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Marché : Les bourses européennes creusent leurs pertes à la mi-séance

Les bourses européennes creusent leurs pertes à la mi-séanceLes bourses européennes creusent leurs pertes à la mi-séance

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes creusent leurs pertes à mi-séance et Wall Street est attendu en baisse, les investisseurs craignant une nouvelle flambée de la crise de la dette dans la zone euro après de violentes manifestations contre l'austérité en Espagne et une journée de grève nationale en Grèce.

À Paris, le CAC 40 plonge de 2,01% à 3.443,04 points à 10h45 GMT. À Francfort, le Dax recule de 1,56% et à Londres, le FTSE cède 1,15%. L'indice paneuropéen Eurostoxx 50 chute de 1,94%.

La chute des marchés boursiers s'accompagne d'un recul continu de l'euro par rapport au billet vert, la monnaie unique retombant à 1,2865 dollar, au plus bas depuis deux semaines, et d'une remontée des coûts de financement de la dette espagnole, le rendement des obligations à dix ans étant repassé au-dessus de 6%.

Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a lui-même pris le risque d'envoyer un signal négatif aux marchés en déclarant au Wall Street Journal qu'il ne se résoudrait à demander un plan de sauvetage que si les coûts d'emprunt de Madrid devaient rester durablement élevés.

L'Espagne, dont le produit intérieur brut (PIB) a poursuivi sa forte contraction au troisième trimestre, pourrait au final ne pas avoir le choix. D'autant que trois pays - Allemagne, Pays-Bas et Finlande - ont publié mardi un communiqué commun qui semble remettre en question le principe convenu au sommet européen de Bruxelles d'une recapitalisation directe des banques en difficulté, donc le plan d'aide de 100 milliards d'euros accordé aux banques espagnoles.

Confronté à une grève générale ce mercredi, le gouvernement grec a de son côté finalisé ses dernières mesures d'austérité qui doivent lui permettre d'économiser près de 12 milliards d'euros et satisfaire ainsi ses créanciers internationaux.

Mais la crise n'épargne personne, et surtout pas la France, comme l'illustre la hausse du chômage en août et la baisse de la confiance des ménages en septembre, qui font peser de nouvelles menaces sur l'économie.

"La crise en zone euro s'intensifie à l'image des manifestations qui ont embrasé l'Espagne mardi soir. La réponse fut immédiate sur les marchés avec la plongée des indices américains en fin de séance et le retournement à la baisse (...) des actifs risqués", relève Nicolas Chéron analyste chez FXCM.

"A priori, nous pourrions être à l'aube d'une nouvelle vague baissière de moyen terme; nous invitons donc les traders à faire attention la volatilité et à ne pas oublier les stops de protection."

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse, sur l'élan de son recul de mardi, le plus fort en une seule séance depuis le 25 juin.

Aux valeurs, EADS (-2,62%) et BAE Systems (-2,22%) continuent de pâtir de la confusion entourant leur projet de fusion.

Le président exécutif d'EADS, Tom Enders, a déclaré mercredi à Berlin que la future entité ne devrait "pas forcément" faire l'objet d'un engagement important des États et qualifié de "juste" le ratio de valorisation de 60-40. De son côté, le vice-ministre allemand de l'Economie a jugé que les actionnaires de la maison mère d'Airbus étaient "désavantagés". Les tensions n'épargnent pas le marché obligataire, sur lequel l'Allemagne a placé mercredi 3,191 milliards d'euros de dette à dix ans lors d'une adjudication qui n'a pas été couverte en totalité, les investisseurs étant apparemment dissuadés par le coupon historiquement bas.

L'opération portait sur cinq milliards d'euros de dette à long terme mais la demande a porté sur seulement 3,951 milliards. L'agence fédérale de la dette a du coup retenu 36% pour le marché secondaire, contre 20% en moyenne. "En termes techniques on peut parler d'adjudication ratée", déclare Michael Leister, stratégiste chez Commerzbank. "Mais dans le contexte de l'environnement actuel et du rally des Bunds sur les dernières séances, ce n'est pas non plus un désastre".

Les cours du pétrole accentuent leur recul. Le Brut de mer du Nord cède 1% à 109,40 dollars par baril. Le brut léger américain baisse dans des proportions un peu moindres à 90,65 dollars.

Tangi Salaün pour le service français, avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Marc Angrand

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