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Marché : Athènes croit à un accord et dément un retard de paiement au FMI

Marché : Athènes croit à un accord et dément un retard de paiement au FMIMarché : Athènes croit à un accord et dément un retard de paiement au FMI

par Renee Maltezou et Costas Pitas

ATHENES (Reuters) - La Grèce espère parvenir la semaine prochaine à un accord avec ses bailleurs de fonds étrangers et n'a pas l'intention de reporter le remboursement d'un prêt du Fonds monétaire international (FMI) prévu dans huit jours, a déclaré mercredi le gouvernement Tsipras, alors que l'inquiétude monte sur le risque de défaut du pays.

L'Etat grec est menacé d'être à court de liquidités dans quelques semaines mais la zone euro et le FMI maintiennent le gel de leur aide financière faute d'engagements clairs et détaillés d'Athènes en matière de réformes structurelles.

Un paiement d'environ 430 millions d'euros au FMI prévu le 9 avril pourrait bien être le prochain test clé de la solvabilité de la Grèce, qui a déjà eu recours ces dernières semaines à des mesures d'urgence, en puisant dans la trésorerie d'entreprises ou d'administrations publiques pour financer ses dépenses courantes.

Dans un entretien au magazine allemand Der Spiegel, le ministre de l'Intérieur, Nikos Voutsis, a déclaré qu'en l'absence d'une nouvelle aide financière extérieure d'ici au 9 avril, son pays ne pourrait pas rembourser le FMI.

Le gouvernement a ensuite démenti que ces propos reflètent la position officielle d'Athènes.

"Il n'y a aucun risque que la Grèce n'honore pas ses obligations envers le FMI le 9 avril", a déclaré à Reuters Gabriel Sakellaridis, porte-parole du gouvernement.

Le ministre du Travail, Panos Skourletis, a expliqué de son côté que l'objectif de la visite à Moscou d'Alexis Tsipras prévue la semaine prochaine serait de voir "si notre amitié historique avec la Russie peut être étendue à un autre niveau", a rapporté le journal allemand Die Zeit.

"Nous aimerions rester à bord du navire Europe. Mais si le capitaine nous pousse par dessus bord, nous devrons essayer de nager", a-t-il ajouté.

Son collègue de l'Economie, George Stathakis, avait auparavant dit espérer un compromis la semaine prochaine sur les projets de réformes soumis aux "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI).

"Je pense que les discussions aboutiront à un accord la semaine prochaine. L'accord interviendra durant la semaine pascale (grecque orthodoxe)", a-t-il dit à la chaîne Skai TV.

DÉCLARATIONS CONTRADICTOIRES SUR LE PIRÉE

Les représentants des ministères des Finances de tous les pays de la zone euro devaient participer mercredi après-midi à une téléconférence sur les propositions de réformes adressées en fin de semaine dernière aux créanciers publics, une liste censée prouver la détermination du gouvernement d'Alexis Tsipras à assainir durablement les finances publiques mais critiquée pour son flou.

Un haut fonctionnaire du ministère grec des Finances a déclaré que les institutions disposaient désormais d'une liste plus détaillée mais que les deux parties restaient en désaccord sur certaines questions, comme la réforme des retraites et celle du marché du travail.

La liste d'Athènes prévoit des recettes des privatisations de 1,5 milliard d'euros cette année, censées provenir de la location à long terme de 14 aéroports régionaux et de la vente du port du Pirée, le premier du pays.

Cette privatisation a donné lieu à des déclarations contradictoires des autorités grecques ces derniers jours.

George Stathakis a ainsi déclaré mercredi que le gouvernement n'avait pas l'intention de vendre sa participation de 67% dans l'Autorité portuaire du Pirée, la société d'exploitation du port, alors que le vice-Premier ministre Yannis Dragasakis avait assuré la semaine dernière que la cession évoquée au chinois Cosco aurait bien lieu.

"L'idée qui a prévalu, c'est que nous ne vendrons pas la participation de 67%, qui signifierait une privatisation totale du port du Pirée. Il n'en est pas question", a dit George Stathakis. "Nous nous efforçons de trouver une forme de coentreprise".

A propos de l'appel d'offres pour les concessions aéroportuaires, pour lequel l'allemand Fraport a été déclaré vainqueur, George Stathakis a expliqué que le gouvernement n'annulerait pas le marché mais modifierait certaines modalités de la concession.

"L'opération en est à un stade où l'on peut discuter changement, révision ou amélioration de certains aspects de l'accord sans annuler l'appel d'offres", a-t-il assuré.

(avec Michelle Martin à Berlin, George Georgiopoulos et Angeliki Koutantou à Athènes; Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique Tison)

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