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Marché : Les opérateurs mobiles, cibles des fonds de private equity

Les opérateurs mobiles, cibles des fonds de private equityLes opérateurs mobiles, cibles des fonds de private equity

par Gwénaëlle Barzic et Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Les sociétés de capital-investissement ont une nouvelle cible en ligne de mire: les opérateurs de téléphonie mobile européens de second rang, délaissés par leurs maisons mères contraintes de faire le ménage dans leurs actifs pour réduire leur dette tout en continuant à verser de généreux dividendes.

Les pressions réglementaires, les valorisations élevées mais aussi le nombre restreint d'opportunités ont longtemps fait effet de repoussoir, mais la donne commence à changer.

Signe des temps, la vente par France Télécom de sa filiale en Suisse a attiré une demi-douzaine de fonds d'investissement mais pas un seul acteur industriel.

"Je pense que nous allons assister à de plus en plus d'opérations de ce type", estime Gabriele Cipparrone, associé d'Apax Partners au sein de l'équipe technologies et télécoms.

"Il y a de la demande pour ce type d'actifs car le secteur des télécoms en général génère une trésorerie solide et stable et, pour la première fois peut-être, il y a aussi une offre".

Il y a une décennie, les grands opérateurs se livraient une guerre sans merci pour bâtir des groupes de téléphonie mobile paneuropéens, voire mondiaux, quitte à offrir des valorisations dépassant l'entendement.

Aujourd'hui, l'urgence stratégique pour les opérateurs n'est pas d'être partout en Europe mais bien d'être leader sur quelques marchés face à l'impératif de continuer à générer suffisamment de cash pour financer une politique de dividende généreuse malgré une croissance chancelante et des marges en repli.

France Télécom a ainsi mené l'an dernier une revue d'actifs en Europe qui a débouché sur la cession de ses filiales en Suisse et en Autriche.

Le britannique Vodafone a, lui, cédé pour plus de 20 milliards d'euros d'actifs l'an dernier dans le cadre d'une vaste revue de portefeuille.

POTENTIEL D'AMÉLIORATION DES MARGES

Dans le même temps, les valorisations dans le secteur ont sensiblement baissé sur fond de pressions réglementaires et concurrentielles accrues, offrant de nouvelles opportunités pour les Apax, Carlyle, Providence et autres en dépit des tensions apparues sur le marché de la dette.

"Acheter des opérateurs mobiles était très compliqué pour les fonds d'investissement il y a encore quelques années car leur forte croissance les rendait très chers à racheter", souligne Benoît Colas, un spécialiste des investissements du secteur des TMT pour le fonds Carlyle.

"Aujourd'hui, le marché du mobile est bien plus mûr en termes de croissance, donc les valorisations ont beaucoup baissé", ajoute-t-il, estimant que les prix se situent désormais dans une moyenne de 5 à 6 fois l'Ebitda contre 8 à 10 fois par le passé.

Les sociétés de capital-investissement pourraient trouver un allié inattendu dans leur conquête du mobile en la personne du régulateur, qui montre de plus en plus de réticences à autoriser des rapprochements entre des groupes de télécoms par crainte d'une hausse des prix pour les consommateurs.

France Télécom a ainsi été contraint en 2010 de renoncer à son projet initial de fusionner Orange Suisse avec le numéro deux du marché local, Sunrise, face à l'opposition des autorités de régulation locales.

Apax Partners a finalement mis la main sur l'opérateur suisse en déboursant deux milliards de francs suisses (1,6 milliards d'euros), soit environ 6,5 fois son Ebitda.

Pour les fonds de private equity, les opérateurs mobiles font de bons candidats à un LBO (rachat par endettement) en raison du potentiel d'amélioration de leur rentabilité.

"Pour France Télécom, la Suisse était seulement une pièce du puzzle. Dans nos mains, Orange Suisse pourra être géré de manière plus efficace qu'au sein d'un grand groupe de télécoms", estime Gabriele Cipparrone, d'Apax.

En 2005, Apax a participé à la prise de contrôle, au sein d'un consortium de fonds, de l'opérateur danois TDC qui a vu sa marge s'améliorer de dix points en l'espace de cinq ans par le biais notamment de réductions d'effectifs et d'externalisations.

D'AUTRES OPPORTUNITÉS EN VUE

"Nous espérons être en mesure de pouvoir saisir d'autres opportunités dans le secteur", souligne Gabriel Cipparrone, selon lequel entre trois et cinq opérations pourraient se concrétiser dans le marché au cours des 18 mois à venir.

Selon des banquiers et des analystes, l'opérateur espagnol Telefonica pourrait ainsi devoir se résoudre à ces cessions pour réduire sa gigantesque dette de 57 milliards d'euros et éviter une dégradation de sa note de crédit.

Deutsche Telekom pourrait également figurer parmi les candidats à une cession après l'échec de la vente de ses activités américaines à AT&T, et des spéculations ont récemment circulé sur un possible désengagement de l'opérateur allemand de sa coentreprise britannique avec France Télécom, Everything Everywhere.

"Je serais surpris que des fonds de private equity ne soumettent pas quelques idées à Deutsche Telekom sur Everything Everywhere", estime un banquier spécialisé dans les télécoms, tout en précisant que le montant de la transaction serait élevé et nécessiterait sans doute la constitution d'un consortium.

Investir dans le mobile n'est toutefois pas sans risque, d'autant que les perspectives de rachat par un acteur du secteur à la sortie sont limitées.

"Il faut faire attention à la concurrence et à la stabilité du marché. Même si la base de clientèle est stable, une perte de clients suite à une offensive commerciale d'un concurrent peut vous mettre en difficulté durant un ou deux trimestres", souligne Benoît Colas, de Carlyle.

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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