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Marché : Les valeurs bancaires s'écroulent à paris, craintes sur la dette

Les valeurs bancaires s'écroulent à paris, craintes sur la detteLes valeurs bancaires s'écroulent à paris, craintes sur la dette

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Les valeurs bancaires françaises chutent lourdement en Bourse mercredi après-midi, plombées par des rumeurs de dégradation de la note de la France et par un regain des craintes d'extension de la crise de la dette à l'Italie.

Après les Etats-Unis, dont la note a été abaissée vendredi soir par l'agence de notation Standard & Poor's, c'est au tour de la France et de son "triple A" d'être scrutés par le marché, qui attend des autorités françaises des réformes budgétaires concrètes.

Interrogés par Reuters, Moody's et Fitch ont redit que la note AAA de la France était assortie d'une perspective stable.

A la mi-journée, Fitch Solutions avait estimé dans une étude que l'incertitude en Europe affectait beaucoup la France sur le marché des dérivés de crédit. "L'évolution des spreads sur la France et l'Allemagne pourrait constituer un signe montrant que les marchés sont de plus en plus préoccupés par la capacité de la zone euro à soutenir les pays les plus affaiblis de l'UE", écrivait Fitch.

A la Bourse de Paris, la chute de l'action Société générale naviguait autour de 18,5% à 16h15 après avoir dépassé momentanément 20%. BNP Paribas et

Crédit agricole abandonnaient 15,68% et 12,52% à 16h15.

Les indices boursiers creusaient aussi leurs pertes dans le sillage d'une baisse de 3% environ de Wall Street à l'ouverture.

"Quand on voit comment les choses ont évolué, il y a beaucoup de pression maintenant sur la France. C'est assez ciblé", souligne un analyste financier basé à Londres qui n'a pas souhaité être nommé, à propos de la chute des bancaires françaises.

"C'est un peu pour défier le système français: 'vous promettez des réformes. C'est bien mais maintenant il faut des annonces concrètes'", ajoute-t-il.

Le gouvernement français a annoncé en fin de matinée que la France prendrait le 24 août les mesures nécessaires pour que ses objectifs de réduction des déficits publics soient atteints quelle que soit l'évolution de la situation économique.

INQUIÉTUDES EN ITALIE

Les banques françaises sont aussi attaquées en raison de leur forte exposition à l'Italie, pays sous la pression des responsables européens pour redresser sa situation budgétaire.

D'après les chiffres de la Banque des règlements internationaux (BRI), les établissements bancaires français sont exposées à hauteur de 410 milliards d'euros à l'Italie, suivis par les banques allemandes avec une exposition de 165 milliards.

BNP Paribas et Crédit agricole sont tout particulièrement exposés à l'Italie en raison de leur filiale locale, respectivement Banca Nazionale del Lavoro et Cariparma.

A la Bourse de Milan, les titres Intesa Sanpaolo et Unicredit ont été réservés à la baisse dans l'après-midi en raison d'une volatilité excessive.

Le marché s'inquiète de la capacité des banques italiennes à se refinancer. En réponse à ces rumeurs qui circulent sur le marché, l'ABI, l'association bancaire italienne, a assuré mercredi matin que les banques italiennes n'avaient pour le moment aucune difficulté à se refinancer.

"L'Italie semble être ce qui inquiète le marché bien que les rendements (de la dette italienne) soient retombés après l'intervention de la BCE", faisait remarquer plus tôt dans la matinée un trader parisien.

EXTENSION DE L'AIDE À LA GRÈCE?

A ces craintes s'ajoutent aussi des informations selon lesquelles l'Union européenne et l'Institut de la finance internationale (IFI) réfléchiraient à un élargissement du plan d'échange de titres de dette souveraine grecs afin d'inclure des obligations à maturité 2024 au lieu de 2020.

Pour certains analystes, cela pourrait du coup se traduire par des dépréciations plus importantes pour les banques qui détiennent de la dette souveraine grecque au-delà de 2020.

"Les banques qui n'ont pas déprécié 100% de leurs positions pourraient avoir un impact supplémentaire", explique un analyste basé à Paris. "C'est vrai pour BNP."

BNP Paribas a indiqué la semaine dernière qu'elle détenait de la dette souveraine grecque au-delà de 2020 sur laquelle elle n'a pas appliqué de décote de 21%.

La Société générale a en revanche fait savoir qu'elle ne détenait plus de dette publique grecque après 2020.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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