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Marché : Berlin abaisse ses prévisions de croissance

Marché : Le gouvernement allemand abaisse ses prévisions de croissanceMarché : Le gouvernement allemand abaisse ses prévisions de croissance

BERLIN (Reuters) - Le gouvernement allemand a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an prochain, à 1,2% et 1,3% respectivement, contre 1,8% et 2,0% jusqu'à présent, a annoncé mardi le ministère de l'Economie, arguant de l'impact des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient et du ralentissement des marchés à l'exportation.

Le ministre Sigmar Gabriel a toutefois assuré qu'il n'y avait aucune raison de croire que l'Allemagne soit en récession, tandis que le ministre des Finances Wolfgang Schäuble a jugé que cet affaiblissement de la croissance ne serait que momentané.

La chancelière Angela Merkel a en outre réitéré son objectif de parvenir à l'équilibre budgétaire en 2015 malgré les appels de plus en plus pressants en provenance de certains des partenaires européens de l'Allemagne et d'institutions internationales en faveur d'un effort en matière d'investissement de la part de Berlin.

"On peut constater, à partir des prévisions, que le gouvernement allemand estime que cette faiblesse sera momentanée et que dès l'an prochain, selon les chiffres disponibles, elle (la croissance) remontera lentement", a déclaré Wolfgang Schäuble lors d'une conférence de presse à Luxembourg, à l'occasion de la réunion Ecofin des ministres des Finances de l'Union européenne.

Après avoir démarré l'année sur les chapeaux de roue avec une croissance de 0,7% au premier trimestre, l'économie allemande a subi une brusque contraction du PIB de 0,2% sur avril-juin. Et aujourd'hui, après une série d'indicateurs inférieurs aux attentes, certains économistes redoutent une entrée en récession avec une nouvelle contraction au troisième trimestre.

Berlin prévoit de fait que les exportations, l'un des principaux moteurs de la première économie d'Europe, augmenteront de 3,4% cette année et de 4,1% en 2015, tandis que les importations devraient progresser de 4,0% et 5,5% respectivement. Le commerce extérieur amputerait ainsi de 0,1 point la croissance 2014 et de 0,3 point celle de 2015.

"L'économie allemande évolue dans des eaux étrangères difficiles. Les crises géopolitiques ont aussi accru l'incertitude en Allemagne et une croissance modérée pèse sur l'économie allemande", a dit Sigmar Gabriel, tout en soulignant que la dynamique intérieure restait intacte.

"Je ne vois aucun argument qui permette de dire que l'Allemagne est en récession ou que nous devions renoncer à nos objectifs en matière de dette", a-t-il ajouté, faisant référence à la volonté du gouvernement de dégager un budget équilibré l'an prochain, sans nouveaux emprunts.

L'OBJECTIF D'ÉQUILIBRE BUDGÉTAIRE RÉAFFIRMÉ

"Davantage de dette en Allemagne ne créerait pas de croissance en Italie, en France, en Espagne ou en Grèce", a encore dit Sigmar Gabriel, estimant que l'objectif d'un budget équilibré en 2015 restait compatible avec les nouvelles prévisions de croissance, ce qu'a également affirmé Wolfgang Schäuble.

Angela Merkel a tenu le même discours un peu plus tard, selon des participants à une réunion des députés conservateurs au Bundestag lors de laquelle la chancelière s'est exprimée.

"La position de l'Allemagne est importante. Si nous dévions de notre trajectoire, cela donnera des arguments à d'autres pour dévier également de leurs trajectoires", a-t-elle déclaré.

"Nous sommes de nouveau dans une phase où nos engagements au niveau européen doivent avoir de la validité", a-t-elle ajouté.

Les prévisions d'augmentation de la demande intérieure ont été réduites à 1,4% pour 2014 et 1,7% pour 2015 contre 1,9% et 2,1% prévus en avril.

Les mauvaises performances économiques de la zone euro en général et de l'Allemagne en particulier sont l'un des éléments qui plombent les marchés boursiers depuis plusieurs jours.

S'ajoutant à d'autres indicateurs économiques médiocres parus récemment outre-Rhin, l'indice ZEW mesurant le moral des investisseurs et analystes allemands est tombé ce mois-ci en territoire négatif pour la première fois en deux ans.

La situation apparaît à ce point préoccupante que le ministres de l'Economie Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel ont commandé à deux économistes un rapport sur la manière dont Paris et Berlin peuvent contribuer par des initiatives communes mais aussi des réformes structurelles à une croissance plus forte en Europe.

"Un taux de croissance de 1,2-1,3% n'est pas particulièrement merveilleux et l'abaissement des prévisions n'a rien de plaisant mais ce n'est pas une raison pour commencer à parler de crise", a dit Schäuble.

(Michelle Martin, avec Stephen Brown et Alexandra Hudson, Marc Angrand et Bertrand Boucey pour le service français)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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