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Marché : La fed pointe les risques provoqués par la crise de la dette

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par Mark Felsenthal et Pedro da Costa

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale a souligné mardi que la situation en Europe comportait des risques pour l'économie américaine, laissant la porte ouverte à un nouvel assouplissement de sa politique monétaire tout en notant quelques progrès sur le front de l'emploi aux Etats-Unis.

L'économie américaine progresse à un rythme modéré, défiant le ralentissement observé à l'échelle mondiale, a estimé la Fed dans le communiqué ponctuant la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC).

Si la situation s'améliore quelque peu sur le marché du travail, l'institution monétaire constate que le chômage reste élevé et constate que la déprime reste le quotidien du marché de l'immobilier.

"Les tensions sur les marchés financiers continuent de provoquer des risques baissiers sur les perspectives économiques", a déclaré la Fed dans son communiqué, faisant allusion à la crise de la dette en Europe.

Les marchés ont accueilli sans grand enthousiasme les annonces de la banque centrale américaine, Wall Street terminant en baisse tandis que le dollar, plus que jamais valeur refuge, s'orientait en hausse contre l'euro.

A peu de choses près, le communiqué publié mardi ressemblait à s'y méprendre à celui qu'elle avait diffusé mois dernier après le FOMC de novembre.

"De mon point de vue, le message de la Fed est au mot près le même que celui du mois dernier, sans changement", a commenté Dominick Chirichella, associé senior de l'Energy Management Institute à New York.

EVANS SEUL CONTRE TOUS

Au delà de la décision sur les taux, laissés inchangés à un niveau proche de zéro comme beaucoup l'attendaient, les investisseurs cherchaient à savoir si l'opinion de la Fed sur l'économie avait évolué, mais rien de tel n'est apparu.

Une fois de plus, elle a expliqué que la situation économique justifiait que le loyer de l'argent reste à son niveau "au moins jusqu'à la mi-2013."

Et comme en novembre, la voix de Charles Evans, président de la Réserve fédérale de Chicago, s'est élevée pour réclamer un nouveau plan d'assouplissement quantitatif. Peine perdue puisque la décision de mardi a été adoptée par 9 voix contre une.

La semaine dernière, il avait estimé que la Fed devait agir sans plus attendre pour redynamiser la reprise économique flageolante des Etats-Unis faute quoi elle courrait le risque de condamner à jamais le pays à une croissance lente.

Confrontée à cette fragile reprise, la Fed a lancé en septembre un programme de 400 milliards de dollars de vente de titres de dette du Trésor à court terme. Le produit de ces ventes doit financer l'achat d'obligations à plus long terme, action censée maintenir les taux longs bas.

De nombreux analystes pensent que la Fed attendra la réunion des 24 et 25 janvier pour prendre de nouvelles initiatives, au cours de laquelle son président, Ben Bernanke, doit tenir sa conférence de presse trimestrielle.

Par ailleurs, de nombreux observateurs s'attendent à ce que la Fed commence à publier les prévisions en matière de taux d'intérêt de ses responsables, peut-être dès janvier, lors de la production de ses prévisions trimestrielles sur la croissance.

La Fed discute également de la possibilité d'annoncer un objectif en matière d'inflation dans le but de rassurer les marchés sur le fait qu'elle ne va pas laisser les prix déraper, même si elle prend des mesures fortes pour relancer l'économie.

Nicolas Delame pour le service français

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