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Marché : Le fer, bon baromètre de la demande des pays émergents

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par Manolo Serapio Jr

SINGAPOUR (Reuters) - Le minerai de fer pourrait devenir un baromètre majeur de la santé des économies émergentes, la faible spéculation autour de ce composant essentiel de l'acier en faisant une meilleure mesure de la demande réelle que d'autres métaux industriels tels le cuivre.

Les prix du minerai de fer, régis avant tout par l'offre et la demande et moins soumis à la volatilité des marchés financiers, donnent un aperçu de la santé des économies à croissance rapide comme la Chine, premier acheteur mondial, mais aussi de l'Inde et du Brésil, qui en sont d'importants fournisseurs.

Les marchés émergents représentent 75% de la demande mondiale de minerai de fer et 90% de ce montant revient à la Chine, estime Daniel Hynes, analyste pour Citigroup.

"C'est clairement une composante de base de l'économie chinoise", commente-t-il.

Et contrairement au cuivre et à d'autres métaux, dont une grande partie est transformée en biens électriques voués à l'exportation, la quasi-totalité du minerai de fer consommé par la Chine est transformée en acier et permet de construire ponts, routes et logements au coeur de l'urbanisation du pays.

Les volumes consommés par les économies émergentes permettent ainsi de savoir si celles-ci poursuivent leur expansion industrielle ou bien freinent leurs investissements, en réaction à la conjoncture morose en Occident.

LE MINERAI DE FER MOINS SPÉCULATIF QUE LE CUIVRE

Le marché des dérivés financiers sur le minerai de fer est encore peu développé, ce qui limite la spéculation susceptible d'éclipser l'offre et la demande réelles du matériau, explique Ben Westmore, économiste spécialiste des matières premières à la National Australia Bank.

Les prix du cuivre, qui dépassent aujourd'hui 9.000 dollars la tonne, ont triplé depuis leurs plus bas atteints lors de la crise financière de 2008 et sont bien supérieurs à ce que justifie la demande réelle, jugent certains analystes.

Pendant la déroute des marchés financiers du mois dernier, alimentée par l'abaissement de la note de crédit des Etats-Unis et la crise persistante de la dette dans la zone euro, les prix du cuivre ont glissé à des plus bas de huit mois, alors que ceux du minerai de fer s'en sont sortis quasiment indemnes.

Le cours spot du minerai de fer a gagné 1,8% en août, alors que le cuivre a perdu 7%.

Le minerai de fer pourrait donc constituer un meilleur baromètre de la demande au sein des économies émergentes en pleine industrialisation, alors que le cuivre et d'autres métaux de base, plus volatils et davantage voués à l'exportation, semblent mieux adaptés aux économies développées.

Les prix du minerai de fer ont en outre gagné en transparence depuis que les principaux producteurs ont abandonné en avril 2010 un système vieux de 40 ans et révisent leurs prix non plus sur une base annuelle mais trimestrielle, voire mensuelle.

La spéculation financière pourrait toutefois bientôt frapper ce matériau.

Si le marché reste aujourd'hui relativement embryonnaire, les volumes des "swaps" (produits dérivés financiers) sur le minerai de fer ont bondi à plus de 4 millions de tonnes en juillet, un plus haut historique.

Natalie Huet pour le service français, édité par Danielle Rouquié

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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