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Marché : Les européens tempèrent les attentes sur l'augmentation du fesf

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BERLIN/BRUXELLES (Reuters) - Les Européens ont tempéré mardi les espoirs d'une nouvelle augmentation de la taille du Fonds européen de stabilité financière (FESF), une idée que le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a même qualifiée de "stupide".

Son homologue autrichienne Maria Fekter a indiqué que l'Eurogroupe discuterait lundi prochain de la nécessité ou non d'accroître les capacités d'intervention du FESF, actuellement de 440 milliards d'euros, alors même que la récente réforme du fonds reste suspendue à deux votes cruciaux mercredi en Finlande et jeudi en Allemagne.

Si les marchés ont salué cette perspective, avec une forte progression des Bourses européennes en clôture, plusieurs dirigeants européens ont quelque peu douché l'optimisme des investisseurs.

Interrogé devant le parlement européen, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a assuré que le volume du FESF ne serait pas augmenté.

"Le volume du FESF ne sera pas augmenté mais nous emploierons le nouvel instrument de la manière la plus efficace", a-t-il dit.

Wolfgang Schäuble a été plus virulent en jugeant qu'un renforcement de la capacité du FESF était une "idée stupide" car elle signifierait que certains Etats notés triple-A perdraient leur précieuse notation.

LA BEI DÉMENT UN PROJET DE FONDS SPÉCIAL

"Si nous augmentions les chiffres, et je ne comprends pas vraiment comment quiconque à la Commission (européenne) à Bruxelles peut avoir une idée aussi stupide (...), le résultat pourrait être la perte de leur note AAA par d'autres Etats membres", a-t-il fait valoir lors d'une conférence organisée par le cercle de réflexion Bruegel.

De son côté, la ministre espagnole de l'Economie Elena Salgado a démenti des rumeurs de marché sur un accroissement de la capacité du Fonds à 2.000 milliards d'euros, indiquant qu'un tel projet n'était "pas sur la table, et n'a pas été discuté".

Lundi soir, l'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), avait pourtant admis qu'une augmentation de la taille du FESF était discutée et probable mais qu'elle ne serait sans doute pas aussi importante que ce que certains attendent.

Autre projet démenti mardi, celui de la création d'un fonds spécial via la Banque européenne d'investissement (BEI) pour émettre des obligations et acheter de la dette souveraine européenne, évoqué lundi soir par la chaîne américaine CNBC.

La BEI a déclaré qu'elle n'avait pas été contactée pour participer à un quelconque mécanisme de renflouement impliquant le Fonds européen de stabilité financière (FESF), et a ajouté qu'elle n'avait pas l'intention de prendre part à un tel dispositif.

"Des médias ont fait état d'une participation potentielle de la BEI dans un fonds commun de créances lié au FESF aux fins de renflouement", explique la Banque dans un communiqué. "La BEI n'a pas été contactée et ne compte pas prendre part à cela."

MERKEL PAS SÛRE DU SOUTIEN DE SON CAMP SUR LE FESF

Les dirigeants de la zone euro font face à une forte pression internationale pour remédier au plus vite à la crise de la dette, qui menace de saper la reprise et de contribuer à ce que l'économie mondiale retombe dans une nouvelle récession.

Les Etats-Unis ont exhorté les 17 pays de la zone euro à réfléchir aux moyens du démultiplier le FESF afin de permettre à ce fonds d'avoir plus de capacités d'intervention sans que de l'argent frais y soit injecté.

Mais les pays de la zone disent vouloir faire ratifier l'élargissement des pouvoirs du FESF par les parlements nationaux, d'ici la mi-octobre, avant d'introduire des modifications supplémentaires.

En Finlande, où l'adoption de la réforme n'est pas acquise en raison de l'exigence d'Helsinkli d'obtenir des collatéraux en échange de ses prêts à la Grèce, le président de la commission des Finances du parlement finlandais a déclaré être "tout à fait certain" que les élus approuveraient le projet lors du vote prévu mercredi.

En Allemagne en revanche, il est actuellement difficile de dire si la chancelière Angela Merkel pourra rassembler une majorité dans son propre camp sur le FESF sans l'aide de l'opposition, a-t-on déclaré mardi à Reuters de sources proches de la coalition au pouvoir, ce qui pourrait provoquer une crise au sein de cette dernière.

Le Parlement slovène a lui approuvé mardi le projet.

La Grèce a réaffirmé mardi qu'elle respecterait ses engagements vis-à-vis de ses bailleurs internationaux et que l'austérité était nécessaire pour y parvenir, alors que le Premier ministre George Papandréou se trouvait à Berlin pour y rencontrer la chancelière Angela Merkel et que la "troïka" composée de l'UE, de la BCE et du FMI devrait retourner mercredi ou jeudi à Athènes.

Bureaux de Bruxelles, Madrid et Berlin; Gregory Schwartz, Natalie Huet et Jean Décotte pour le service français

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