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Marché : Les marchés secoués malgré le soutien de la bce à rome et madrid

Les marchés secoués malgré le soutien de la bce à rome et madridLes marchés secoués malgré le soutien de la bce à rome et madrid

PARIS/LONDRES/NEW YORK (Reuters) - La Banque centrale européenne est intervenue de manière importante sur les marchés obligataires lundi, mettant en pratique son engagement de soutenir l'Espagne et l'Italie, ce qui n'a pas empêché les marchés d'actions de chuter d'un bout à l'autre de la planète après la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis.

La BCE a élargi son programme de rachat à l'Italie et l'Espagne, les troisième et quatrième économies de la zone euro désormais elles aussi dans le tourbillon de la crise de la dette.

L'action de la BCE, seul résultat concret du branle-bas politique au sein du G7 et du G20 durant le week-end, a permis de faire baisser les rendements des emprunts d'Etat italiens et espagnols.

L'initiative de la BCE a aussi permis de limiter la casse sur les marchés d'actions européens dans la matinée, mais le rebond n'a pas tenu. Les Bourses européennes, imitant la chute observée plus tôt en Asie, ont clôturé à leur niveau le plus bas depuis août 2009.

L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 a fini en recul de 3,37% à 942,15 points. A Paris, le CAC 40 a chuté de 4,68%.

A Wall Street, où la perte du "triple A" des Etats-Unis a exacerbé la fébrilité des investisseurs déjà inquiets d'une rechute de l'économie, l'indice large S&P 500 perdait 3%.

L'indice de volatilité affichait une hausse de 17,28%.

Sur les marchés des matières premières, l'or a battu un nouveau record à plus de 1.715 dollars l'once, mais les cours d'autres produits, du pétrole aux céréales, ont baissé, les investisseurs se tournant plus que jamais vers les actifs jugés les plus sûrs. Le baril de pétrole perdait ainsi plus de trois dollars et en fin d'après-midi en Europe.

Le franc suisse et le yen ont tenu leur rôle de valeurs refuges. Le dollar perdait 0,9% à 77,66 yens après être tombé autour de 77,45 sur la plate-forme EBS, et reculait de 1,1% contre le franc à 0,7588, après un plus bas record autour de 0,7480 franc.

L'euro cédait environ 1,5% contre le yen et le franc, non loin de son plus bas historique face à la devise suisse.

LA FED ATTENDUE

Selon des traders, la BCE a acheté environ deux milliards d'euros de dette espagnole et italienne. Depuis mai, la BCE n'avait acheté que 80 milliards d'euros d'obligations, alors que l'Italie et l'Espagne seules émettent aux alentours de 600 milliards d'euros par an.

Selon des courtiers, il faudrait au moins que la BCE s'engage à acheter pour plusieurs centaines de milliards d'euros pour calmer les craintes d'extension de la crise de la dette.

Après la dégradation de la note américaine par Standard & Poor's vendredi soir, les responsables financiers des nations industrialisés ont multiplié ce week-end les communiqués pour rassurer les marchés financiers, effrayés par les dettes abyssales des pays européens et des Etats-Unis.

Avant l'ouverture de la Bourse de Tokyo, les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont promis de prendre "toutes les mesures nécessaires" pour soutenir la stabilité financière et la croissance. La BCE avait auparavant annoncé "mettre en oeuvre activement" son programme de rachats d'obligations.

C'est maintenant au tour de la Réserve fédérale des Etats-Unis, qui tient mardi sa réunion mensuelle de politique monétaire, d'être au centre des attentions des investisseurs. D'autant que Moody's, à son tour, a prévenu qu'elle pourrait abaisser la note des Etats-Unis avant 2013.

Les marchés espèrent notamment de la Fed de nouvelles mesures d'assouplissement quantitatif, éventuellement sous la forme d'un "QE3". Celui-ci reste cependant hypothétique et les marchés n'attendent pas une telle décision dès mardi.

"Nous en sommes probablement un peu plus près, mais je ne pense pas que nous en soyons déjà là", a estimé Paul Sheard, économiste chez Nomura.

La Chine, premier détenteur mondial de dette américaine, a de son côté haussé le ton.

"Il doit être clair que si les Etats-Unis, l'Europe et les autres économies développées n'assument pas leurs responsabilités et continuent à faire des simagrées en ne songeant qu'à leurs intérêts égoïstes, le développement stable de l'économie mondiale en sera grièvement affecté", a écrit Le Quotidien du Peuple.

Deuxième détenteur de dette américaine, le Japon a quant à lui tenté de calmer le jeu. Le ministre des Finances Yoshihiko Noda a assuré que la confiance des marchés envers le dollar et les Treasuries restait intacte, laissant ainsi entendre que Tokyo ne comptait pas se défaire de ses montagnes de Treasuries.

Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Matthieu Protard

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