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Marché : Le g20 surveillera l'offre céréalière face à la spéculation

Le g20 surveillera l'offre céréalière face à la spéculationLe g20 surveillera l'offre céréalière face à la spéculation

par Peter Murphy

BRASILIA (Reuters) - Le Groupe des Vingt (G20) exercera une surveillance sur l'offre mondiale de céréales pour tenter d'empêcher la spéculation de faire flamber les prix, selon le projet de déclaration d'une réunion ministérielle prévue la semaine prochaine.

Les ministres de l'Agriculture qui se réuniront à Paris les 22 et 23 juin demanderont également à leurs homologues des Finances de maîtriser la spéculation sur les matières premières agricoles en adoptant une réglementation plus stricte pour les marchés des dérivés afférents, selon ce document obtenu par Reuters.

La hausse des cours céréaliers a provoqué un bond des prix alimentaires mondiaux, générant de nouvelles craintes pour la sécurité des approvisionnements alimentaires et de montée de l'inflation, surtout dans certains pays en développement.

Depuis lors, les prix alimentaires ont régressé mais restaient en mai supérieurs de 37% à leur niveau de mai 2010.

Le président Nicolas Sarkozy a fait d'un renforcement de la réglementation des marchés de matières premières, principalement agricoles, une priorité de la présidence française du Groupe des Vingt (G20).

Nicolas Sarkozy a dit jeudi souhaiter que le principe de la création d'un système d'information mondial sur les marchés agricoles soit acté dès la réunion des ministres de l'Agriculture du G20 la semaine prochaine à Paris.

"FORUM DE RÉACTION RAPIDE"

Suivant le projet de déclaration, les pays du G20 partageraient précisément des informations sur les marchés par le biais d'une base de données - le Système d'information du marché agricole - gérée par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Les pays non membres du G20 et des acteurs du secteur privé seraient encouragés à alimenter cette base de données, qui doit être lancée à la mi-2012 et qui, dans un premier temps, ne concernera que le blé, le maïs, le soja et le riz.

"Nous soulignons que la base permettra aux acteurs financiers et aux régulateurs de marché d'être mieux informés des fondamentaux des marchés physiques. La transparence des marchés physiques est importante pour les marchés de dérivés mais l'inverse est vrai aussi", lit-on dans le document.

Ces données seraient par ailleurs destinées à un "Forum de réaction rapide" axé sur toute question affectant la production agricole, y compris les crises.

"Nous convenons que la gestion du risque de volatilité des prix alimentaires dans les pays développés et en développement doit apporter une contribution importante à la promotion d'un développement agricole durable".

Les ministres de l'Agriculture appuieraient enfin un projet pilote du Programme alimentaire mondial (PAM, un organisme de l'Onu) en vue de créer des réserves alimentaires d'urgence pour des besoins humanitaires. Ils soutiendraient également les initiatives de la Banque mondiale pour développer la sécurité alimentaire dans les pays les plus vulnérables aux chocs externes et aux flambées des prix alimentaires.

Le document prône également des limites de position sur les futures de matières premières pour contrecarrer les abus et manipulations de marché, une coopération accrue dans le partage de données prévisionnelles sur les récoltes obtenues par satellite et plus d'analyses sur les effets de la production de biocarburants sur les récoltes.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame

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