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Marché : Les marchés financiers tanguent, la fed envisage le twist

Les marchés financiers tanguent, la fed envisage le twistLes marchés financiers tanguent, la fed envisage le twist

par Mark Felsenthal

WASHINGTON (Reuters) - Confrontée à de fortes tensions sur les marchés financiers et aux craintes d'une rechute de l'économie en récession, la Réserve fédérale s'apprête à peser sur les taux longs pour soutenir l'activité, une action comparable à celle conduite dans les années 60 et baptisée alors "Opération Twist".

Avec un oeil sur l'enlisement de la crise de la dette souveraine en Europe et un autre sur un taux de chômage qui ne parvient pas à baisser sous les 9% aux Etats-Unis, la Fed, dont le comité de politique monétaire se réunit mardi et mercredi, devrait modifier progressivement la composition de son bilan pour y renforcer la part des titres à long terme.

Alors que les taux d'intérêt à court terme sont proches de zéro et que son bilan a été lesté par des achats de titres de dette pour plus de 2.000 milliards de dollars sans effets concluants sur l'économie pour l'instant, la Fed devrait se tourner vers de nouvelles modalités de soutien en mettant l'accent dans son bilan sur les titres longs au détriment des titres courts.

"Le signal envoyé est que la Fed reste active dans le soutien à la croissance", estime Michelle Meyer, économiste à la Bank of America Merrill Lynch.

Une série d'indicateurs économiques décevants ont douché les espoirs d'une accélération de la croissance au second semestre aux Etats-Unis, après une première partie d'année sans élan.

La croissance américaine a été de 1,0% en rythme annuel au premier semestre et les représentants de la Fed ont annoncé une révision à la baisse de leurs prévisions économiques.

L'assombrissement des perspectives de croissance au cours de l'été avait conduit le président de la Réserve fédérale Ben Bernanke à annoncer à la fin du mois dernier que les travaux du comité de politique monétaire se dérouleraient en septembre sur deux jours plutôt qu'un seul.

Aux Etats-Unis, la perte du triple A, annoncée le 6 août par l'agence de notation Standard & Poor's au vu des dissensions dans la classe politique sur l'assainissement des finances publiques, a provoqué un choc sur la confiance des entrepreneurs et des ménages.

Au mois d'août, l'économie américaine n'a créé aucun emploi et les ventes de détail ont stagné.

CONSENSUS

Dans le même temps la crise de la dette souveraine au sein de la zone euro s'est intensifiée et l'abaissement surprise d'un cran par S&P des notes à court et long terme de l'Italie, toujours sous surveillance négative par Moody's, ont nourri les craintes de contagion alimentées par la situation de la Grèce.

D'autres banques centrales ont infléchi leur politique monétaire pour tenir compte de la dégradation de l'environnement économique global au cours de l'été.

La Banque centrale européenne a maintenu ses taux directeurs inchangés la semaine dernière et signalé à tout le moins une pause dans le cycle de relèvement amorcé en avril. Les banques centrales du Canada, de Corée du sud et d'Indonésie parmi d'autres, ont renoncé à durcir leurs conditions monétaires.

Au sein de la Fed, le consensus des membres du comité de politique monétaire semble avoir évolué en faveur d'une modification de la structure du bilan, dont le total atteint les 2.800 milliards de dollars, en vue d'en allonger la maturité.

L'objectif d'une telle initiative est de peser sur les taux longs afin d'abaisser le coût de financement du logement pour les ménages et de l'investissement pour les entreprises.

En abaissant encore les taux longs, la Fed pourrait aussi encourager les investisseurs à se tourner vers des actifs offrant théoriquement de meilleurs rendements, comme les actions ou les obligations d'entreprise.

Les représentants de la Fed pourraient étudier des alternatives plus radicales comme le ciblage d'un niveau d'emploi, de croissance ou de prix au-delà de l'objectif actuel d'inflation tout en les réservant au cas où la situation économique venait à se détériorer significativement.

Les représentants de la Fed sont toutefois divisés sur la nécessité de nouvelles actions. Tout nouvel assouplissement, même le simple allongement de la maturité du bilan, devrait être refusé par trois membres du comité de politique monétaire comme cela avait été la cas le 9 août, lorsque la Fed avait décidé de prolonger au moins jusqu'à la mi-2013 la période pendant laquelle elle maintiendrait ses taux d'intérêt à un très bas niveau.

Si Ben Bernanke aura à coeur d'obtenir le consensus le plus large possible sur toute nouvelle initiative, les économistes ne s'attendent pas à ce que les voix discordantes soient un frein à l'action.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marie Mawad

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