Bourse > Actualités > Points de marché > Marché : Les exportations de vin de bordeaux redécollent

Marché : Les exportations de vin de bordeaux redécollent

Les exportations de vin de bordeaux redécollentLes exportations de vin de bordeaux redécollent

BORDEAUX (Reuters) - Après une année 2009 catastrophique, les exportations de vin de Bordeaux ont connu l'an dernier une reprise très nette confirmée en plein salon mondial Vinexpo, qui se tient jusqu'à jeudi.

Selon les résultats communiqués par le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB), sur la période allant de fin mars 2010 à fin mars 2011, la progression sur un an a atteint 20% en volume et 27% en valeur, avec un pic à 130% d'augmentation en valeur vers la Chine et Hong-Kong.

Avec 1,87 millions d'hectolitres exportés pour une valeur de 1,63 milliard d'euros sur douze mois, Bordeaux a repris du muscle après une médiocre année 2009, qui avait vu un effondrement de 14% en volume et de 23% en valeur.

C'est un nouveau signe positif pour les vins de Bordeaux et plus généralement pour les vins français qui restent, avec l'aéronautique, le meilleur atout du pays à l'exportation, avec un chiffre d'affaires de 6,9 milliards d'euros à l'étranger.

Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a souligné dimanche lors de l'inauguration du salon Vinexpo que "c'est hors des frontières que se trouvent les relais de croissance".

La France, qui vient de reprendre la première place mondiale en valeur pour ses exportations de vin, se situe, avec ses 13,5 millions d'hectolitres exportés en 2010, loin derrière l'Italie et ses 20,6 millions d'hectolitres et l'Espagne (17 millions d'hectolitres) en terme de volume.

A Bordeaux, qui en a beaucoup bénéficié ces derniers temps, la croissance exceptionnelle du seul marché chinois ne suffira pas pour lutter contre la concurrence.

"Nous devons impérativement regagner des parts de marché chez nos clients traditionnels", assure Allan Sichel, le président de l'Union des maisons de Bordeaux regroupant les négociants de la place.

Dans un marché mondial de plus en plus concurrentiel, le vignoble bordelais bénéficie pour sa part de l'image de ses grands crus, avec des prix en primeurs qui ont battu tous les records sur le millésime 2009 et s'apprêtent à encore affoler les compteurs sur le 2010.

Mais derrière les grands châteaux qui se vendent bien, les petits viticulteurs de la région, les plus nombreux, n'arrivent plus à vivre de leur travail.

La Chambre d'agriculture de la Gironde a constaté qu'entre 20 et 25% des producteurs de la région de Bordeaux avaient enregistré un revenu négatif en 2009 et que la situation s'était encore aggravée en 2010, d'autant que beaucoup vivent de la vente de leur vin en vrac.

Pour stopper l'hémorragie, le syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, la plus grande AOC en volume du bordelais, un organisme chargé de regrouper l'offre des vins en vrac, veut bloquer les prix à au moins 800 euros le tonneau, ce qui constitue pour certains à peine le prix de la survie.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI