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Marché : Chypre cherche un "plan B" et inquiète la zone euro

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par Michele Kambas et Matt Robinson

NICOSIE (Reuters) - Le président chypriote, Nicos Anastasiades, doit rencontrer ce jeudi les responsables des principaux partis du pays pour évoquer un "plan B", à la suite du refus mardi du Parlement d'entériner la taxation des dépôts proposée par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) dans le cadre d'un plan de sauvetage.

Aucun des 56 députés n'a voté en faveur du plan de dix milliards d'euros de l'UE, qui impliquait une taxation des dépôts bancaires chypriotes. Trente-six ont voté contre tandis que 19 autres, membres du parti conservateur de Nicos Anastasiades, s'abstenaient.

L'accord obtenu samedi entre les ministres des Finances de la zone euro prévoyait que Chypre lève 5,8 milliards en ponctionnant les dépôts dans les banques chypriotes à hauteur de 6,75% en dessous de 100.000 euros et de 9,9% au-delà.

Plusieurs dirigeants de la zone euro, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, ont exprimé mercredi leurs inquiétudes, alors que Dmitri Medvedev, Premier ministre russe, a regretté que l'UE se comporte comme un "éléphant dans un magasin de porcelaine".

Jean-Marc Ayrault a reproché à Nicosie d'avoir déclenché un vent de panique en annonçant une taxation des petits dépôts et a appelé le gouvernement chypriote à faire en sorte que "les très riches déposants" soient mis à contribution pour protéger "les petites gens, les gens modestes, les épargnants qui n'ont pas à payer la facture".

La BCE a elle maintenu la pression sur Chypre, en prévenant qu'elle pourrait cesser d'alimenter en liquidités ses banques, tant que le plus petit pays de la zone euro n'aurait pas accepté un plan de sauvetage.

PAS D'ACCORD AVEC MOSCOU

Nicos Anastasiades, élu président en février, doit rencontrer les responsables politiques chypriotes à 09h30 locales (07h30 GMT), après que les discussions menées mercredi se sont soldées sans résultat.

Un responsable du gouvernement a annoncé que les banques du pays, fermées depuis le week-end, ne rouvriraient pas avant mardi.

Le "plan B" pourrait comprendre la nationalisation de fonds de pension et d'entreprises semi-publiques, une émission obligataire liée aux revenus attendus d'un gisement gazier découvert en 2011, et un maintien éventuel de la taxation des épargnants mais pour les dépôts dépassant 100.000 euros.

Michael Sarris, ministre des Finances, a prolongé son séjour en Russie, à qui Chypre demande de proroger de cinq ans, jusqu'en 2021, un prêt de 2,5 milliards d'euros obtenu en 2011 et qui vient à échéance en 2016, et revoie à la baisse son taux d'intérêt (4,5%).

Nicosie souhaiterait en outre que la Russie, dont les ressortissants ont déposé des milliards d'euros dans les banques chypriotes, lui prête cinq milliards d'euros supplémentaires, mais aucun accord n'a été trouvé mercredi.

Le gouvernement chypriote a par ailleurs démenti avoir conclu la vente de Cyprus Popular Bank, l'une des principales banques du pays, à des investisseurs russes pour tenter de résoudre la crise du système bancaire national.

Julien Dury pour le service français

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