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Marché : Bruxelles ne voit pas de reprise franche en zone euro avant 2014

Marché : Bruxelles ne voit pas de reprise franche en zone euro avant 2014Marché : Bruxelles ne voit pas de reprise franche en zone euro avant 2014

par Jan Strupczewski BRUXELLES (Reuters) - La Commission européenne a dévoilé mercredi des prévisions de croissance plus pessimistes que celles des principaux pays de la zone euro, en ne laissant pas entrevoir de reprise franche avant 2014.

Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro devrait se contracter de 0,4% cette année, soit d'un dixième de point de plus que prévu au printemps, et il ne progresserait que de 0,1% en 2013 avant une reprise plus nette en 2014 avec une croissance attendue de 1,4%.

La CE a expliqué la révision en baisse des prévisions de cette année par la crise de la dette souveraine qui a pesé sur l'activité économique au premier semestre. "A court terme, les conditions demeurent fragiles pour l'économie de l'UE, mais 2013 devrait voir un retour progressif de la croissance, croissance qui devrait se renforcer en 2014", souligne-t-elle.

La croissance très modeste de 2013 serait tirée par les exportations nettes, tandis que la demande intérieure resterait atone pour ne se raffermir qu'en 2014.

La consommation "reste bridée par le désendettement en cours dans certains Etats membres et par la réallocation des ressources entre les secteurs. Ce processus aurait des répercussions sur le marché du travail", reconnaît l'exécutif européen, qui s'attend à voir le taux de chômage culminer à 12% dans la zone euro en 2013, "avec des variations importantes au sein des Etats membres".

L'assainissement budgétaire porterait toutefois ses fruits puisque les déficits publics baisseraient à 3,3% dans la zone euro cette année, contre 4,1% en 2011, puis à 2,6% en 2013 et 2,5% en 2014.

"L'Europe traverse une période difficile de rééquilibrage macroéconomique qui va encore durer un certain temps", a déclaré Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, cité dans le communiqué de la CE.

"L'Europe doit continuer à combiner des politiques budgétaires saines et des réformes structurelles afin de créer les conditions qui permettront une croissance durable, capable de faire baisser le chômage, dont le niveau actuel, trop élevé, est inacceptable".

CROISSANCE DE 0,4% EN FRANCE EN 2013

Les prévisions de la Commission sont plus pessimistes que celles de la plupart des Etats membres.

L'Allemagne, première puissance européenne, enregistrerait ainsi une croissance de 0,8% cette année - comme le prévoit Berlin - mais ne ferait pas mieux en 2013, alors que le gouvernement attend 1,0%.

Pour la France, la CE attend 0,2% cette année, 0,4% en 2013 et 1,2% en 2014, à comparer aux hypothèses de respectivement 0,3%, 0,8% et 2,0% retenues par Paris. Pour le déficit budgétaire français rapporté au PIB, l'exécutif européen anticipe 4,5% en 2012 puis 3,5% en 2013 et 2014, alors que le gouvernement Ayrault table sur 3,7%, 2,5% et 2,0%.

L'économie italienne subirait une contraction de 0,5% en 2013 après une récession de 2,3% cette année, alors que Rome a une prévision de -0,2% en 2013. De même, le déficit budgétaire italien serait ramené à 2,1% du PIB l'an prochain, alors que le gouvernement de Mario Monti anticipe 1,8%.

L'Espagne, au coeur de la crise de la dette, verrait encore son économie se contracter de 1,4% en 2013, presque trois fois plus que sa prévision officielle (-0,5%). Son déficit budgétaire représenterait encore 6,0% du PIB en 2013, après 8,0% cette année, et repartirait à la hausse en 2014 à 6,4%.

Dans son projet de budget dévoilé en septembre, Madrid voyait son déficit budgétaire revenir à 6,3% cette année puis 4,5% en 2013.

Pour la Grèce, paradoxalement, la Commission a des prévisions de PIB supérieures à celles du gouvernement. L'exécutif européen anticipe des contractions de 6% cette année puis de 4,2% en 2013, avec un retour à la croissance en 2014 (+0,6%). Athènes a des prévisions plus prudentes, respectivement de -6,5%, -4,5% et +0,2%.

La CE voit en revanche le déficit budgétaire grec encore à 5,5% en 2013 et 4,6% en 2014, alors qu'Athènes vise 3,8% à l'horizon de 2014.

Marc Angrand et Véronique Tison pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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