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Marché : La grèce restera en zone euro si elle respecte ses obligations

La grèce restera en zone euro si elle respecte ses obligationsLa grèce restera en zone euro si elle respecte ses obligations

par Annika Breidthardt

BERLIN (Reuters) - La Grèce ne quittera pas la zone euro à moins qu'elle ne "refuse totalement" de remplir ses engagements, a déclaré samedi le président de l'Eurogroupe, alors même que l'Allemagne insiste sur le fait qu'Athènes doit mettre en oeuvre résolument les réformes convenues.

"Cela ne se produira pas, à moins que la Grèce ne bafoue tous ses engagements et ne respecte aucun accord", a déclaré le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker au journal autrichien Tiroler Tageszeitung, quelques jours avant sa rencontre avec le Premier ministre grec Antonis Samaras.

"Dans l'hypothèse d'un refus total de la Grèce s'agissant de la consolidation de son budget et des réformes structurelles, il faudra revoir la question", a-t-il ajouté.

Le ministre allemand des Finances allemand Wolfgang Schäuble avait dit samedi que l'aide allouée à la Grèce n'était pas illimitée et qu'elle ne devait pas compter sur un nouveau plan de sauvetage.

Samaras doit rencontrer Juncker, ainsi que le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel la semaine prochaine et il est probable qu'il demandera un délai supplémentaire de deux ans pour mettre sur pied les réformes exigées par la troïka en contrepartie d'un second plan d'aide international de 130 milliards d'euros.

De fait, l'accord relatif à ce programme comporte une clause prévoyant un rallongement des délais s'il s'avère que la récession qui frappe le pays est plus profonde que prévu, ce dont Samaras s'emploiera à convaincre les bailleurs de fonds.

Juncker estime que pour l'heure repousser les échéances n'est pas une obligation urgente et qu'une telle éventualité dépendra des conclusions d'une mission de la troïka, qui regroupe la Commission européenne, le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne.

"PRENDRE TRÈS AU SÉRIEUX"

Ce préalable est également évoqué par le ministre français des Affaires européennes Bernard Cazeneuve. "(...) il convient d'abord de prendre connaissance des expertises de la 'troïka', d'autre part de laisser le gouvernement grec exprimer sa demande. Et ensuite, dans la concertation avec nos partenaires de l'Union européenne, nous examinerons les réponses à apporter", a-t-il dit sur Europe 1.

Le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a dit que Berlin n'envisageait pas d'assouplir "en substance" les réformes convenues avec la Grèce et, dans un article du Tagesspiegel am Sonntag, conseille à Athènes de "prendre la position du gouvernement allemand très au sérieux".

Si Berlin n'accepte pas que la Grèce bénéficie d'un troisième programme d'aide, la France et des pays du sud de l'Europe tiennent en revanche à ce qu'on aide davantage la Grèce si nécessaire pour éviter qu'elle ne sorte de la zone euro, rapporte le Welt am Sonntag.

Der Spiegel écrit de son côté qu'il est probable que la Grèce doivent réduire ses dépenses de 2,5 milliards d'euros de plus dans les deux ans à venir pour respecter ses engagements envers ses bailleurs de fonds.

Citant un rapport intérimaire de la troïka, il précise qu'Athènes devra sans doute réduire les dépenses de 14 milliards d'euros pour ramener son déficit à moins de 3% du PIB d'ici la fin 2014, contre 11,5 milliards projetés auparavant.

Cette révision s'explique par les revers accusés par le plan de privatisation et par une économie qui, en cinquième année de récession, va plus mal que prévu, ajoute-t-il, précisant que sur la seule somme initiale convenue, "un tiers n'est pas couvert".

Un haut fonctionnaire du gouvernement grec avait cependant déclaré vendredi que la Grèce aurait bientôt identifié la totalité des économies budgétaires exigées de la part de ses créanciers étrangers en échange d'une aide financière.

Le déficit budgétaire de la Grèce a représenté 9,3% du PIB en 2011. Son économie s'est contractée de 6,35% en rythme annuel au premier semestre, alors que l'UE et le FMI projettent une contraction de 4,7% pour l'ensemble de l'année. Samaras a dit en juillet que la contraction du PIB serait de plus de 7% cette année.

LA FIN DE L'EURO

Hans-Peter Keitel, président de la puissante fédération patronale allemande BDI, qui affirmait jadis que la Grèce devait rester dans la zone euro à tout prix, semble avoir changé son fusil d'épaule.

"Le pays manque de prérequis importants comme une administration en bon état de marche et la volonté manifestée de se sortir de la crise", a-t-il dit, dans les colonnes du Wirtschaftswoche.

Dans un autre article publié dimanche par le Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung, le commissaire européen à l'Energie Günther Öttinger estime au contraire que la zone euro devrait faire tout son possible pour conserver la Grèce dans ses rangs et met en garde sur les conséquences imprévisibles qu'aurait une sortie de la Grèce.

"Si nous ne sommes pas capables de conserver dans la zone euro un pays ne représentant que trois pour cent de la dette totale de l'Europe, personne ne nous fera confiance pour régler les problèmes majeurs", souligne le commissaire.

Enfin, dans le Bild am Sonntag, l'ancien chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer met en garde contre un départ de la Grèce de la zone euro. "Si l'Italie et l'Espagne devaient être contaminées, ce serait la fin de l'euro et les politiques perdraient le contrôle au bénéfice des marchés".

Revenant sur de précédentes déclarations, Jean-Claude Juncker a de son côté précisé sa pensée: "J'ai bien dit qu'une sortie de la Grèce serait gérable. Ce que je voulais dire, c'est que ce serait techniquement gérable mais ingérable au plan politique et cela engendrerait des risques imprévisibles".

Comme on lui demandait ce qu'il entendait par "techniquement gérable", il a répondu: "Cela veut dire que les Grecs devront revenir à leur propre devise. Cela demanderait une préparation extrême. Mais plus cette hypothèse est évoquée, plus les gens intégreront cette hypothèse dans leur tête que ce travail est en train d'être fait. Ce qui n'est pas le cas".

Jean-Loup Fiévet et Wilfrid Exbrayat pour le service français

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