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Marché : Le tassement de la productivité en france pas dû au tertiaire

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PARIS (Reuters) - Le poids croissant du secteur tertiaire dans l'économie française, souvent présenté comme l'un des facteurs du ralentissement progressif des gains de productivité, ne joue en fait qu'un rôle marginal dans ce phénomène, conclut une étude de l'Insee publiée jeudi.

Régulièrement mise en cause pour expliquer, par exemple, les pertes de part de marché de l'industrie face à la concurrence mondiale, la productivité de la main d'oeuvre par personne en France représentait en 2009 120% de la moyenne de l'Union européenne, contre 125,1% dix ans plus tôt, selon les statistiques d'Eurostat.

En fait, les gains de productivité du travail en France se sont tassés depuis 30 ans et ce phénomène s'est opéré par paliers: de 2,6% en moyenne sur la période 1979-1989, la progression annuelle est revenue à 1,9% sur la décennie 1990-1999 et elle est tombé à 1,0% sur la période 2000-2008, selon l'étude de l'Insee.

Ce ralentissement de la productivité, note l'institut, a eu lieu en parallèle à la "tertiarisation" de l'économie française, c'est à dire d'évolution vers une économie de plus en plus tournée vers les services.

Depuis 1978, rappellent les auteurs de l'étude, la France a créé en moyenne 150.000 emplois chaque année dans les services marchands alors qu'elle en détruisait 60.000 dans l'industrie. Le tertiaire a ainsi vu sa part dans l'emploi total passer de 46% en 1978 à 66% en 2008.

EFFET RETARD

Or les services se caractérisent historiquement par des gains de productivité plus faibles que dans l'agriculture, l'industrie ou la construction.

Pour autant, souligne l'Insee, il ne faut pas imputer l'ampleur du ralentissement de la productivité au poids croissant des services et donc à la hausse des effectifs du tertiaire.

"Si la répartition par branche des emplois dans le secteur marchand était restée la même de 1978 à 2008, les gains annuels moyens de productivité apparente du travail auraient été de 2,0% sur la période, alors qu'ils ont été en réalité de 1,9%", précisent-ils.

Les auteurs de l'étude distinguent en fait l'effet "instantané" positif des transferts d'emplois d'un secteur à l'autre (de l'agriculture et du textile vers les services aux entreprises pendant les années 1980 et 1990, principalement) de l'effet à long terme de ces transferts. Un effet retard qui, lui, freine bel et bien les gains de productivité et qui a pris le dessus depuis le début des années 2000.

Si elle exonère donc largement les services, l'étude se refuse à avancer d'autres explications au ralentissement de la productivité. Elle note toutefois qu'une partie de celui-ci relève "certainement" de la baisse de la durée du travail avec le passage aux 39 puis aux 35 heures hebdomadaires.

Sur la période 2000-2008, le gain annuel moyen de productivité du travail par tête est ainsi tombé à 1,0% alors que la productivité horaire augmentait encore de 1,5%.

Marc Angrand, édité par Patrick Vignal

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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