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Marché : Contraction inattendue de l'économie américaine au 4e trimestre

Marché : Baisse inattendue du PIB américain au 4e trimestreMarché : Baisse inattendue du PIB américain au 4e trimestre

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - Le produit intérieur brut (PIB) américain s'est contracté contre toute attente au quatrième trimestre 2012 - pour la première fois depuis la récession de 2007-2009 - dans un contexte de ralentissement de la reconstitution des stocks des entreprises et de forte réduction des dépenses de l'Etat.

Le PIB du trimestre dernier a accusé une légère baisse, de 0,1% en rythme annuel, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient une croissance de 1,1% et qu'il avait progressé de 3,1% au troisième trimestre, montrent les premières estimations publiées mercredi par le département du Commerce. Aucun des économistes interrogés n'avait prévu de contraction.

Il s'agit de la plus mauvaise performance de l'économie américaine depuis le deuxième trimestre 2009, à la fin de la dernière récession, lorsque le PIB avait diminué de 0,3%.

Cette contraction de l'économie, sur fond d'austérité budgétaire, alimente les craintes d'une nouvelle récession et pourrait bien pousser les parlementaires américains à sortir rapidement les négociations budgétaires de l'impasse.

Mais les économistes pensent qu'il ne faut pas trop s'alarmer. "On a une combinaison de stocks et de dépenses militaires qui coûtent deux points de pourcentage au taux de croissance", souligne Nigel Gault, économiste chez IHS Global Insight. "Ce n'est pas un indicateur de récession." 礀

Une accélération de la consommation des ménages et de l'investissement a toutefois limité la contraction du PIB et crée quelques espoirs d'une prochaine reprise de la croissance.

Ces statistiques ont été publiées alors que la Réserve fédérale tenait sa réunion de politique monétaire mardi et mercredi et devraient oeuvrer en faveur du maintien de la politique monétaire ultra-accommodante de la banque centrale.

Les économistes estiment qu'il faudrait une croissance supérieure à 3% pendant un certain laps de temps pour entraîner une baisse significative du chômage outre-Atlantique.

Or, pour l'ensemble de l'année 2012, la croissance reste limitée à 2,2%, selon ces dernières statistiques.

L'ouragan qui a ravagé la côté est des Etats-Unis à la fin du mois d'octobre aurait coûté 0,5 point de croissance.

L'OURAGAN ET LES GRÈVES

De plus, le blocage des négociations budgétaires à Washington, qui ont débouché sur un accord à l'arraché en toute fin d'année, a été un facteur d'incertitude.

Mais le ralentissement de la reconstitution de stocks des entreprises a été l'élément déterminant de cette contraction, ayant coûté 1,27 point de croissance. Sans compter les stocks, la croissance américaine aurait été de 1,1% sur la période.

De même, la baisse de 6,6% des dépenses de l'Etat, dont 22,2% dans le secteur de la défense (sans précédent depuis 1972), a coûté 1,33 point de croissance.

Mais la faiblesse des exportations, affectées par la récession en Europe, le ralentissement en Chine et des perturbations dans les ports américains liées à l'ouragan Sandy et des mouvements de grève, a également pesé sur la croissance. Celles-ci ont diminué pour la première fois depuis le premier trimestre 2009, de 5,7%, tandis que les importations ont baissé de 3,2%.

Quelques aspects de l'économie ont toutefois été positifs, notamment les dépenses des ménages et l'investissement des entreprises, tout comme le revenu disponible des ménages après impôts et inflation et la construction de logements.

La consommation des ménages, qui contribue à hauteur des deux tiers à l'activité économique, a augmenté de 2,2%, en amélioration par rapport à la hausse de 1,6% du troisième trimestre. De même, l'investissement a nettement rebondi le trimestre dernier, de 8,4%, après avoir reculé pour la première fois depuis un an et demi lors au troisième trimestre.

Parallèlement, la construction de logement a augmenté de 15,3% après avoir progressé de 13,5% au troisième trimestre.

Dans ce contexte, l'immobilier a contribué l'an dernier à la croissance américaine pour la première fois depuis 2005.

Wall Street, orientée en hausse avant l'ouverture, accuse un léger recul en réaction à la publication de ces statistiques.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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