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Marché : La france n'a pas besoin de recapitaliser ses banques, dit fitch

La france n'a pas besoin de recapitaliser ses banques, dit fitchLa france n'a pas besoin de recapitaliser ses banques, dit fitch

par Raoul Sachs et Leigh Thomas

PARIS (Reuters) - Fitch Ratings estime que l'Etat français n'aura pas besoin d'apporter son concours au renforcement du capital des banques françaises, a déclaré jeudi David Riley, l'un des responsables de la notation des émetteurs souverains de l'agence.

Le mois dernier, Fitch a mis sous surveillance négative la note triple A de la France, estimant que c'est le pays noté AAA de la zone euro le plus exposé à aggravation de la crise de la dette souveraine.

Si les banques françaises sont relativement peu exposées à leur dette souveraine nationale, elles l'ont été dans les pays de la zone euro en difficulté, comme l'Italie, la Grèce et l'Espagne.

Mais les nouvelles exigences en capital que leur imposent les régulateurs européens dans le cadre de Bâle III et les difficultés de lever des fonds sur les marchés de capitaux les a conduites à alléger leur bilan et à se délester de leurs actifs décotés, dont les titres de dette des pays 'périphériques' de la zone.

James Longsdon, coresponsable de la notations des institutions financières chez Fitch, a souligné lors d'une conférence que le marché de la dette senior des banques en zone euro l'année dernière avait été "catastrophique".

Les banques de la zone euro ont eu très largement recours aux liquidités illimitées offertes par la Banque centrale européenne, qu'elles empruntent à 1% et redéposent pour l'essentiel à la même BCE à 0,25%.

"Le financement de la BCE leur permet de gagner du temps pour alléger leur bilan", a dit James Longsdon.

Selon Fitch, les banques françaises comptaient, en octobre, pour 17% dans les opérations de financement de la BCE.

"Nous ne croyons pas, et nous ne nous attendons pas à ce que l'Etat français ait besoin d'apporter un soutien en capital aux banques françaises", a dit David Riley.

Lors d'une interview à Reuters, en marge de la conférence, il a réaffirmé que sauf intensification de la crise de la zone euro, Fitch ne changerait pas la note de la France avant 2013 et avant de connaître l'issue des élections présidentielle et législatives et la façon dont évoluent l'économie et les finances publiques du pays.

"A court terme, le gouvernement français a pris de nombreuses mesures pour améliorer la crédibilité de ses objectifs" (de réduction des déficits), a-t-il constaté.

"Mais nous pensons toujours qu'ils n'atteindront pas leurs objectifs 2013 et 2014", a-t-il dit, ajoutant que l'endettement sera plus élevé que prévu.

"Je ne crois pas que ce serait un choc pour le marché si la France devait perdre son triple A de Fitch ou d'une des autres agences de notation", a-t-il estimé.

Pour lui, si un début de solution de la crise de la zone euro se dessine, alors les inquiétudes entourant la France seraient "dissipées".

(Edité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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