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Marché : Le dj pulvérise les 13.500 après décisions bernanke

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(CercleFinance.com) - Ben Bernanke a donné à Wall Street ce que Wall Street espérait'... voilà l'un des titres illustrant la fin de la séance sur les medias anglo-saxons. Ben Bernanke va en fait très au-delà des attentes avec un 'QE-3' (sous forme de rachat de créances hypothécaires) illimité dans le temps -ce qui ne s'était jamais vu même au Japon- et la promesse de taux zéro jusqu'à la mi-2015. La FED va jouer à fond son rôle de 'bad bank' en rachetant des actifs de plus en plus douteux (les 'MBS') tandis que 'opération 'twist' est maintenue jusqu'à la fin de l'année, soit un ajout de 45Mds$ de liquidités tous les mois jusqu'à la fin décembre.

C'est la fête, les investisseurs qui jouent la hausse des marchés depuis 2 mois exultent, le Dow Jones pulvérise les 13.500 (+1,6% à 13.540) avec 100% de titres en hausse... et les sommets absolus ne sont plus qu'à 6 et 7%.

Ben Bernanke a passé outre les nombreux avertissements à peine voilés de la Chine à l'encontre de toute initiative qui pourrait déclencher une instabilité des prix, Pékin redoutant plus que tout l'inflation et les troubles sociaux qu'elle engendre.

Wall Street parie déjà ouvertement sur la flambée des matières premières: les société minières, les parapétrolières et les spécialistes des matériaux de base ont explosé à la hausse de +5% à +7% en moyenne jeudi soir, ce qui a largement contribué à l'envol de +1,63% du 'S&P' jusque vers 1.460Pts.

Le secteur financier a également bondi de +3% alors que le 'QE-3' a été mitonné sur mesure pour les banques qui vont voir 40Mds$ se déverser dans leurs comptes chaque mois: joli coup de chapeau de la part de Goldman Sachs +2%, Morgan Stanley +2,7%, Amex +3,1%, JPM +3,7%, Wells Fargo +4,1%, Bank of America +4,8%.

Les constructeurs de logements individuels ont également été plébiscités avec Pulte Homes +9,2%, Beazer Homes +8,7%, Lennar +6,2%, DR Horton +4,9%.

Et comme si Wall Street savait déjà que tout cet argent n'ira pas irriguer l'économie réelle ni soutenir la consommation, les rares valeurs qui n'ont pas bénéficié du rallye haussier sont des titres du secteur de la distribution comme Best Buy -1,4%, JC Penney -1,3%.

L'autre surprise du jour, c'est que la décision de déclencher un 'QE-3' -qui prend effet dès ce vendredi- a été voté à l'unanimité des membres de la FED -moins 1 voix, celle de Jeffrey Lacker-.

De nombreux membres de la FED s'étaient pourtant exprimés à ce sujet cet été, mettant en doute son impact réel sur la croissance et l'emploi ('l'efficacité des 'QE' n'a jamais été démontrée').

En revanche, pour faire flamber les matières premières, c'est un moyen très efficace (le baril teste les 98$, l'once d'or s'envole de +2% à 1.770$). Et pour plomber le Dollar (ainsi que le commerce extérieur de l'Europe)c'est imparable: l'Euro qui a déjà pris 5% en 1 mois dans l'anticipation d'une telle initiative culmine maintenant vers 1,2920$ et les 1,300 semblent à portée de tir avant ce week-end.

Wall Street voulait de l'argent frais, ce sera bel et bien le cas: la FED va en déverser 85Mds$ par mois jusqu'à la fin de l'année... mais personne ne se demande pourquoi l'économie américaine à un tel besoin d'une injection de liquidités aussi massive, ni en quoi cela va relancer le crédit immobilier puisque les taux taux sont déjà au plus bas et que les américains ne veulent plus s'endetter.

Rétrospectivement, la stagnation des indices US depuis vendredi dernier au contact de leurs records annuels -dans un contexte de volatilité complètement jugulée- s'explique mieux: certains opérateurs étaient manifestement très 'surs de leur fait' et ne semblaient avoir aucun doute sur le contenu du communiqué final publié ce soir.

Le Nasdaq gagne +1,35% à 3.156Pts (au plus haut depuis 12 ans) alors qu'Apple (+2%) pulvérise un nouveau record absolu à 683$ et l'indice VIX replonge de -11% sur son plancher historique des 14.

Les investiseurs européens semblaient avoir fait le pari que Ben Bernanke ne prendrait pas le risque de donner un gros coup de pouce à la réélection de Barack Obama en lui offrant aussi gros ballon d'oxygène économique, au meilleur moment pour redorer son bilan économique, alors que le débat sur le 'fiscal cliff' reste la plus grande menace aux yeux d'une majorité d'américains (loin devant le chômage paradoxalement... lequel constitue l'alibi du 'QE-3').

De nombreux commentateurs anglo-saxons convenaient que la décision de la FED est probablement tout autant économique que politique: il y a 1 mois, les membres de la FED étaient divisés (à 2/3-1/3)sur le recours à la planche à billet, entre temps, Mitt Romney a déclaré qu'il ne reconduirait pas Ben Bernanke dans ses fonctions en cas de victoire... et c'est soudain l'unanimité en faveur du 'QE-3'.

Et c'est là que le choix de la 'durée illimitée' prend tout son sens: si Ben Bernanke n'était pas sur d'être maintenu par Obama (contrairement à ce qui se passerait en cas de succès de son adversaire Républicain), sa promesse ne serait crédible que jusqu'à mi-janvier 2013 (date de l'investiture du président élu mi-novembre).

Jamais la FED n'avait dérogé à une tradition de neutralité à 2 mois des élections présidentielles, pour ne pas être soupçonné d'avoir tenté de favoriser l'un des candidats: les temps changent... radicalement même.

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