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Marché : Le crédit agricole voit sa facture grecque s'alourdir

Le crédit agricole voit sa facture grecque s'alourdirLe crédit agricole voit sa facture grecque s'alourdir

par Matthieu Protard

PARIS (Reuters) - Le Crédit agricole, qui est la banque étrangère la plus exposée à la Grèce en raison de sa filiale locale Emporiki, a estimé jeudi que la crise que traverse la Grèce pourrait lui coûter 850 millions d'euros dans ses comptes du deuxième trimestre.

La banque française indique dans un communiqué qu'elle passera dans ses comptes du deuxième trimestre une nouvelle dépréciation de 359 millions d'euros sur Emporiki et que le nouveau plan d'aide à la Grèce, auquel le secteur financier va participer, devrait lui coûter environ 150 millions d'euros.

Elle s'attend aussi à ce que sa filiale grecque affiche une perte nette de 451 millions d'euros au deuxième trimestre.

"La perte attendue chez Emporiki, ainsi que la dépréciation du goodwill et la participation au plan de soutien à la Grèce auront un impact sur le résultat net consolidé de Crédit agricole SA du 2ème trimestre qui ne devrait pas dépasser 850 millions d'euros", explique la banque.

"Le résultat net part du groupe de Crédit Agricole S.A. demeurera positif au deuxième trimestre 2011", ajoute-t-elle.

D'après les données de Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes tablaient jusqu'à maintenant sur un résultat net de 861,67 millions d'euros au deuxième trimestre.

"Ce n'est pas surprenant. La banque avait implicitement fait passer le message que de nouvelles dépréciations seraient passées sur la Grèce", commente un analyste financier basé à Londres qui n'a pas souhaité être cité.

"Cela donne néanmoins l'impression que la direction ne maîtrisait pas la situation en Grèce", dit-il encore.

L'annonce début juillet du départ du directeur financier du Crédit agricole SA, Bertrand Badré, avait surpris plusieurs analystes, alimentant des spéculations sur une dégradation de la situation en Grèce d'Emporiki.

"Quand le directeur financier est parti, de nombreuses personnes s'attendaient à ce que ce départ soit lié à Emporiki", fait remarquer Alain Tchibozo, analyste chez Mediobanca.

RETOUR AUX BÉNÉFICES COMPROMIS

Pour la banque française, les difficultés que traverse la Grèce remettent du coup en cause l'objectif de retour aux bénéfices d'Emporiki en 2012.

En fin d'année dernière, le Crédit agricole chiffrait déjà la facture "Emporiki" à quatre milliards d'euros.

La situation de la Grèce a déjà valu aux trois principales banques françaises, BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale d'être placées en juin sous surveillance avec implication négative par Moody's en raison de leur exposition au pays.

Les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord le 21 juillet sur un deuxième plan d'aide à la Grèce d'un montant total de 109 milliards d'euros.

Le secteur privé, détenteur d'obligations souveraines grecques, sera mis à contribution à hauteur de 37 milliards d'euros. L'accord prévoit que les banques et assureurs européens subiront une décote de 21% sur la dette grecque qu'ils détiennent.

A la Bourse de Paris, avant ces annonces, l'action Crédit agricole a clôturé en hausse de 1,45% à 8,8260 euros.

Elle a perdu 11,5% depuis le début de l'année face à un indice des valeurs bancaires européennes en repli de 11% depuis le 1er janvier.

Avec Christian Plumb, édité par Catherine Monin

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