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Marché : Les banques planchent à paris sur l'aide à la grèce

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par Alex Chambers et Matthieu Protard

LONDRES/PARIS (Reuters) - Les grandes banques et compagnies d'assurance internationales se réunissent à nouveau mercredi à Paris pour discuter des modalités d'une participation du secteur privé à un second plan de soutien à la Grèce mais un accord semble peu probable à ce stade en raison de la complexité du sujet.

L'Institut de finance internationale (Ifi), l'organisme qui regroupe de grandes banques internationales, a fait savoir mardi qu'il présiderait cette réunion à laquelle participeront des décideurs publics et des créanciers privés de la Grèce.

L'Ifi ajoute que la réunion parisienne n'est pas isolée et qu'elle fait suite aux discussions techniques qui se sont déjà déroulées durant la semaine écoulée.

"Demain n'est pas une journée décisive. C'est tout un processus", a toutefois indiqué à Reuters une source française impliquée dans les discussions.

"Le nouveau ministre de l'Economie (François Baroin, NDLR) a dit aujourd'hui que cela prendrait des semaines, au-delà de l'été. C'est un sujet complexe. Il ne peut pas être résolu du jour au lendemain", a-t-elle ajouté.

Une autre source, au sein du secteur bancaire allemand, a exprimé le même avis. "Le problème est tellement complexe qu'il nous faudra davantage de temps", a-t-elle dit.

Selon d'autres sources proches du dossier, des banques internationales étaient déjà sur place mardi à Paris au siège de BNP Paribas pour discuter du plan français de contribution du secteur privé au sauvetage de la Grèce.

"Il y a eu une réunion ce matin à Paris. Seulement les banques, avec l'Ifi", a fait savoir à Reuters l'une des sources.

Par l'intermédiaire de l'Ifi, les grandes banques internationales ont expliqué étudier un nombre limité d'options dans le cadre de l'aide à la Grèce, et qu'elles tentaient d'en définir les modalités.

Les banques françaises, qui sont les établissements bancaires étrangers les plus exposés à la dette souveraine grecque, ont de leur côté proposé la reconduction volontaire des obligations grecques arrivant à échéance, mais suivant des modalités différentes.

Selon le projet français, les porteurs d'obligations grecques pourraient notamment échanger leurs titres de dette grecque contre des obligations à 30 ans à des taux équivalents à ceux des prêts de soutien européens, soit 5,5%, assorties d'une prime indexée sur la croissance économique de la Grèce, soit un taux maximum de 2,5%.

PARIS LUTTERA CONTRE TOUT DÉFAUT

Selon le Financial Times, une nouvelle proposition, adoucie afin d'être plus acceptable par la Grèce, sera présentée lors de la réunion de mercredi. Cette nouvelle stratégie abaisserait le taux d'intérêt prévu par le plan français et étendrait la part de la dette grecque concernée par le rollover.

L'article paru sur le site FT.com évoque un taux de 5,76%, au lieu de la fourchette de 5,5% à 8,0% initialement suggérée.

Les politiques et les banquiers ont exprimé la semaine dernière leur espoir que la proposition française ne se traduise pas par un défaut de paiement.

Cependant, l'agence de notation Standard & Poor's a prévenu lundi que les solutions proposées par Paris pour rééchelonner la dette grecque par des échanges de titres reviendraient vraisemblablement à placer Athènes en situation de défaut sélectif.

Le communiqué de S&P a été pris par les responsables européens comme le signe qu'il leur fallait "retravailler le plan, et non y renoncer", a indiqué une source au sein de l'Union européenne.

"Le plan français ne sera pas abandonné, pour d'évidentes raisons politiques: les Etats membres veulent avoir quelque chose à proposer à leurs parlements nationaux", a indiqué cette source.

Depuis l'avertissement de S&P, les dirigeants des banques françaises et la Fédération bancaire française se murent dans le silence.

Interrogés en marge d'une conférence organisée par Paris Europlace, ni Michel Pébereau, le président de BNP Paribas, ni Frédéric Oudéa, le PDG de la Société générale, ni Jean-Paul Chifflet, le directeur général de Crédit agricole SA n'ont souhaité s'exprimer sur la crise de la dette grecque.

"Nous ne souhaitons pas et nous ne voulons pas et nous n'accepterons pas de défaut de paiement, c'est-à-dire en clair une restructuration de la dette", a martelé François Baroin lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

"Le rendez-vous, c'est à la sortie de l'été, c'est dans le courant du mois de septembre", a encore dit le ministre de l'Economie.

Selon une source européenne, le communiqué de S&P est un "message pour dire qu'il faut retravailler le plan (français, NDLR), et non pas l'abandonner".

"Le plan français ne sera pas abandonné pour des raisons politiques évidentes, parce que les Etats membres veulent avoir quelque chose à donner aux parlements nationaux", a souligné cette source.

Avec la contribution de Paul Taylor, de Jean-Baptiste Vey à Paris et de Julien Toyer à Bruxelles, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Jean-Michel Bélot

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