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Marché : Aucune mauvaise surprise aux tests bancaires britanniques

Marché : Toutes les banques britanniques ont réussi les tests sauf Co-OpMarché : Toutes les banques britanniques ont réussi les tests sauf Co-Op

par David Milliken et Huw Jones

LONDRES (Reuters) - Les banques britanniques dont l'Etat est actionnaire ont réussi de justesse les tests de résistance menés par la Banque d'Angleterre mais cette dernière a déjà prévenu que ses critères d'évaluation seraient plus sévères l'an prochain, que ce soit sur la solidité du bilan ou l'exposition internationale.

Lloyds, dont l'Etat détient encore 25%, et Royal Bank of Scotland, dont le capital est public à 80%, ont passé les tests 2014, menés sur la base d'un scénario combinant chute des prix immobiliers et hausse du chômage.

Co-operative Bank, qui n'a échappé à la faillite l'an dernier que grâce à un renflouement par ses créanciers obligataires, est la seule grande banque du Royaume-Uni à avoir échoué à cet examen, plus exigeant pour les établissements fortement exposés au marché du crédit immobilier, comme Lloyds ou Nationwide.

Co-op, dont le ratio de fonds propres "durs" ressort à -0,2% dans le scénario le plus sévère, a assuré qu'elle n'aurait pas besoin de solliciter ses actionnaires pour renforcer son bilan mais a ajouté qu'elle n'afficherait sans doute aucun profit pendant les trois prochaines années.

De son côté, Lloyds, si elle a réussi les tests, n'est pas encore assurée d'être autorisée à verser un dividende au titre de 2014, une distribution qui nécessite un feu vert des autorités de tutelle.

Les investisseurs ont toutefois accueilli avec soulagement la réussite de Lloyds et RBS à des tests conjuguant l'hypothèse d'un krach immobilier et celle d'une hausse des taux d'intérêt.

"Même si le succès n'est pas extraordinaire, cela reste un succès (...) Les tests étaient volontairement difficiles et le plus important, c'est qu'ils aient été réussis et qu'on puisse aller de l'avant", a dit David Moss, de F&C Investements.

A la Bourse de Londres, l'action Lloyds gagnait 1,09% à 75,17 pence vers 11h10 GMT tandis que RBS abandonnait 0,14% à 363,2 pence.

Les deux groupes ont reçu au total 66 milliards de livres (83 milliards d'euros) de capitaux publics pendant la crise financière de 2007-2009.

"ENCORE BEAUCOUP DE TRAVAIL À FAIRE", DIT RBS

"Les résultats montrent que le coeur du système bancaire est sensiblement plus résistant et qu'il est en mesure de continuer à servir l'économie, même en cas de stress important", a déclaré mardi le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney.

Les tests de résistance exigeaient un ratio de fonds propres durs de 4,5% mais la BoE a précisé que ceux de l'an prochain prendraient aussi en compte le ratio de levier financier ("leverage ratio"), qui permet de mesurer le niveau d'endettement d'un établissement financier.

Ce critère est de plus en plus important aux yeux des autorités de régulation financière au moment où les marchés s'interrogent sur la confiance affichée par les banques dans la santé de leurs actifs.

Or aujourd'hui, RBS et Lloyds affichent l'une et l'autre un ratio de levier inférieur au seuil de 3% fixé par la BoE dans son scénario le plus sévère, tandis que celui de Barclays ressort à 3%.

A partir de 2019, ce ratio devra atteindre au minimum 4,05% pour les grandes banques britanniques.

Les tests menés par la BoE ajoutent des contraintes à ceux réalisés par la Banque centrale européenne (BCE) et l'Autorité bancaire européenne (ABE) dans le cadre de son évaluation de 123 banques, dont les résultats ont été publiés fin octobre.

Dans le scénario le plus sévère de la BoE, le ratio de levier de RBS est tombé à 4,6%, juste au-dessus du plancher requis de 4,5%, les mesures de renforcement du bilan mises en oeuvre ces derniers mois n'ayant pas été prises en compte.

Celui de Lloyds ressort à 5,0%.

RBS a annoncé qu'elle émettrait pour deux milliards de livres d'obligations pour augmenter ses fonds propres.

"Nous reconnaissons qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour améliorer la capacité de résistance de notre bilan", a déclaré son directeur général, Ross McEwan, dans un communiqué.

Les autres grandes banques du Royaume-Uni, Barclays, HSBC, Santander UK et Standard Chartered, ont quant à elles réussi plus aisément les tests avec des ratios de 7% à 8,7%.

Mais la BoE a souligné qu'un test prenant davantage en compte l'exposition aux marchés émergents -qui affecterait davantage HSBC et Standard Chartered- pourrait être mené à l'avenir.

(avec Matt Scuffham, Simon Jessop et Steve Slater, Juliette Rouillon et Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

Copyright © 2014 Thomson Reuters

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