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Marché : Les discussions se poursuivent à athènes, la police en alerte

Les discussions se poursuivent à athènes, la police en alerteLes discussions se poursuivent à athènes, la police en alerte

par George Georgiopoulos

ATHENES (Reuters) - A la veille d'une réunion jugée décisive de l'eurogroupe, les unités anti-émeutes de la police grecque se sont déployées en protection dimanche autour du parlement où des manifestants dénonçaient les mesures d'austérité imposées en échange des 130 milliards d'euros d'aide financière supplémentaire.

L'espoir de voir les discussions en cours aboutir lundi lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro à Bruxelles s'est ravivé depuis que le gouvernement de Lucas Papadémos a détaillé cette semaine de nouvelles réductions budgétaires, de l'ordre de 335 millions d'euros.

Au total, la loi d'austérité votée par le Parlement dimanche dernier et exigée par la "troïka" des créanciers internationaux de la Grèce (Union européenne, FMI et Banque centrale européenne) prévoit 3,3 milliards d'euros d'économies budgétaires avec l'objectif de ramener la dette souveraine de la Grèce de 160 à 120% de son PIB d'ici 2020.

Mais le camp des "sceptiques", conduit par l'Allemagne, s'inquiète de la détermination des pouvoirs publics grecs à réduire les dettes.

Dimanche, seules quelques centaines de personnes étaient rassemblées en début d'après-midi devant le parlement. Mais une semaine après les scènes d'émeutes qui ont suivi l'adoption de cette nouvelle cure d'austérité par les députés, la police grecque est en alerte.

"Peut-être certains ont-ils été effrayés par les émeutes de la semaine dernière", souligne Costas Xenakis, un manifestant de 70 ans qui s'explique ainsi la faible mobilisation.

Ce retraité de la compagnie publique d'électricité note pourtant que "les mesures d'austérité frappent vraiment les retraités". "Nous ne pouvons pas rester assis et l'accepter", ajoute-t-il.

Derrière lui, une banderole réclame l'annulation de "l'accord de la faim", témoignage de la colère qu'éprouve une large partie de la population grecque vis-à-vis de la représentation politique, accusée d'avoir laissé s'accumuler des montagnes de dette et d'avoir favorisé les plus riches via le laxisme fiscal.

Le ressentiment pourrait s'exprimer durement dans les urnes lors des élections législatives anticipées, attendues pour le mois d'avril.

Selon un sondage publié dimanche, le Parti socialiste (PASOK) et la droite conservatrice de Nouvelle démocratie - les deux familles politiques qui dominent la Grèce depuis la fin du régime des colonels, en 1974 - ne réuniront à eux deux que le quart des suffrages.

Une autre étude souligne l'inquiétude de la population: si 73% des Grecs disent vouloir rester dans la zone euro, 49% seulement pensent que le pays y parviendra dans les deux prochaines années.

"ILLUSOIRE DE PRÉVOIR (...) CE QUI SE PASSERA D'ICI À 2020"

De la réunion de lundi à Bruxelles dépendra le versement d'une aide de 130 milliards d'euros indispensable pour éviter que la Grèce ne tombe en faillite à l'échéance du 20 mars, quand d'importants remboursements de dettes sont programmés.

"Le peuple grec a fait tout qu'il pouvait et nous sommes décidés à tenir nos engagements", a affirmé Christos Papoutsis, ministre de la Sécurité publique, avant une réunion d'urgence du gouvernement.

Pour Maria Fekter, la ministre autrichienne des Finances, il semble qu'un accord soit enfin en train de se mettre en place. "Je ne pense pas qu'il y ait une majorité pour s'engager dans une autre voie parce qu'une autre voie serait extrêmement ardue et coûterait beaucoup beaucoup d'argent", a-t-elle ajouté dimanche sur l'antenne de la télévision autrichienne.

Mais Jean-Claude Juncker, le président de l'eurogroupe, a prévenu à la veille du week-end qu'il restait encore du travail à accomplir d'ici lundi.

Les contacts préparatoires se sont poursuivis ce dimanche entre responsables des finances de la zone euro. L'enjeu central est de ramener la dette grec à un niveau "plus soutenable", de l'ordre de 120% du PIB d'ici 2020.

Des responsables de l'UE et du FMI jugent que cet objectif - qui nécessite que la Grèce renoue avec un budget excédentaire dès l'année prochaine - ne sera pas tenu et, selon le scénario désormais dominant, l'idée serait de ramener le déficit à 129% du PIB à cet horizon.

"On parle aujourd'hui de 129%, chiffre qui prend en compte certaines hypothèses. Cette révision est due aux mauvais chiffres de la croissance, pas seulement en Grèce mais dans toute l'Europe", confirme Pantelis Kapsis, porte-parole du gouvernement grec, dans une interview publiée samedi par le quotidien français Libération.

"Il est par ailleurs illusoire de prévoir avec autant de précision ce qui se passera d'ici à 2020", ajoute-t-il.

Dans ce nouveau scénario, il pourrait être nécessaire d'obtenir un effort supplémentaire du secteur privé.

Avec Mike Shields à Vienne; Henri-Pierre André pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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