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Brexit : Des négociateurs européens attendus jeudi à Londres, selon des sources

mercredi 21 octobre 2020 à 11h47
Marché : Brexit: L'Union européenne renvoie la balle dans le camp de Londres

BRUXELLES (Reuters) - Les négociateurs européens devraient se rendre à Londres jeudi pour reprendre les discussions sur les futures relations commerciales entre l'Union et le Royaume-Uni, a-t-on appris de sources proches des Vingt-Sept.

Les deux parties, qui se réclament mutuellement des concessions, se renvoient la balle depuis que le Premier ministre britannique a jugé inutile de poursuivre les discussions, la semaine dernière. Boris Johnson a répété mardi qu'il n'y aurait plus de négociations, faute d'un changement d'attitude de la part de l'UE.

Michel Barnier, négociateur européen en chef, devait toutefois s'entretenir avec son homologue britannique David Frost ce mercredi.

"Le temps est très limité et nous sommes prêts à négocier 24 heures sur 24, sur tous les sujets, sur tous les textes juridiques. Le Royaume-Uni a une décision à prendre, c'est son choix libre et souverain", a souligné mercredi le président du Conseil européen Charles Michel devant le Parlement de l'UE.

"Cette réponse souveraine déterminera son niveau d'accès à notre marché intérieur. Ce n'est que du bon sens", a-t-il ajouté.

S'exprimant lui aussi devant les eurodéputés, Michel Barnier a estimé qu'un accord était toujours "à portée de main" et que les deux parties devaient s'atteler rapidement à trouver des solutions.

L'UE PRÊTE AU "SAUT DANS LE VIDE"

"Nos portes restent ouvertes et le resteront jusqu'au dernier jour possible. Mais il faut être deux pour trouver un accord", a-t-il insisté.

Charles Michel a par ailleurs assuré que les Vingt-Sept étaient tout aussi prêts au "saut dans le vide", en cas de rupture sans accord commercial.

"Nous n'avons pas besoin de mots, nous avons besoin de garanties", a insisté le président du Conseil européen, qui s'exprimait en anglais.

Les négociations butent principalement sur trois dossiers : la pêche, les règles de libre concurrence et les mécanismes de règlement des litiges.

Charles Michel a jugé qu'en l'absence d'accès aux eaux britanniques, le secteur européen de la pêche subirait des dommages "extraordinaires". Le bloc cherche par conséquent à prolonger le statu quo, tout comme Londres cherche à maintenir l'accès au marché intérieur de l'UE pour ses entreprises, a-t-il poursuivi.

"Mais le Royaume-Uni veut l'accès au marché unique tout en s'affranchissant à sa convenance de nos normes et de nos réglementations. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre", a ajouté le président du Conseil européen.

(Gabriela Baczynska, Marine Strauss, version française Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief)

Copyright © 2020 Thomson Reuters

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