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Marché : Le gouvernement grec appelle au soutien du plan fmi/ue

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par Lefteris Papadimas et Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - Le gouvernement grec a sommé samedi les députés frondeurs d'apporter leur soutien aux mesures d'austérité exigées par l'UE et le FMI pour la mise en oeuvre d'un second plan de sauvetage, faute de quoi ils engageront le pays sur "une voie inconnue et dangereuse" qui mènera selon lui à la faillite et à l'isolement économique international.

Le dirigeant de la Nouvelle démocratie (ND, conservateurs) Antonis Samaras, tout en reprochant à la politique d'austérité d'enfoncer toujours plus la Grèce dans la récession, a instamment demandé aux élus de son parti de soutenir le second plan de sauvetage, d'un montant de 130 milliards d'euros, faute de quoi leur candidature serait écartée pour les législatives à venir.

La coalition du Premier ministre grec Lucas Papadémos dispose d'une écrasante majorité au parlement, ce qui devrait garantir l'adoption, prévue dimanche, d'une série de nouvelles mesures d'austérité, dont une réduction supplémentaire des dépenses publiques, de l'ordre de 3,3 milliards d'euros, cette année.

Mais six membres du gouvernement ont d'ores et déjà démissionné en signe de protestation contre l'ampleur des mesures d'austérité, au nombre desquelles une baisse de 22% du salaire minimum.

"Les conséquences d'un défaut incontrôlé seraient incalculables pour le pays, et pas seulement pour son économie(...). Cela nous engagerait sur une voie inconnue, dangereuse", a déclaré samedi le vice-ministre des Finances, Filippos Sachinidis.

Dans une interview au journal Imerisia, il dépeint la catastrophe dans laquelle tomberait selon lui la Grèce si elle n'honorait pas le remboursement de 14,5 milliards d'euros d'emprunts d'Etat arrivant à échéance le 20 mars.

"Demandons-nous ce que signifierait pour le pays la perte de son système bancaire, et de ne plus pouvoir importer des matières premières, des produits pharmaceutiques, du carburant, des denrées alimentaires de base et des technologies", a-t-il dit.

Le gouvernement grec a approuvé vendredi soir le projet de loi engageant le pays dans les mesures exigées par l'UE et le Fonds monétaire international pour la mise en oeuvre du second plan de sauvetage.

Charles Dallara, directeur général de l'Institut de la finance internationale (IFI) et représentant des créanciers privés de la Grèce, a exhorté les députés à adopter dimanche le projet de loi, déclarant que les délais impartis ne permettaient "aucune marge de retard".

"Je tiens à les encourager à adopter le projet de loi (...). Il est important que les députés comprennent ce qui est en jeu", a déclaré Dallara dans une interview au journal Kathimerini.

Alors qu'une grève de 48 heures contre l'austérité entrait dans sa seconde journée, samedi, une cinquantaine de militants communistes ont déployé deux énormes banderoles sur les remparts de l'Acropole. "A bas la dictature des monopoles et de l'Union européenne!", proclamaient-elles.

QUINZE MILLIARDS D'EUROS POUR LES BANQUES?

Sept mille manifestants se sont rassemblés dans le centre de la capitale, selon les chiffres communiqués par la police. Aucun débordement n'a été signalé, contrairement à vendredi, lorsque les policiers avaient tiré des gaz lacrymogènes en direction de manifestants qui lançaient des cocktails Molotov et des pierres.

Les députés de la ND, qui dispose d'une forte avance dans les sondages en vue des législatives prévues a priori début avril, devraient soutenir les mesures d'austérité dimanche, dans l'ensemble. Mais Samaras a tenu à mettre en garde les élus de son parti, le deuxième groupe au parlement après celui du Pasok (socialistes).

"Il s'agit évidemment d'une question de discipline de parti", a-t-il déclaré devant une commission parlementaire, ajoutant que les éventuels frondeurs seraient écartés des élections législatives d'avril.

Six députés de la ND ont menacé d'ores et déjà de ne pas voter le projet de loi sur les "réformes".

Le parti d'extrême droite LAOS a quitté la coalition gouvernementale vendredi et ordonné à ses quatre ministres de démissionner. Deux membres du Pasok ont également claqué la porte du gouvernement en signe de protestation contre la dureté de l'austérité.

L'ancien Premier ministre socialiste Georges Papandréou a lui aussi tenu à appeler les députés du Pasok à voter les mesures d'austérité.

"J'ai perdu des amis, ma famille a souffert, j'ai perdu mon poste, j'ai été insulté, traîné dans la boue comme aucun autre homme politique de ce pays", a-t-il dit aux élus du groupe parlementaire du Pasok.

"Et pourtant, tout cela n'est rien en comparaison de ce qui attendra notre peuple si nous ne choisissons pas la bonne voie. Malgré toute la colère que nous sentons bouillir en nous, nous devons persévérer", leur a-t-il dit.

Le ministre des Finances Evangelos Venizelos a déclaré samedi qu'il faudrait peut-être encore 15 milliards d'euros de plus pour sauver les banques grecques, confirmant en cela des estimations de l'UE.

L'Union européenne demande d'autre part au gouvernement grec de fournir le détail de réductions supplémentaires des dépenses publiques d'un montant de 325 millions d'euros.

Elle exige également un engagement clair des dirigeants des partis de la coalition gouvernementale à appliquer les mesures d'austérité.

Eric Faye pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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