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Marché : Le marché automobile résiste mieux que prévu

Le marché automobile résiste mieux que prévuLe marché automobile résiste mieux que prévu

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le marché automobile français a limité son repli en septembre grâce à la bonne tenue de la demande des particuliers aidée par les offres commerciales agressives des constructeurs, une performance de bon augure pour l'ensemble de l'année si l'économie ne se dégrade pas davantage.

Les immatriculations de voitures neuves ont baissé de 1,4% sur un an le mois dernier, à 167.631 unités, selon les chiffres du Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Sur les neuf premiers mois de l'année, le marché hexagonal se maintient encore en territoire positif (+0,2%), mais continue de grignoter l'avance acquise début 2011 grâce aux derniers effets des primes à la casse. En août, il était en hausse de 0,4% depuis janvier.

"Le marché diminue doucement, mais il résiste, notamment au niveau de la demande des particuliers", commente un porte-parole du CCFA, joint au téléphone. "Sur l'ensemble de l'année, on pense maintenant que ce sera mieux que les -8/-10% que nous anticipions jusqu'ici, mais nous sommes en train de recalculer cette prévision."

Le porte-parole a ajouté que la baisse anticipée en France sur 2011 pourrait être inférieure à 8%, mais tout en précisant que la demande des entreprises constituait "une grande inconnue pour les pronostics", du fait des interrogations actuelles sur la conjoncture économique.

"LE RETOUR À LA NORMALE SE CONFIRME"

Bernard Cambier, directeur commercial France de Renault, a indiqué lui aussi à Reuters que la performance de septembre incitait à l'optimisme pour le marché français.

"On aurait pu être légitiment inquiets sur les retombées économiques et financières pour le consommateur, mais il n'y a pas d'impact pour l'instant", a-t-il dit par téléphone. "Aujourd'hui, on est sur un marché à -3/-4%, et une bonne surprise n'est pas exclue."

Au salon de l'auto de Francfort, le mois dernier, le directeur commercial de Renault Jérôme Stoll avait déjà estimé que le marché français en 2011, attendu en baisse de 4% à 6%, serait plus proche des -4%.

Le cabinet Xerfi, qui prévoit une baisse de 5% du marché en 2011, souligne que la stabilité sur neuf mois a été obtenue en premier lieu grâce aux "politiques agressives des constructeurs", mais que des inconnues planent sur le reste de l'année.

"Le climat des affaires se dégrade avec l'emballement de la crise des dettes souveraines en Europe et les cures d'austérité qui s'annoncent dans les pays européens, nos principaux partenaires commerciaux", écrit Philippe Gattet dans une note. "Les entreprises auront une obsession: préserver leur trésorerie et donc réduire les dépenses, notamment d'automobiles."

"Les prochains mois seront plus difficiles, qu'il s'agisse de la fin 2011 ou du début 2012, à cause notamment des comparatifs défavorables", acquiesce Flavien Neuvy, directeur de l'Observatoire Cetelem de l'automobile. "Mais le marché résiste très bien, le retour à la normale se confirme."

RENAULT ET DACIA REBONDISSENT

Illustration de cette normalisation après l'effet exceptionnel des aides publiques, les importateurs continuent de regagner du terrain.

La prime à la casse avait soutenu notamment les constructeurs français, spécialisés dans les petites voitures. En septembre, les immatriculations des groupes étrangers ont augmenté de 5,4%, contre une baisse de 6,2% pour les groupes hexagonaux. Nissan (+30,8%) et les allemands BMW (+21,2%) ou Volkswagen (+14,9%), ont notamment tiré leur épingle du jeu le mois dernier.

Côté français, Peugeot est à la peine (-25,3%), tandis que Citroën a vu ses immatriculations reculer de 9,4%, soit -18,4% pour l'ensemble du groupe PSA. Les deux marques du groupe ont connu en septembre des problèmes d'approvisionnement en vis, mais aucune explication à la baisse des ventes le mois dernier n'était disponible dans l'immédiat auprès du constructeur.

Renault jouit pour sa part d'un rebond de 8,7% de ses immatriculations, signe du retour à la normale déjà évoqué par le groupe dans les pénuries de composants de moteurs diesel qui ont plombé ses ventes plusieurs mois d'affilée. La marque au losange a vu ses immatriculations augmenter de 9% et la marque low cost du groupe, Dacia, a enregistré une hausse de 6,3%.

"Le portefeuille élevé de commandes se voit maintenant car nous pouvons enfin les livrer", a précisé Bernard Cambier. "Et nous avons encore 100.000 voitures en portefeuille, soit deux mois de livraisons."

Dans les utilitaires, les immatriculation de véhicules légers, baromètre de l'activité économique locale, ont baissé de 6,3% en septembre, tandis que celles de véhicules industriels, reflet des échanges économiques sur de plus longues distances, ont grimpé de 25,9%.

Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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