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Marché : Le privé prié de s'impliquer dans un nouveau plan en grèce

Le privé prié de s'impliquer dans un nouveau plan en grèceLe privé prié de s'impliquer dans un nouveau plan en grèce

par Noah Barkin et Andreas Rinke

BERLIN (Reuters) - La zone euro a fait un pas de plus vers un compromis sur un deuxième plan d'aide à la Grèce qui verrait créanciers privés être invités à échanger leurs titres de dette souveraine contre des obligations à maturité plus longue.

Plusieurs banques européennes, dont le Crédit agricole fortement impliqué en Grèce avec sa filiale Emporiki, se sont déclarées favorables à un allongement de la dette souveraine du pays, une solution qui permettrait à Athènes de disposer de plus de temps pour atteindre ses objectifs budgétaires tout en évitant une restructuration plus radicale.

La Banque centrale européenne (BCE), qui pendant des mois avait manifesté son opposition à toute forme de restructuration, s'est ralliée cette semaine à l'idée d'une prolongation des échéances ("rollover") sur la base du volontariat des détenteurs de dette grecque.

L'aide de 110 milliards d'euros allouée l'an dernier à la Grèce n'a pas suffi à restaurer la confiance des marchés envers l'état des finances du pays. Le nouveau plan, qui pourrait atteindre entre 80 et 110 milliards d'euros, doit couvrir les besoins financiers grecs jusqu'en 2014.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a dit à des élus de la coalition au pouvoir à Berlin qu'Athènes avait besoin de 90 milliards d'euros supplémentaires dans le cadre de ce nouveau plan.

Le rapport de mission en Grèce de la "troïka" réunissant l'Union européenne (UE), le Fonds monétaire international (FMI) et la BCE, dont Reuters a pu obtenir une copie, a mis en lumière la gravité des difficultés de la Grèce.

La "troïka" a ainsi fortement abaissé ses prévisions pour le pays, tablant désormais sur une récession de 3,8% cette année et une croissance limitée à 0,6% en 2012.

"Après une mise en route vigoureuse au début de l'été 2010, l'application des réformes a connu un coup d'arrêt au cours des derniers trimestres. Une relance est nécessaire pour éviter que le déficit budgétaire n'atteigne un niveau insupportable (...), lit-on dans le rapport.

"CONTRIBUTION SUBSTANTIELLE"

Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires a dit à des journalistes que la zone euro avait organisé une conférence téléphonique dans la soirée pour évoquer le dossier grec.

"Il a été souligné qu'il était essentiel que la Grèce remplisse ses objectifs budgétaires pour cette année avec les mesures concrètes qui ont été définies (...)", a-t-il dit en marge d'une conférence organisée par le Financial Times Deutschland à Königstein.

Olli Rehn a ajouté que l'allongement des maturités des titres de dette était un élément des discussions au sujet de la Grèce, tout en soulignant que la zone euro doit éviter ce qui est connu sous l'expression "événement de crédit" lors de la finalisation d'un nouveau plan d'aide à la Grèce.

L'Allemagne a relancé cette semaine l'idée d'une restructuration de la dette grecque et demandé à ses partenaires européens de faire en sorte que les créanciers privés contribuent notablement à un nouveau plan de renflouement.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble exprime ce point de vue dans une lettre datée du 6 juin et adressée à ses homologues de la zone euro ainsi qu'aux dirigeants de la BCE et du FMI.

Wolfgang Schäuble exhorte notamment à dépasser la stratégie dite de l'"Initiative de Vienne", mise au point par les pouvoirs publics de la zone euro et prévoyant l'implication du secteur privé.

Il demande ainsi une contribution "quantifiée et substantielle" de la part des investisseurs ayant acquis de la dette grecque.

"Ce résultat peut être atteint par un échange de titres, qui permettrait de reporter de sept ans l'échéance des obligations souveraines grecques en circulation, tout en donnant à la Grèce le temps nécessaire pour appliquer les réformes nécessaires et regagner la confiance des marchés", peut-on lire dans ce document, dont Reuters a obtenu une copie.

Même s'il avait lieu sur la base du volontariat, un tel échange équivaudrait à une restructuration de la dette grecque détenue par des investisseurs privés et les agences de notation ont prévenu qu'elles considéreraient cette manoeuvre comme un défaut.

La lettre du ministre allemand a été envoyée deux semaines avant le sommet européen des 23 et 24 juin, lors duquel le nouveau plan de sauvetage accordé à Athènes devrait être formellement approuvé.

L'opportunité d'inclure dans cet effort les fonds d'investissement, banques et autres créanciers privés fait débat depuis des semaines, les détracteurs de l'idée mettant en avant le risque de contagion aux autres pays européens.

L'Allemagne est le plus ardent partisan d'une plus grande implication du secteur privé, notamment en raison de la réticence des contribuables et parlementaires d'outre-Rhin à faire reposer les plans de sauvetage sur les seuls deniers publics.

La dette grecque atteint presque 340 milliards d'euros, soit environ 150% de son produit intérieur brut.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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