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Marché : Le propriétaire de saab rejette une offre de reprise chinoise

Le propriétaire de saab rejette une offre de reprise chinoiseLe propriétaire de saab rejette une offre de reprise chinoise

par Greg Roumeliotis

AMSTERDAM (Reuters) - Le directeur général de Swedish Automobile, propriétaire du constructeur automobile suédois Saab, a déclaré vendredi qu'il avait rejeté une offre de reprise sur 100% du capital de la part des groupes chinois Zhejiang Youngman Lotus Automobile et Pang Da Automobile Trade.

"(...) L'offre était inacceptable parce qu'elle aurait se serait traduite par la modification de toutes les clauses de contrôle, ce qui aurait pu vouloir entraîner la fin de Saab", a dit à Reuters Victor Muller lors d'un entretien téléphonique.

Jeudi, Swedish Automobile a reçu une bouée de sauvetage de la part de North Capital, un fonds d'investissement et gérant de hedge funds américains, qui a apporté 10 millions de dollars en capitaux ainsi qu'un prêt de 60 millions pour financer les activités de Saab.

Après avoir ouvert en baisse de plus de 10%, l'action Swedish Automobile, très volatile, perdait vers 08h50 GMT, 2,35% à 0,83 euro. Depuis le début de l'année, elle a chuté de quelque 75% en raison des graves difficultés de trésorerie du groupe.

Victor Muller n'a pas révélé le montant de l'offre des deux constructeurs chinois, ajoutant que, puisqu'ils étaient encore intéressés par Saab, ils devaient s'en tenir aux termes de l'accord signés en juillet, stipulant qu'ils prennent ensemble 53,9% du capital de Swedish Automobile.

Saab est allé de crise en crise cette année. Il a fermé en avril, incapable de payer ses fournisseurs à qui il doit plus de 150 millions d'euros. En août, il n'a plus été en mesure de payer les salaires.

Saab avait été racheté par le néerlandais Spyker, devenu depuis Swedish Automobile, à General Motors début 2010.

Depuis le 21 septembre, Saab a été mis sous la protection de ses créanciers en attendant son renflouement par Youngman et Pang Da, qui s'étaient engagés sur 245 millions d'euros en juillet.

SAAB PEUT ETRE RENTABLE

Un tribunal suédois a déclaré qu'il avait reçu une demande de sortie de Saab du régime de protection des créanciers.

Cette perspective n'effraie pas Alex Mascioli, un passionné de voitures de course, qui a confirmé à Reuters que sa société North Street Capital LP allait bien investir 70 millions de dollars pour que Saab puisse continuer à fonctionner.

"Je m'attends à ce que la transaction se fasse. Je suis prêt à faire ce que je peux avec mes moyens pour Saab", a-t-il dit par téléphone.

Le tribunal suédois a précisé qu'il ne prendrait pas de décision ce vendredi sur Saab, ajoutant qu'il se prononcerait sur la réorganisation du constructeur à la fin de la semaine prochaine, au plus tard avant une réunion avec les créanciers programmée le 31 octobre.

Victor Muller a estimé que le gouvernement suédois n'était pas intéressé par le rachat de Saab.

"Il y a toujours un plan B", a-t-il dit lorsqu'il lui a été demandé ce qui se passerait si les constructeurs chinois renonçaient à leur projet. Interrogé sur ce plan, Victor Muller a dit qu'il le révèlerait "uniquement si nous devons y recourir".

"C'est à Victor de décider. Il s'est beaucoup démené pour tenter de sauver l'entreprise. Pour l'instant, il y a un accord avec les Chinois", a dit pour sa part Alex Mascioli en réponse à la question de savoir s'il était prêt à investir à la place de Youngman et Pang Da.

Saab est un actif sous-évalué qui survivra et qui pourrait générer des bénéfices, a poursuivi Alex Mascioli, ajoutant que North Street avaient les moyens de reprendre Saab si le constructeur le souhaitait.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean Décotte

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