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Marché : Le lse et tmx annulent leur projet de fusion

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par Pav Jordan et Luke Jeffs

LONDRES/TORONTO (Reuters) - Le London Stock Exchange (LSE) et TMX, l'opérateur de la Bourse de Toronto, ont annoncé mercredi l'abandon de leur projet de fusion de 3,5 milliards de dollars, les laissant tous deux dans une position vulnérable dans un secteur en pleine consolidation.

Ce rapprochement avorté ouvre ainsi une voie royale à l'offre hostile sur TMX de Maple Group, un consortium composé de banque et fonds de pensions canadiens surtout opposé à voir la principale place financière du Canada passer sous pavillon étranger.

De son côté, sans TMX, les analystes soulignent que le LSE passe d'un statut de prédateur à celui de proie avec, selon eux, Nasdaq OMX comme candidat au rachat le plus vraisemblable de l'opérateur de la Bourse de Londres.

Dans de brefs communiqués diffusés un jour avant que les assemblées générales devaient se prononcer sur leur rapprochement, les deux groupes ont déclaré qu'ils s'étaient rendus compte que les actionnaires de TMX ne leur donneraient pas la majorité requise des deux tiers.

Le LSE aurait eu 55% du nouvel ensemble constitué avec TMX, qui aurait été une place forte des valeurs énergétiques et minières.

L'abandon du rapprochement entre le LSE et TMX est un camouflet pour Xavier Rolet, directeur général du premier, qui s'est beaucoup démené pour finaliser la création d'une nouvelle entité dont il aurait pris les rênes.

Une bonne partie des actionnaires de TMX ont apparemment été séduits par la proposition de Maple Group, qui a lancé une offre supérieure à celle du LSE sur l'opérateur de la Bourse de Toronto.

"Je ne suis pas surpris (...) Maintenant il faut voir ce que les autorités de la concurrence pensent de la proposition de Maple. Il faudra également voir si le consortium bénéficie de soutien des actionnaires (de TMX), même si, à mon avis, il est acquis", a déclaré Alison Crosthwait, directeur de la stratégie d'investissement chez Instinet.

NATIONALISME

Réagissant à l'abandon du projet de rapprochement entre le LSE et TMX, Maple a déclaré dans un communiqué qu'il "continuerait de nourrir un dialogue constructif avec les actionnaires (...).

Brandissant l'un des symboles les plus forts du Canada - la feuille d'érable - Maple n'a cessé de répéter que son projet ouvertement nationaliste maintiendrait en des mains canadiennes l'un des actifs financiers clef du pays.

L'échec du rachat de TMX par le LSE est le deuxième exemple du blocage d'un rachat d'un opérateur boursier par un acteur étranger après la tentative avortée du Singapore Exchange de mettre la main sur l'australien ASX en début d'année.

Le titre TMX a terminé en hausse de 1,5% à 44,20 dollars canadiens à la Bourse de Toronto tandis que l'action Nasdaq OMX a gagné 4,71% à 25,14 dollars à Wall Street.

Par le passé, le Nasdaq a déjà essayé à deux reprises, sur la période 2006-2007, de mettre la main sur la Bourse de Londres et a adopté une position attentiste après avoir retiré en mai son projet de rachat de NYSE Euronext, qui a conclu un accord de rapprochement amical avec Deutsche Börse.

"Nasdaq est le candidat principal (au rachat). Il y a des tensions entre les deux opérateurs et la direction du Nasdaq est agressive. Il ne faut pas chercher beaucoup plus loin que le Nasdaq pour savoir qui va faire une proposition pour le LSE", a déclaré Simon Maughan, analyste chez MF Global.

TMX, qui versera au LSE une indemnité de rupture de 10 millions de dollars canadiens, a déclaré qu'il passerait en revue d'autres options, y compris l'offre hostile de Maple.

Benoit Van Overstraeten pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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