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Marché : "Ça va mieux" aussi pour la croissance économique

Marché : La croissance accélère à 0,5% au 1er trimestreMarché : La croissance accélère à 0,5% au 1er trimestre

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - La croissance de l'économie française a accéléré au premier trimestre, la consommation des ménages, qui n'avait pas progressé autant depuis fin 2004, et le dynamisme de l'investissement des entreprises donnant de la substance au "ça va mieux" martelé par François Hollande depuis quinze jours.

L'Insee a fait état en première estimation d'une hausse de 0,5% du produit intérieur brut sur janvier-mars, là où les économistes attendaient +0,4%, tout en confirmant celle de 0,3% enregistrée au dernier trimestre 2015.

La France a ainsi fait mieux sur le premier trimestre que la Grande-Bretagne (+0,4%) mais un peu moins que l'ensemble de la zone euro (+0,6%).

Le chiffre de l'Insee vient couronner une semaine très positive pour l'exécutif aux abois dans les sondages, venant après la forte baisse du nombre de demandeurs d'emploi et l'annonce d'un méga-contrat de sous-marins avec l'Australie.

Les dépenses de consommation des ménages, le premier moteur traditionnel de l'économie française, ont rebondi de 1,2% sur le trimestre, soit leur plus forte hausse depuis fin 2004, en contrecoup de leur quasi-stagnation de l'automne.

Leur hausse a été générale, touchant autant les biens fabriqués (+2,4% avec l'automobile et l'électronique grand public, qui a profité du passage à la TNT haute définition), que l'énergie (+1,5% à la faveur de températures plus basses que fin 2015) et les services (+0,6%).

Ces derniers ont bénéficié du rebond des dépenses dans l'hébergement-restauration, un secteur pénalisé fin 2015 par les attentats islamistes de novembre à Paris et Saint-Denis.

L'INVESTISSEMENT DES MÉNAGES TOUJOURS EN BERNE

Dans le même temps, l'investissement des entreprises s'est accru de 1,6%, dépassant enfin, en valeur absolue, le record établi au premier trimestre 2008, avant la crise.

Dans un communiqué, le ministre des Finances Michel Sapin estime qu'une "croissance solide est enclenchée, avec une consommation en forte hausse et un investissement des entreprises qui accélère".

"La production augmente et se traduit par plus d’emplois et un recul du chômage (-49.500 chômeurs au 1er trimestre). Notre action porte ses fruits, nous la poursuivrons avec détermination dans les prochains mois", a-t-il ajouté.

Avec les dépenses des ménages et l'investissement, la contribution de la demande intérieure finale à la croissance du trimestre a été positive de 0,9 point, soit un plus haut depuis fin 2006.

A l'inverse, le commerce extérieur a contribué négativement au PIB pour le troisième trimestre consécutif, du fait d'une baisse des exportations pendant que les importations, souvent corrélées à la consommation, progressaient.

L'autre point noir reste l'investissement des ménages, en baisse continue depuis maintenant près de trois ans et à des plus bas depuis 1998, dont l'évolution (0,2%) tarde à concrétiser l'embellie constatée sur le marché immobilier.

La hausse du rythme de hausse des investissements des entreprises "est une très bonne nouvelle", déclare Alexandre Mirlicourtois, économiste de l'institut Xerfi.

"Cela montre que les entreprises commencent à redevenir conquérantes. Cela donne de la solidité à la reprise, ce n'est pas seulement de la consommation", ajoute-t-il.

LE GOUVERNEMENT TABLE SUR 1,5% EN 2016

Pour Axelle Lacan (COE-Rexecode), "la consommation a bien aidé". "Il y a un effet correction du quatrième trimestre, notamment sur les services, un retour à des températures de saison et des gains de pouvoir d'achat grâce au pétrole".

L'économiste juge que la prolongation du dispositif de suramortissement des investissements des entreprises a joué aussi positivement sur la confiance des industriels.

Pour la suite, les avis des deux économistes sont partagés. Ils entrevoient tous deux un deuxième trimestre un peu moins fort, ne serait-ce que parce la consommation aura du mal à garder le même rythme de progression.

Les chiffres publiés séparément par l'Insee pour le seul mois de mars montrent que son ralentissement est déjà en cours..

"Et les enquêtes auprès des chefs d'entreprises ne laissent pas présager d'amélioration forte" de leur activité, souligne Axelle Lacan, pour qui la prévision de hausse de 1,5% du PIB 2016 retenue par le gouvernement reste "très optimiste".

Michel Sapin se veut confiant, soulignant que l’acquis de croissance pour 2016, à savoir la marque pour toute l'année si le PIB des trois derniers trimestres devait stagner, "est déjà de 1% à l’issue du 1er trimestre".

De même, Alexandre Mirlicourtois juge que l'objectif de 1,5% peut être atteint "et même largement dépassé".

"Les dernières enquêtes ne sont pas mauvaises dans l'industrie et le rebond semble en vue dans le bâtiment alors que, sans construction, il est difficile d'imaginer une forte accélération de la croissance en France", dit-il.

(édité par Yves Clarisse)

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