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Marché : Le FMI réclame un allègement massif de la dette grecque

Marché : Le FMI invite l'Europe à alléger davantage la dette grecqueMarché : Le FMI invite l'Europe à alléger davantage la dette grecque

WASHINGTON (Reuters) - La Grèce va avoir besoin d'un allégement de sa dette bien supérieur à celui qu'envisagent ses partenaires du fait de la dégradation de son économie et de son système bancaire au cours des deux dernières semaines, estime le Fonds monétaire international (FMI) dans une mise à jour de son analyse de cette dette.

Le document a été adressé lundi soir aux Etats membres de la zone euro, quelques heures après la conclusion d'un accord de principe ouvrant la voie à des négociations en vue d'un troisième plan de sauvetage de 82 à 86 milliards de dollars en échange de nouvelles mesures d'austérité et d'un train de réformes structurelles.

"La détérioration spectaculaire de la viabilité de la dette souligne la nécessité d'un allègement d'une ampleur bien supérieure à ce qui est envisagé à ce jour et à ce qui a été proposé par le MES (Mécanisme européen de Stabilité)", dit le FMI dans son rapport.

Un allégement massif de la dette grecque permettrait une reprise de l'économie, qui pourrait ainsi redevenir autonome, a estimé mardi un membre du FMI ayant requis l'anonymat. En outre, ce sera selon lui, une condition de la participation du FMI au nouveau plan de sauvetage.

"Je ne crois pas qu'il s'agisse d'un détail ou qu'on cherche à se débarrasser du problème. C'est une mesure dramatique que de reprofiler toute la dette détenue en Europe" pour donner à la Grèce une chance de "retrouver de la croissance", a-t-il ajouté.

Les Etats européens devraient accorder à la Grèce une période de grâce de 30 ans sur le service de toute sa dette européenne, y compris les nouveaux prêts, ainsi qu'une prolongation tout a fait considérable, ou bien réaliser des transferts annuels explicites au budget de l'Etat grec ou accepter de "sérieuses décotes ("haircuts")" de la dette, dit le FMI dans son rapport.

Christine Lagarde, directrice générale de l'institution, a participé samedi et dimanche aux réunions des ministres des Finances puis des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro à Bruxelles qui ont débouché sur un accord. Selon une source de l'UE, les nouvelles évaluations du FMI ont été communiquées aux ministres des Finances samedi et étaient connues des chefs d'Etat et de gouvernement avant la conclusion de l'accord, au petit matin lundi.

L'étude du FMI note en particulier que la fermeture des banques grecques et l'instauration d'un contrôle des capitaux, le 29 juin, prélevaient un "lourd tribut sur le système bancaire et l'économie, entraînant une nouvelle grave détérioration de la viabilité de la dette par rapport à ce qui avait été projeté dans une note récemment publiée."

Cette dernière note était sortie le 2 juillet, trois jours avant le référendum organisé en Grèce sur les demandes des créanciers internationaux.

Selon le nouveau rapport, la dette grecque représentera jusqu'à 200% du produit intérieur brut dans les deux prochaines années, et non pas 177% comme le FMI le prévoyait auparavant. En 2022, le ratio serait encore de 170%, au lieu de 142% prévus il y a deux semaines.

(Howard Schneider, Bertrand Boucey, Juliette Rouillon et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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