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Marché : La zone euro entre dans une semaine à risques

La zone euro entre dans une semaine à risquesLa zone euro entre dans une semaine à risques

par Paul Taylor

PARIS (Reuters) - La semaine qui s'ouvre s'annonce à hauts risques pour la zone euro, des événements potentiellement cruciaux s'enchaînant quelques jours après l'annonce des mesures inédites de la Banque centrale européenne (BCE) pour endiguer une crise de la dette qui sévit depuis plus de trois ans.

Des juges allemands, les électeurs néerlandais ou encore des régulateurs européens peuvent chacun à leur manière lever de nouveaux obstacles et faire retomber l'optimisme prudent né des annonces de la BCE.

Dans l'ordre d'importance, la journée clef est probablement celle du mercredi quand la Cour constitutionnelle allemande rendra sa décision sur la légalité du Mécanisme européen de stabilité (MES) et du pacte européen de discipline budgétaire.

Ni le MES ni le "fiskalpakt" ne pourront être ratifiés sans le feu vert des 'Sages' de Karlsruhe.

Un rejet de ces dispositifs, jugé peu probable par les experts en droit, déclencherait la panique sur les marchés obligataires en remettant en cause toute future aide aux pays du sud de l'Europe frappés de plein fouet par la crise de la dette.

Les cours actuels sur les différents marchés financiers - l'indice Euro Stoxx 50 a terminé vendredi à un plus haut de six mois, le rendement des obligations espagnoles à dix ans est repassé sous la barre des 6% pour la première fois depuis mai et l'euro est à un pic de quatre mois face au dollar - suggèrent que les intervenants tablent sur une décision positive de la Cour constitutionnelle.

Et même en cas de feu assorti de conditions, Holger Schmieding, économiste en chef chez Berenberg Bank, n'anticipe qu'un reflux temporaire des Bourses européennes, de 1% à 2%, jusqu'à ce que les investisseurs soient rassurés sur les conséquences de ces conditions.

UNION BANCAIRE

Mardi, la Commission européenne proposera aux Etats de la zone euro d'accorder à la BCE le pouvoir de réglementer, de sanctionner et éventuellement de fermer des banques dans le cadre du projet d'union bancaire censé contribuer à résoudre la crise de la dette.

La constitution d'une véritable union bancaire suppose des abandons de souveraineté de la part des Etats, une perspective qui suscite la suspicion de certains responsables politiques dans plusieurs pays.

La Grande-Bretagne a déjà annoncé qu'elle resterait à l'écart du projet, même si de nombreuses banques basées à Londres et disposant d'importantes activités dans la zone euro sont affectées par un éventuel changement des règles.

L'Allemagne a déjà manifesté son opposition à une supervision de l'ensemble des banques de la zone euro par la BCE : pour Berlin, la banque centrale ne sera pas en mesure de surveiller les 6.000 établissements concernés. Mais la Commission réplique que même de petites banques peuvent déclencher des crises, en rappelant l'exemple de Northern Rock en Grande-Bretagne.

Selon Michel Barnier, commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, la mise en place de cette supervision bancaire interviendra en janvier 2013, malgré les réserves de Berlin et les doutes exprimés en Allemagne sur le respect de ce calendrier.

Une réunion informelle des ministres des Finances européens prévue vendredi à Nicosie (Chypre) devrait être lieu de confrontation des divergences au sujet de l'union bancaire.

La Grèce et l'Espagne devraient également être au centre des discussions, la question de la poursuite du versement de l'aide internationale étant en jeu pour Athènes et la demande officielle d'une telle aide pour Madrid.

ÉLECTIONS NÉERLANDAISES

Alors que les élections législatives néerlandaises, qui se dérouleront jeudi, ont été vues pendant des mois comme étant potentiellement paralysantes pour la résolution de la crise de la dette - cette dernière ayant alimenté un sentiment anti-européen à gauche comme à droite - le scrutin est aujourd'hui moins redouté, deux parti pro-européens étant en tête dans les sondages.

Le Parti travailliste (PvdA), revenu en quelques mois sur le devant de la scène grâce à nouveau dirigeant Diederik Samson, fait désormais jeu égal dans les intentions de vote avec le Parti libéral du Premier ministre Mark Rutte, distancé dans l'opinion publique par son rival travailliste.

Ceci étant dit, même en cas de résultats favorables à l'Europe, la formation d'un gouvernement de plein exercice pourrait prendre des mois, ce qui retarderait des décisions clef en matière d'intégration européenne plus poussée.

Et, comme en Allemagne, en Finlande ou en Autriche - qui sont, avec les Pays-Bas, les Etats de la zone euro ayant les notes de crédit les plus élevées - l'opinion néerlandaise semble de plus en plus réticente à consentir de nouvelles aides pour des pays en difficulté.

"Quel que soit le résultat des élections néerlandaises, le sentiment anti-austérité et la phobie de nouvelles aides risquent de devenir plus prononcées dans le pays", a déclaré Nicholas Spiro, directeur général de Spiro Sovereign Strategy.

Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par Jean-Loup Fiévet

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