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Marché : Les euro-obligations, objectif ultime de paris et berlin ?

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par Marc Angrand

PARIS (Reuters) - Si les propositions franco-allemandes pour lutter contre la crise de la dette laissent les marchés financiers sur leur faim, de nombreux responsables estiment qu'elles ouvrent la voie à des euro-obligations une fois l'intégration économique approfondie.

Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont notamment proposé mardi de renforcer la gouvernance économique de la zone euro, de faire avancer la surveillance comme la coordination budgétaire des Etats membres et de taxer les transactions financières.

Ce dernier point a suscité une levée de boucliers au sein du secteur financier et une vive réaction chez les conservateurs britanniques.

"Une telle proposition sans accord au niveau du G20 équivaudrait à taxer la City de Londres et pénaliserait considérablement la croissance économique du Royaume-Uni", a ainsi déclaré Martin Callanan, le chef des élus conservateurs au Parlement européen.

La lettre Sarkozy-Merkel propose aussi une harmonisation d'ici fin 2012 de l'assiette de l'impôt sur les sociétés (IS).

L'Irlande, régulièrement accusée de faire de l'IS un outil de dumping fiscal pour attirer les investisseurs a jugé que cette proposition ne remettait pas en cause sa politique.

La perspective d'une taxation des transactions contribuait à l'évolution hésitante des marchés financiers européens mercredi.

Certains investisseurs regrettent aussi que Paris et Berlin aient écarté un relèvement des moyens alloués au Fonds européen de stabilité financière (FESF) et jugé prématurée l'idée d'euro-obligations, des emprunts émis en commun par la zone euro.

CONVERGENCE

Mais à plus long terme, la lettre commune Sarkozy-Merkel ouvre bel et bien la voie à une intégration politique et économique au sein de la zone que symboliseraient ces euro-obligations.

"On ne peut pas mutualiser nos dettes sans avoir une vraie convergence de nos stratégies et de nos objectifs budgétaires", a expliqué la ministre du Budget, Valérie Pécresse, sur Europe 1, parlant d'"étape préalable indispensable".

Pour Frank Engels, directeur de la recherche économique européenne de Barclays à Londres, la création d'un gouvernement économique de la zone euro "est certainement une importante étape vers un nouveau régime politique de coordination économique et budgétaire plus étroite au sein de la zone euro".

"Cela démontre l'engagement politique des deux principales économies de la zone euro à compléter à l'avenir l'UEM par un mécanisme politique améliorant la coordination", ajoute-t-il dans une note.

En Espagne, José Blanco, porte-parole du PSOE, le parti socialiste au pouvoir, a estimé que "plus nous avançons vers l'intégration des politiques économiques, plus nous nous rapprochons de l'idée d'euro-obligations".

Cette idée continue cependant de rencontrer de solides oppositions en Allemagne. Le FDP, le parti libéral membre de la coalition au pouvoir à Berlin, continue de parler de "débat fantôme". Mais la CDU, le parti de la chancelière, ne refuse plus d'en discuter.

DÉBAT OUVERT

Car l'important est bien d'ouvrir le débat, juge Jacques Cailloux, économiste en chef de RBS.

"Ce qui aurait pu se faire hier et qui pourrait se faire au cours du mois à venir, c'est ouvrir la voie à une réflexion sur le financement des Etats souverains de la zone euro", a-t-il dit à Reuters Insider.

Un optimisme mesuré que semble partager le financier américano-hongrois George Soros.

"L'Europe est en danger", juge-t-il dans un entretien au quotidien Le Monde, sans exclure qu'un Etat européen puisse faire faillite.

Dans ce contexte, ajoute-t-il, "les euro-obligations sont la solution ultime".

"Nicolas Sarkozy a eu raison de dire, mardi, que les euro-obligations doivent être envisagées à la fin du processus. Cela doit être l'objectif", poursuit celui qui avait contraint les Britanniques à sortir du système monétaire européen en 1992.

édité par Yves Clarisse

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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