Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Marché : Les euro-obligations au menu du sommet informel de mercredi

Marché : Les euro-obligations au menu du sommet informel de mercredi

tradingsat

par Luke Baker

BRUXELLES (Reuters) - François Hollande et plusieurs autres dirigeants de la zone euro devraient défendre l'idée d'"euro-obligations" lors du sommet informel de la zone euro qui se tient mercredi à Bruxelles et accentuer ainsi la pression sur l'Allemagne, qui y reste opposée.

De hauts responsables européens et américains ont déclaré ce week-end que le nouveau président français avait soulevé la question des euro-obligations, une forme de mutualisation de la dette des Etats de la zone euro, lors du sommet du G8 à Camp David en promettant de l'évoquer à nouveau mercredi à Bruxelles.

François Hollande devrait recevoir l'appui du Premier ministre italien, Mario Monti, du président du Conseil espagnol, Mariano Rajoy, et de la Commission européenne, soutien de longue date des euro-obligations au sujet desquelles elle a produit l'an dernier une étude de faisabilité restée lettre morte.

L'accentuation récente de la crise de la zone euro a changé la donne et les euro-obligations sont désormais présentées par plusieurs économistes et responsables politiques comme l'un des instruments susceptibles de restaurer la confiance des investisseurs.

"Le débat sur les euro-obligations est de nouveau au premier plan et François Hollande aura le soutien d'autres dirigeants s'il le rouvre", a déclaré un responsable de l'Union européenne.

"Ce n'est pas quelque chose qui va se produire du jour au lendemain, un tas de choses doivent d'abord être faites, mais l'envie est bien présente."

Dans une lettre, le président de la Commission, Herman Van Rompuy, a appelé les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE à venir sans "tabous" à la réunion de mercredi.

"Il n'est pas trop tôt pour réfléchir à des changements plus fondamentaux", écrit-il. "De biens des manières, la perspective d'une avancée vers un système plus intégré augmenterait la confiance dans l'euro et l'économie européenne."

Le porte-parole de la Commission a toutefois souligné lundi que "toute forme d'émission commune de dette requiert une coordination plus étroite des politiques budgétaires".

NOUVELLE DONNE

Le sommet de mercredi doit être consacré à la croissance et à l'investissement et parmi les propositions attendues figurent celle d'un renforcement des capitaux de la Banque européenne d'investissement et celle de "project bonds", des obligations émises par l'UE afin de financer des grands travaux d'infrastructure.

L'objectif du sommet est surtout de jeter les bases du sommet suivant, prévu les 28 et 29 juin, lors duquel des propositions devront être finalisées.

La victoire de François Hollande à l'élection présidentielle française s'est non seulement traduite par un glissement du débat autour de la crise de la dette au profit de la croissance, mais également par le retour en grâce d'idées que la chancelière allemande était parvenue à mettre de côté au cours des deux dernières années, comme celle d'une mutualisation de la dette.

Angela Merkel a dit par le passé qu'elle n'était pas contre l'idée des euro-obligations en soi, tout en disant qu'on ne pourrait en discuter que lorsque les conditions seraient réunies, en particulier une accentuation de l'intégration économique européenne et de la coordination entre Etats, en matière budgétaire notamment.

Dans un cas comme dans l'autre, le chemin à parcourir est encore long. Et les responsables allemands ne manquent pas une occasion de le souligner, parfois sans détour.

Les euro-obligations sont "le mauvais remède au mauvais moment, avec de mauvais effets secondaires", a ainsi déclaré sur la radio allemande le ministre délégué aux Finances Steffen Kampeter.

ACCÉLÉRATION

Lorsqu'elle a publié en novembre dernier une étude consacrée à ce qu'elle a appelé des "obligations de stabilité", la Commission européenne a estimé qu'on ne pourrait pas éternellement écarter cette idée, expliquant que la sévérité de la crise de la dette souveraine, qui s'est accentuée depuis, justifiait des mesures plus rapides.

"Alors que l'émission commune a généralement été considérée comme une possibilité à long terme, le débat plus récent a porté sur les avantages potentiels à court terme en vue d'atténuer les tensions sur le marché de la dette souveraine", indiquait l'étude.

"Dans ce contexte, l'introduction d'obligations de stabilité ne s'effectuerait pas à l'issue d'un processus de convergence économique et budgétaire, mais s'effectuerait parallèlement à un renforcement de la convergence et favoriserait la création et la mise en oeuvre du cadre nécessaire pour une telle convergence."

Mario Monti, économiste de formation et ancien commissaire européen, a déjà soutenu cette vision des euro-obligations et il devrait réaffirmer ce soutien mercredi.

"Quel que soit le calendrier envisagé initialement en matière de marche vers les euro-obligations, il est désormais raccourci en raison de l'accentuation de la crise de la dette souveraine", a déclaré un deuxième responsable de la zone euro.

"Il faut qu'il y ait une discussion sur l'emploi et la croissance, mais il faut aussi qu'il y ait une discussion sur les étapes concrètes à franchir pour aller vers les euro-obligations."

Nicolas Delame et Marc Angrand pour le service français, édité par Natalie Huet

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...