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Marché : Les banques françaises augmenteront leurs fonds propres à 9%

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PARIS (Reuters) - Les banques françaises se sont engagées à augmenter leur niveau de fonds propres à 9% dans le cadre d'un accord gouvernemental avec l'Allemagne visant à établir une position commune avant le sommet du G20, a indiqué mardi le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé lors de la séance des questions à l'Assemblée nationale.

"S'agissant des banques françaises, elles s'engagent à monter leur pourcentage de fonds propres à 9% de leur bilan (...) au lieu des 7% attendus en 2013", a-t-il déclaré en réponse à un député lui demandant quelles étaient les bases de l'accord qui doit intervenir entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy avant le G20 des 3 et 4 novembre.

"On y parviendra en mobilisant les revenus des banques elles-mêmes, qui gagnent de l'argent, le capital privé et si c'est nécessaire, en dernier ressort, le capital public", a-t-il expliqué à l'Assemblée nationale.

Sous la pression des marchés, les trois grandes banques françaises BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale ont accéléré le renforcement de leurs fonds propres dans l'espoir de rassurer les investisseurs sur leur capacité à résister à la crise de la dette souveraine dans la zone euro qui a déjà contraint la banque franco-belge Dexia à un démantèlement.

Elles ont toutes indiqué le mois dernier être en mesure d'atteindre un ratio de fonds propres "durs" ("core tier one") de 9%, voire supérieur, en 2013 dans le cadre de la nouvelle réglementation bancaire de Bâle III qui entre en vigueur à compter de cette même date.

Elles rejettent la responsabilité des difficultés actuelles aux déficits publics au sein de la zone euro.

"NE PAS LAISSER TOMBER LA GRÈCE"

Bâle III exige des banques un minimum de 7% de fonds propres. Mais certains Etats, comme la Grande-Bretagne et la Suisse, demandent à leurs établissements bancaires d'être au-delà pour atteindre la barre des 10% de fonds propres.

Si les banques écartent du revers de la main tout besoin d'augmentation de capital pour affronter la crise de la dette, la question taraude les responsables politiques.

La France et l'Allemagne se sont d'ailleurs engagés dimanche à apporter une réponse "durable et globale" à la crise de la zone euro pour le sommet du G20 de Cannes prévu début novembre, qui passera notamment par une recapitalisation des banques européennes.

L'Autorité bancaire européenne (ABE) va de son côté mener de nouveaux tests de résistance sur les banques et devrait à cette occasion exiger un minimum de fonds propres de 7% contre 5% requis lors de l'exercice de juillet dernier.

Interrogé par un député sur la crise grecque, Alain Juppé a réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir la Grèce dans ses efforts de réduction de sa dette.

"Nous ne laisserons pas tomber la Grèce car le défaut de la Grèce enclencherait un processus fatal pour l'ensemble de la zone euro", a insisté le ministre des Affaires étrangères.

"Loin des illusions d'un néo-protectionnisme qui n'a aucune chance de voir le jour au niveau européen, la France et l'Allemagne sont étroitement unies pour conforter la zone euro et la construction européenne."

Nicolas Sarkozy a dans ce cadre fait savoir dimanche que la France et l'Allemagne préparaient un certain nombre d'adaptations des traités européens pour renforcer l'intégration de la zone euro.

Julien Ponthus et Matthieu Protard, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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