE en matière de lutte contre le dérèglement climatique.

Les agences de crédit export comme Bpifrance fournissent, avec l'appui des Etats, des prêts, des garanties, des crédits et des assurances à des entreprises privées.

Une porte-parole de JBIC s'est refusée à tout commentaire sur le document de Bpifrance, disant ne pas pouvoir confirmer le montant évoqué.

SACE s'est refusé à tout commentaire et CDB n'a pas répondu dans l'immédiat. Euler Hermes a renvoyé vers le ministère fédéral allemand en charge de l'énergie mais celui-ci a déclaré ne pas être "autorisé à fournir à des tiers des informations sur ce sujet".

(Avec Katya Golubkova et Vladimir Soldatkin à Moscou, Benjamin Mallet à Paris, Takashi Umekawa à Tokyo et Cheng Leng à Pékin, version française Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2020 Thomson Reuters

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