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Marché : Le g20 pressé d'agir contre la crise

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par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les pays du G20 se retrouvent jeudi et vendredi à Cannes avec comme absolue priorité d'apporter une réponse coordonnée à la crise qui ébranle les nations développées, pour éviter qu'elle ne paralyse l'ensemble de l'économie mondiale.

Placés en première ligne, les membres de la zone euro devront convaincre les autres grandes économies de la planète du bien fondé du plan laborieusement adopté la semaine passée à Bruxelles pour régler le problème grec et renforcer la puissance de feu de leur fonds d'urgence.

L'enjeu est notamment une contribution financière possible des grands émergents, qui ont manifesté à plusieurs reprises leur inquiétude à propos de la santé de la monnaie unique.

L'aggravation de la crise depuis la fin de l'été a bouleversé l'ambitieux agenda de la présidence française, qui avait fait d'une réforme du système monétaire international une de ses priorités pour qu'il reflète mieux le nouvel ordre économique mondial.

Lors de la dernière réunion préparatoire du sommet, à la mi-octobre, les ministres des Finances du G20 avaient surtout insisté sur le travail qu'il restait aux Européens pour apporter une "réponse énergique" à leurs problèmes, ce que ces derniers estiment avoir fait depuis.

Les mesures adoptées à Bruxelles constitueront de facto une partie du plan d'action globale que les pays du G20 doivent adopter à Cannes pour faire face aux "vulnérabilités immédiates" de l'économie mondiale et consolider les fondements d'une croissance forte, durable et équilibrée.

ENGAGEMENTS PRÉCIS

Ce plan reposera sur des engagements précis de grands pays identifiés par le Fonds monétaire international (FMI), sur la base de critères qui ont donné lieu à d'âpres débats, comme affichant des déséquilibres "structurels" à corriger.

Chine, Inde, Russie ont été retenus chez les émergents, Etats-Unis, Allemagne, Japon, France et Royaume-Uni chez les "vieilles" économies développées. L'Italie, si elle n'est pas dans cette liste, pourrait faire l'objet d'une mention spéciale au vu des risques qu'elle présente désormais.

Certains de ces pays devraient promettre la poursuite de la consolidation de leurs finances publiques. Pour les autres, Chine en tête, qui affichent d'importants excédents, les attentes portent sur la mise en oeuvre d'un nouveau modèle économique favorisant le développement de la demande intérieure.

Se profile aussi la question très sensible des politiques de change, source majeure de divisions entre grands pays.

Le Japon l'a remise au premier plan en intervenant lundi pour la deuxième fois cette année sur les marchés afin de faire baisser le yen.

Le Sénat américain a contribué à tendre l'atmosphère en menaçant ce mois-ci la Chine de sanctions commerciales pour cause de yuan sous-évalué, une initiative qui va à l'encontre de l'esprit de coopération censé inspirer le G20.

Le "raidissement chinois" qui s'est ensuivi fait craindre pour les résultats du sommet de Cannes, où la France espère tout au plus quelques progrès vers l'intégration à terme des grandes monnaies émergentes dans le panier des droits de tirage spéciaux, l'unité de compte du FMI. Celle-ci passerait par une internationalisation du yuan, du rouble et de la roupie.

Le renforcement des ressources du FMI, au moment où ses prérogatives sont renforcées, est un autre point de contentieux entre les Etats-Unis et les pays émergents.

RAPPORT DE BILL GATES

Faute d'accord, le Fonds a été invité à présenter à Cannes des propositions concrètes de mise en place d'une nouvelle facilité d'intervention à court terme, plus flexible que ses instruments actuels, pour des interventions d'urgence.

Le sommet du G20 poursuivra par ailleurs le travail de régulation de la finance entamé en 2009 à Londres.

Le Conseil de stabilité financière (CSF), qui devrait voir son rôle et ses moyens renforcés, publiera une liste des banques qui, par leur taille, présentent un risque spécifique pour le système financier mondial, avec obligation pour celles-ci d'augmenter leur capital ().

Les participants discuteront aussi des moyens de réguler le "système bancaire parallèle" afin que des activités à risque abandonnées par les banques ne migrent vers des entités moins surveillées comme les fonds spéculatifs ou d'autres entités.

La France a obtenu en outre des avancées sur la régulation des marchés dérivés de produits agricoles dans le cadre de la lutte contre la volatilité des cours des matières premières.

L'ordre du jour du sommet inclut enfin une réflexion sur les moyens de financer le développement et la lutte contre le changement climatique sur la base d'un rapport que viendra présenter Bill Gates, le fondateur de Microsoft.

La taxe sur les transactions financières, que la France et l'Allemagne se sont engagées à défendre, sera au coeur de cette réflexion. Même si elle est rejetée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, Paris ne désespère pas de réunir assez de pays dans un "groupe leader" pour assurer sa mise en place.

Edité par Jean-Baptiste Vey

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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