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Marché : Les égyptiens votent dans l'enthousiasme

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par Marwa Awad

ALEXANDRIE, Egypte (Reuters) - Loin de l'atmosphère de violence et de fraude de l'ère Moubarak, les Egyptiens patientaient enthousiastes lundi dans de longues files d'attente, incrédules de pouvoir contribuer à l'avenir de leur pays à la faveur d'élections législatives.

On pouvait y voir les différents visages de la société égyptienne: employés avec leur attaché-case, femmes portant le foulard islamique, coptes arborant des croix chrétiennes ou encore jeunes filles en jeans serré.

"J'attends, peu importe le temps que ça va mettre", dit Mona Mabrouk, 48 ans, qui travaille pour une société pétrolière à Maadi, dans la banlieue du Caire.

Certains Égyptiens redoutent un retour de la violence, surtout après les affrontements de la semaine dernière qui ont fait une quarantaine de morts. Mais la plupart des électeurs semblaient simplement heureux d'effectuer leur devoir de citoyen. Certains l'accomplissaient pour la première fois.

Les conversations allaient bon train dans les files d'attente, se félicitant ici et là que ces élections ne soient pas jouées à l'avance, comme cela était le cas naguère.

"Avant, on savait qui allait l'emporter. On allait voter dans l'indifférence. Aujourd'hui, personne ne connaît l'issue du vote et on sent que les gens sont stimulés", dit Etimad Sameh, chauffeur de taxi à Alexandrie, la deuxième ville du pays.

Signe du changement, des affiches sont placardées le long des murs et des drapeaux appelant à voter pour les différents partis pendent aux réverbères.

SYSTÈME COMPLEXE

Pas facile toutefois pour de nombreux électeurs de faire leur choix parmi la cinquantaine de partis qui présentent quelque 6.000 candidats. Le processus électoral, particulièrement complexe, devrait s'achever à la fin du mois de janvier.

"Qui sont tous ces gens ?", s'interroge ainsi Oumm Mai, en habit traditionnel après avoir glissé son bulletin dans l'urne au Caire.

"Il n'y a pas de crainte (de violences). C'est la principale différence qu'on peut remarquer chez ces électeurs", souligne le juge Dia Mohamed, supervisant un bureau de vote à Alexandrie. "Il y a des gens très âgés qui viennent voter car ils pensent participer à un processus transparent", ajoute le magistrat.

Il y a un an, les juges avaient été exclus des opérations pour surveiller le bon déroulement du vote, le dernier de la présidence Moubarak.

Des sympathisants de Liberté et justice, le parti des Frères musulmans, qui devrait réaliser un bon score, aident des gens à trouver le bon bureau de vote.

Avant la chute de Hosni Moubarak en février, la confrérie islamique capitalisait les voix des mécontents. Dorénavant, les Frères musulmans doivent faire face à la concurrence de nouveaux partis, certains islamistes comme eux.

Heba Salah, 30 ans et voilée, dit voter pour éviter de voir la puissante confrérie dominer la nouvelle scène politique égyptienne. "Je suis venue voter contre les Frères musulmans qui se servent de la religion pour attirer les gens", dit-elle, dans une file d'attente dans le quartier cairote de Nasr.

Par le passé, le parti de Moubarak acheminait en bus les fonctionnaires aux bureaux de vote. Dans les bastions des Frères musulmans, la police empêchait souvent les électeurs de voter.

Gaz lacrymogènes et coups de bâtons étaient la règle pour ceux qui souhaitaient voter pour les candidats de la confrérie, dont certains se présentaient sous l'étiquette d'"indépendants" pour échapper à l'interdiction visant les partis religieux.

Lundi, des soldats étaient déployés devant les bureaux de vote, souvent en plus grand nombre que les policiers, toujours haïs par une partie de la population.

"Pour la première fois, on peut voter librement et je me sens en sécurité, car on peut voter sans la présence du Parti national démocratique (l'ancien parti de Moubarak)", explique Moussad al Saied, à Port-Saïd, sous le regard des militaires.

Avec Jonathan Wright à Abou Souad, Dina Zaied et Yasmine Saleh au Caire, Yousri Mohamed à Port Said, Shaimaa Fayed à Damietta, Benjamin Massot pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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