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Marché : La sortie du nucléaire a freiné le pib allemand

La sortie du nucléaire a freiné le pib allemandLa sortie du nucléaire a freiné le pib allemand

par Brian Rohan

BERLIN (Reuters) - Le produit intérieur brut de l'Allemagne a souffert de la décision de Berlin d'abandonner le nucléaire, les importations d'énergie ayant fortement progressé en compensation.

La croissance de l'économie allemande a ralenti à 0,1% au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents, selon les statistiques officielles publiées mardi, qui confirment les chiffres annoncés en première estimation.

Au premier trimestre, la croissance avait été de 1,3%.

En rythme annuel, le produit intérieur brut (PIB) allemand a progressé de 2,8% au deuxième trimestre, précise l'Office fédéral des statistiques, confirmant là aussi l'estimation préliminaire.

Autre signe alarmant pour l'état de l'économie allemande, son secteur manufacturier a connu sa croissance la plus faible en presque deux ans au mois d'août, selon les données PMI publiées séparément.

Du fait de la brusque hausse des achats d'énergie, les importations ont dépassé les exportations au deuxième trimestre.

Le détail des statistiques montre que la balance commerciale a ainsi retranché 0,3 point de pourcentage au PIB de la période d'avril à juin.

LA FAIBLE CONSOMMATION PÈSE SUR LA CROISSANCE

"La sortie de l'Allemagne du nucléaire a eu un effet notable. Il n'y a pratiquement pas eu d'exportations d'énergie, et des importations élevées ont été nécessaires pour répondre à la demande", indique l'Office de la statistique.

Après la catastrophe nucléaire survenue à la centrale japonaise de Fukushima dans la foulée du séisme du 11 mars, les autorités allemandes ont fait le choix d'entamer une fermeture graduelle des centrales, qui doit s'échelonner d'ici à 2022.

Huit réacteurs sont d'ores et déjà fermés et leur retrait a supprimé 8.000 mégawatts de capacité de génération, ramenant la capacité totale du pays à 13.000 mégawatts.

La consommation des ménages a reculé de 0,7% sur le trimestre, subissant sa première baisse depuis le quatrième trimestre 2009. Malgré des investissements en hausse, la consommation globale a retranché 0,3 point à la croissance.

"L'inflation élevée a probablement douché l'envie d'achat des consommateurs. L'insécurité générée par la crise de la dette a probablement aussi contribué", a commenté Torge Middendorf, de WestLB.

En août, le moral des entreprises a chuté à son rythme le plus rapide depuis la faillite de Lehman Brothers fin 2008.

Le moral des ménages a lui aussi reculé, pour le troisième mois consécutif. Certains économistes restent toutefois optimistes pour les prochains mois et jugent que le deuxième trimestre n'illustre qu'un ralentissement ponctuel.

Andreas Rees, d'UniCredit, anticipe ainsi un taux de croissance de 0,5% au troisième trimestre.

"Il y a eu d'autres effets particuliers, comme la baisse des dépenses de construction, qui seront compensés au deuxième semestre. De plus, il existe une bonne chance que la consommation des ménages reprenne sensiblement."

Natalie Huet et Gregory Schwartz pour le service français, édité par Benjamin Mallet

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