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Marché : La fusion efg-alpha enflamme le secteur bancaire grec

La fusion efg-alpha enflamme le secteur bancaire grecLa fusion efg-alpha enflamme le secteur bancaire grec

par George Georgiopoulos et Lefteris Papadimas

ATHENES (Reuters) - EFG EuroBank et Alpha Bank ont annoncé lundi que leurs deux conseils d'administration ont approuvé un accord de fusion qui donnera naissance à la plus grande banque d'Europe du Sud-est.

Les cours en Bourse des deux banques ont bondi de 30% dès que leur cotation a repris à Athènes, après une brève suspension le temps que les groupes officialisent l'opération.

"La consolidation de deux banques du secteur privé hautement complémentaires, avec des synergies substantielles et une logique stratégique claire (...) jouera un rôle crucial dans la reprise économique de la Grèce", expliquent les banques dans un communiqué commun.

Le secteur bancaire grec dans son ensemble a salué à la hausse l'officialisation de cette opération, les investisseurs anticipant d'autres rapprochements de ce type pour remettre sur pieds un secteur dévasté par la crise.

L'indice du secteur bancaire grec prenait 29,12% vers 14h15 GMT, surperformant l'indice de référence en hausse de 14,37%.

"Tout le secteur est en hausse, les marchés anticipant un effet domino, une réaction en chaîne de fusions et acquisitions. Car on ne veut pas être à la traîne, surtout si l'on est une petite banque", commente Alexander Kyrtsis chez UBS.

UN GAGE DONNÉ AU FMI

Ce projet de fusion est d'autant mieux accueilli que les représentants de l'Union européenne et du Fonds monétaire international sont attendus cette semaine en Grèce pour une mission d'évaluation des mesures engagées par Athènes en contrepartie du plan de sauvetage.

La Qatar Investment Authority (QIA), fonds souverain du royaume du Golfe déjà actionnaire d'Alpha Bank, deviendra par ailleurs un actionnaire important du nouveau groupe, avec une participation d'environ 17%.

Le ministre grec des Finances Evangelos Venizelos a applaudi cette fusion qui réunit le numéro deux et le numéro trois grecs de la banque, jugeant qu'elle bénéficierait à l'ensemble de l'économie du pays.

"Cette initiative montre que la crise que nous traversons aujourd'hui peut être l'opportunité de mouvements structurels qui soutiennent le secteur financier et l'économie réelle", estime-t-il dans un communiqué.

"La participation du Qatar envoie dans le monde entier un signal fort de confiance à l'égard des perspectives de l'économie grecque", poursuit-il.

Cet accord, qui devrait donner naissance à la plus grande banque d'Europe du Sud-est par les actifs, doit permettre aux deux établissement d'éviter d'avoir à faire appel au mécanisme public d'apport de liquidité et est susceptible d'enclencher une vague de consolidation dans le secteur, estiment les analystes.

ÉVITER LA NATIONALISATION

"La plus grande motivation des deux banques pour fusionner, c'est d'éviter la nationalisation", ajoute un analyste bancaire, qui a préféré conserver l'anonymat. "C'est le signal de départ pour une vague de fusions et acquisitions en Grèce. Les autres banques vont devoir réagir, notamment Piraeus qui est la plus petites des quatre principales banques grecques."

Selon un responsable d'Eurobank, l'opération prendra la forme d'un échange d'actions - à raison de sept EFG pour cinq Alpha, selon une source bancaire - suivi d'une émission de titres.

La QIA injectera des fonds dans la nouvelle entité via 500 millions d'euros d'obligations convertibles, avant de procéder à une émission de 1,25 milliard d'euros de titres.

La nouvelle entité, qui se nommera Alpha EuroBank, comptera 150 milliards d'euros d'actifs, huit millions de clients et 80 milliards d'euros de dépôts, a précisé une autre source.

Le président actuel d'Alpha Bank, Yannis Costopoulos, deviendra celui de la nouvelle entité. "Les marchés craignaient que tout ne bascule dans le chaos. Voilà qui leur montrera que quelque chose se passe dans le pays", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Les dirigeants anticipent des synergies combinées de 650 millions d'euros, et un ratio de fonds propres "Tier 1" de 14%.

La direction générale sera bicéphale, entre celui d'Alpha Dimitris Mantzounis et celui d'Eurobank Nicholas Nanopoulos.

La quatrième banque de Grèce, Piraeus Bank, a en revanche infirmé les informations relayées par le Financial Times qui rapportait des rumeurs de fusion avec le premier groupe bancaire grec NBG

"Un accord de fusion entre Alpha et Eurobank est particulièrement positif pour le secteur bancaire, le monde des affaires et l'économie", a dit un dirigeant de Piraeus à Reuters. "En ce qui concerne Piraeus et la consolidation, il n'y a rien en cours."

Catherine Monin, Gregory Schwartz pour le service français, édité par Nicolas Delame

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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