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Marché : Les mauvaises nouvelles plombent l'euro.

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(CercleFinance.com) - Sur le marché des changes ce midi, la tendance était toujours au rouge pour l'euro. La monnaie unique européenne gravitait autour de la barre des 1,21 dollar l'euro, une légère baisse (- 0,14%) la ramenant à 1,2099 vers 13 heures.

Rappelons que les 1,2068 dollar l'euro, un point bas de plus de deux ans, ont été atteints hier.

La tendance était plus sombre encore contre le yen, face auquel l'euro baisse de 0,57% à 94,55 yens, mais elle était plus mesurée contre le sterling (- 0,17% à 0,7802). Toujours rien à signaler contre le franc suisse (0% à 1,2010 franc l'euro).

En trois mois de temps, la monnaie unique européenne a perdu près de 12% de sa valeur contre le yen, 8,4% contre le dollar et 4,6% contre le sterling.

Signe de tensions et d'incertitudes fortes, les rumeurs sont de retour. Ainsi, l'édition de ce week-end du Spiegel, en Allemagne, affirmait que le FMI souhaitait cesser de collaborer et d'aider l'Etat grec, ce qui a été démenti, mais la pression demeure.

Dans la périphérie de la zone euro, ce ne sont plus seulement les Etats, mais aussi les collectivités locales (Valence, Murcie en Espagne, Sicile en Italie...), qui en appellent pour certaines à l'Etat, qui posent aussi problème.

En outre, les mauvaises nouvelles ne concernent plus que la périphérie de la zone euro, ce qui ressemble à une généralisation des problèmes souverains sur le Vieux continent. Cette nuit, l'agence de notation-crédit Moody's a révisé de “stables” à “négatives” les perspectives associées aux notations Aaa de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg. En cause à ce qui pourrait être le prémisse d'une dégradation des dettes souveraines correspondantes : les incertitudes grandissantes sur la sortie de crise en zone euro.

Selon Moody's, le scenario d'une sortie de la Grèce devient de plus en plus probable, ce qui pèserait lourd sur d'autres pays membres, notamment l'Espagne et l'Italie. 'Même si ce scenario était évité, la zone euro devra supporter des coûts importants', précise Moody's.

Pour Arnaud Poutier, directeur général adjoint d'IG Markets, cette annonce reflète l'inquiétude que l'on peut avoir sur la solvabilité des Etats européens qui participent à la 'nouvelle solidarité' induite par la crise actuelle. Le spécialiste souligne que l'endettement potentiel de l'Allemagne a augmenté significativement et qu'il pourrait augmenter encore dans le cadre d'une nouvelle procédure de soutien à d'autres pays.

Selon un stratégiste de Nomura, cette décision de Moody's 'réduit encore le nombre de cartes de membres au club des pays notés 'AAA''. Certes, il n'attend pas de ventes massives des fonds d'Etat associés, étant donné les problèmes de liquidité que cella poserait (les masses placées sur ces fonds sont énormes) et aussi “l'absence d'alternative” à la taille du problème. Mais le signal reste négatif.

“Dans ce contexte d'inquiétude et d'élargissement de la crise de la dette à tous les pays de la zone euro, la devise des dix-sept se traite autour de ses plus bas niveaux face à l'ensemble de ses contreparties. L'euro a drastiquement chuté en particulier face à la devise nippone et s'échange pour la première fois depuis onze ans sous les 95 yens à 94,85 yens”, rappellent les analystes de Saxo Banque. .

Chez ScotiaFX, les cambistes estiment que l'orientation de la parité euro/dollar est clairement baissière. Outre la situation financière de l'Espagne, les analystes pointent l'interview donnée ce week-end au Monde par le président de la BCE, Mario Draghi. Ce dernier a notamment insisté sur l'inflation, qui recule plus vite que prévu, ce qui pourrait être interprété comme un signe avant-coureur d'un nouvel abaissement des taux.

En outre, ScotiaFX insiste sur le fait 'qu'aucun sommet européen ne se profile à l'horizon en cette période de vacances'.

Ce midi sur le marché secondaire, le rendement de l'emprunt d'Etat espagnol à dix ans monte toujours, à 7,61%, de même que ceux d'Italie (à 6,46%), de France (à 2,24%) et d'Allemagne (à 1,24%.

L'agenda statistique de la matinée n'a d'ailleurs été d'aucun secours. On a appris que l'indice PMI flash composite Markit de l'activité globale dans l'Eurozone est resté inchangé en juillet (46,4), signalant ainsi que l'économie du secteur privé se contracte pour la 10e fois au cours des 11 derniers mois, à un rythme identique à celui de juin.

Dans le détail, les fabricants font état d'une contraction plus importante que les prestataires de services. La baisse de l'activité globale s'étend à toute la zone euro, les pays du centre et de la périphérie affichant tous une contraction. 'Les perspectives économiques s'assombrissant, les entreprises de la région suppriment des emplois à un rythme effréné, le plus élevé depuis deux ans et demi', s'alarme Chris Williamson, l'économiste principal de Markit.

Aucune statistique significative n'est attendue des Etats-Unis cet après-midi.

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