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Marché : Les députés grecs pourraient rejeter les réformes

Les députés grecs pourraient rejeter les réformesLes députés grecs pourraient rejeter les réformes

par Daniel Flynn et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Le vice-Premier ministre grec a prévenu ce week-end que des députés récalcitrants pourraient bloquer certaines réformes souhaitées par les bailleurs de fonds, même si le Parlement devrait apporter son soutien global au plan d'austérité lors du vote mercredi.

"Je pense que l'ensemble des mesures à court et moyen terme que nous pensons prendre dans le cadre des réformes à lancer seront approuvées sans difficulté", a déclaré Theodor Pangalos dans une interview publiée dimanche au journal espagnol El Mundo.

Les députés grecs doivent entamer lundi le débat sur le plan sur cinq ans de hausses d'impôts et de réduction des dépenses publiques. Ils passeront au vote mercredi sur le plan d'austérité mis au point avec le FMI et l'Union européenne, et le lendemain sur la loi d'application de ce programme.

Les ministres des Finances de l'UE ont donné jusqu'au 3 juillet aux autorités grecques pour faire adopter au Parlement les mesures d'austérité exigées par l'UE et le FMI pour débloquer la prochaine tranche d'aide de 12 milliards d'euros et préparer le second plan d'aide.

Pangalos estime toutefois que le Parlement devrait avoir du mal à approuver de nouvelles réformes fiscales. De même, la privatisation de sociétés nationales devrait être difficile à faire adopter, a-t-il prévenu.

"Là, nous pourrions avoir des problèmes. Je ne sais pas si certains de nos députés (du Pasok) voteront contre. C'est possible", a-t-il reconnu.

LA ND NE VEUT PAS DU PLAN

Au parlement, la majorité du gouvernement Papandréou est réduite: le Pasok au pouvoir compte 155 députés sur 300.

Deux députés socialistes ont annoncé qu'ils voteraient contre ces mesures. Un troisième a indiqué dimanche qu'il voterait contre si le ministre des Finances Evangelos Venizelos ne lui donnait pas certaines assurances.

"J'ai envoyé une lettre en 16 points à Venizelos (...). J'attends des réponses précises, qui décideront de mon vote", a déclaré dimanche le député Panagiotis Kouroublis à la radio NET.

Après les élections législatives d'octobre 2009, les socialistes comptaient 160 députés mais les mesures d'austérité, contestées tous les jours dans la rue, ont provoqué cinq défections.

L'opposition conservatrice a rejeté dimanche les appels à l'union sacrée lancés par le gouvernement et les dirigeants de l'Union européenne.

Le chef de file de la Nouvelle démocratie (ND), Antonis Samaras, a estimé que le plan ne ferait que plonger un peu plus la Grèce dans la crise.

"Vous ne pouvez pas demander de payer plus d'impôts dans un pays où le taux d'imposition est déjà très élevé, où le marché est atone, avec une activité économique à zéro et une profonde récession", a déclaré Samaras dans un communiqué.

Les mesures d'austérité ont fait plonger la Grèce dans la récession, la plus dure depuis 37 ans, avec un produit intérieur brut (PIB) en recul de 4% l'an passé. Le chômage a atteint le niveau record de 16,2% en mars pour l'ensemble de la population active, et de 43% chez les jeunes.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a appelé le Parlement grec à approuver le plan. En cas de rejet, la prochaine tranche d'aide de 12 milliards d'euros ne sera pas versée à Athènes, ce qui pourrait conduire la Grèce à faire défaut.

"Si le plan est rejeté, ce que personne n'attend vraiment, les conditions d'attribution de la prochaine tranche d'aide seront caduques pour le FMI, l'UE et les pays de la zone euro", a déclaré Schäuble au journal dominical allemand Bild am Sonntag.

"La stabilité de toute la zone euro serait en danger (en cas de rejet du plan) et nous devrions nous assurer rapidement que le risque d'une contagion du système financier et de tous les pays de la zone euro serait maîtrisée", a-t-il ajouté.

Dimanche soir, des manifestants étaient attendus sur la place Syntagma d'Athènes, haut-lieu de la contestation grecque depuis plus de quatre semaines.

Benjamin Massot pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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