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Marché : Les banques françaises réussissent à nouveau les tests

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PARIS (Reuters) - Les quatre principales banques françaises, BNP Paribas, BPCE (Banque populaire-Caisse d'épargne), Crédit agricole et Société Générale ont réussi les tests de résistance menés par l'Autorité bancaire européenne (ABE), a annoncé vendredi la Banque de France.

Sur les 90 établissements soumis aux tests destinés à vérifier la solidité du secteur bancaire européen dans le scénario de chocs économiques, seules huit banques ont échoué et devront dès lors renforcer leur fonds propres à hauteur de 2,5 milliards d'euros.

Il s'agit de cinq banques espagnoles, de deux grecques et d'une autrichienne.

La Banque de France a précisé que les quatre principales banques françaises affichaient un ratio de fonds propres "core tier one" agrégé de 7,5% à fin 2012 dans le scénario économique le plus défavorable retenu par l'Autorité bancaire européenne (ABE), soit au-dessus du niveau minimum de 5% requis.

"Leur niveau de capital est au final approprié puisqu'il leur permettrait de financer l'économie même dans le scénario le plus dégradé", souligne Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France.

Dans le détail, Société générale affiche le ratio le plus faible des quatre banques françaises avec 6,6%, tandis que le groupe Crédit agricole ressort avec le ratio le plus confortable des quatre à 8,5%.

La banque franco-belge Dexia affiche de son côté un ratio de 10,4%.

"Le système bancaire français, c'est une confirmation, est solide", a commenté François Baroin, le ministre de l'Economie, lors d'une conférence de presse.

"Il faut y voir le fruit d'une gestion des risques rigoureuse de la part des banques françaises et cela vient confirmer la solution du modèle de banque universelle."

Dans un communiqué séparé, la SocGen a réagi en réaffirmant sa confiance dans sa capacité à atteindre un ratio de fonds propres "core tier one" d'au-moins 9% en 2013 dans le cadre de la nouvelle réglementation bancaire de Bâle III.

FAIRE OUBLIER LE FIASCO DE 2010

Après le fiasco des tests de résistance de l'an dernier, qui n'avaient pas décelé les fragilités des banques irlandaises avant leur sauvetage quelques semaines plus tard par Dublin, les régulateurs européens ont décidé de durcir l'exercice en retenant des scénario de chocs économiques plus sévères qu'en 2010.

"Nous avons tenu compte des critiques dont l'exercice 2010 avait fait l'objet, nous avons misé sur une transparence totale", a souligné François Baroin.

A la lumière de la crise des dettes publiques, qui a cette semaine dépassé l'Europe pour atteindre les Etats-Unis, des critiques ont toutefois été formulées sur les critères retenus.

Moody's a notamment regretté que l'ABE n'ait pas pris en compte l'hypothèse d'un défaut sur la dette souveraine d'un Etat membre alors que le risque a, selon l'agence de notation, augmenté ces dernières semaines dans la zone euro.

Des analystes ont aussi déploré que les tests n'aient pas porté sur la liquidité des établissements bancaires.

"On s'aperçoit que les banques européennes dépendent à hauteur d'environ 20% des Sicav monétaires américaines pour leurs besoins de refinancement a court terme sur les marchés interbancaires et de wholesale", fait remarquer Christophe Nijdam, analyste chez AlphaValue.

"Cela souligne leur vulnérabilité vis-à-vis des Sicav américaines", poursuit-il.

La publication des tests de résistance a aussi permis de faire le point sur l'exposition des banques européennes aux dettes souveraines des Etats européens.

Les banques françaises affichent ainsi une exposition cumulée de 9,55 milliards d'euros à la dette souveraine grecque et de 41 milliards à la dette publique italienne.

La crise de la dette grecque et les craintes d'une contagion à d'autres pays de la zone euro comme l'Espagne ou l'Italie, pèsent lourdement sur les valeurs bancaires européennes.

L'indice Stoxx des banques européennes est en baisse de 12,5% depuis le début de l'année.

A Paris, les banques françaises, qui sont les établissements bancaires étrangers les plus exposés à la Grèce et à l'Italie, sont sanctionnées par les investisseurs. BNP Paribas abandonne près de 5% depuis le début de l'année. Crédit agricole et Société générale reculent près de 13% et de 11% respectivement.

Matthieu Protard, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Gilles Guillaume

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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