Bourse > Actualités > Points de marchéffrfrfr > Marché : Les etats-unis ont créé moins d'emplois que prévu en juin

Marché : Les etats-unis ont créé moins d'emplois que prévu en juin

tradingsat

par Jason Lange

WASHINGTON (Reuters) - L'économie américaine a créé moins d'emplois que prévu en juin, augmentant d'autant la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle prenne des initiatives propres à relancer la croissance, par exemple un troisième assouplissement quantitatif (QE3).

Cet indicateur n'est pas, par ailleurs, du meilleur effet pour le président Barack Obama en cette année électorale.

Les marchés ont immédiatement réagi à l'indicateur: les Bourses européennes ont accru leurs pertes, Wall Street a ouvert en baisse.

Le département du Travail a annoncé vendredi 80.000 créations d'emplois le mois dernier, alors que le marché attendait 90.000, après 77.000 emplois créés en mai (69.000 en première estimation).

Le taux de chômage n'a pas bougé, ressortant à 8,2% en juin, comme en mai et comme prévu par les économistes.

La statistique n'a rien qui puisse apaiser des investisseurs qui tendent à penser que la crise de la dette de la zone euro commence à avoir des répercussions sur l'économie américaine.

Mitt Romney, le candidat républicain qui entend disputer le Bureau Ovale au président sortant, a axé sa campagne sur un marché de l'emploi en berne.

"Les politiques du président n'ont pas remis l'Amérique au travail, et le président va devoir réagir et prendre ses responsabilités", a-t-il déclaré devant des journalistes au New Hampshire, en réaction aux chiffres de l'emploi.

Barack Obama a estimé pour sa part que les créations d'emplois dans le privé allaient "dans la bonne direction" mais qu'il fallait amplifier le mouvement. "Nous devons faire croître l'économie encore plus rapidement et nous devons remettre davantage de personnes au travail", a-t-il dit lors d'un meeting de campagne dans l'Ohio, l'un de ces "swing-states" où se jouera la scrutin du 6 novembre.

La situation européenne, qui a un impact sur les puissances économiques émergentes que sont par exemple la Chine ou le Brésil, n'est pas la seule épine dans le pied d'Obama. Washington prévoit pour début 2013 une cure d'austérité telle que le pays pourrait facilement tomber en récession.

"Les entreprises se disent: y-a-t-il le moindre motif d'augmenter l'embauche actuellement?", note Sam Bullard, économiste pour Wells Fargo.

12,7 MILLIONS DE SANS EMPLOI

Le département du Travail a précisé que le nombre d'emplois créés mensuellement avait été de 75.000 en moyenne au deuxième trimestre contre 226.000 le trimestre précédent.

L'économie doit créer autour de 125.000 emplois par mois pour compenser le vieillissement de la population.

Ce ralentissement pourrait s'expliquer en partie par des effets climatiques, un temps clément ayant poussé les entreprises à embaucher surtout en hiver au détriment du printemps.

Mais la faiblesse générale des derniers indicateurs économiques laisse supposer qu'il existe un élément plus fondamental. "Nous ne pensons pas que les choses se redresseront au second semestre", dit Sara Klein (Moody's Analytics). "Il ne s'agit pas que du climat."

La plupart des économistes continuent d'anticiper sur le restant de cette année une croissance molle plutôt qu'une récession. Mais les initiatives prises jeudi par trois grandes banques centrales - au point que certains soupçonnent une concertation - montrent apparemment que les autorités se préparent au pire.

Pour autant, même si le nombre d'emplois créés en juin n'a rien d'enthousiasmant, il se peut que la Fed s'abstienne pour l'instant de dévoiler des mesures hardies dans l'idée que la tempête ne risque de faire rage que dans quelques mois.

"L'embauche n'est pas aussi soutenue qu'en début d'année (...) mais pas au point qu'une intervention de la Fed s'impose de façon évidente", dit Cooper Howes, économiste de Barclays.

Une mesure plus large du chômage, qui incorpore les personnes désireuses de travailler mais qui ont renoncé à chercher un emploi et celles qui travaillent à temps partiel mais voudraient travailler à temps plein, donne un taux de 14,9% contre 14,8% en mai.

Au total, 12,7 millions d'Américains étaient sans emploi en juin et 41,9% d'entre eux étaient des chômeurs de longue durée, soit sans emploi depuis six mois ou plus. Au total, 23,4 millions d'Américains sont soit sans travail soit sous-employés.

Avec Lucia Mutikani et Matthew Spetalnick; Wilfrid Exbrayat et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Natalie Huet

Copyright © 2012 Thomson Reuters

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...