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Marché : La Fed maintient son soutien aux marchés

La Fed ne change rien à sa politique monétaire, ni au QELa Fed ne change rien à sa politique monétaire, ni au QE

par Pedro da Costa et Alister Bull

WASHINGTON (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a prolongé mercredi son soutien à l'économie en maintenant à 85 milliards de dollars (62 milliards d'euros) le rythme de ses achats mensuels d'obligations et elle s'est montrée un peu moins optimiste pour la croissance après la crise budgétaire du début du mois à Washington.

En annonçant ses décisions, conformes aux attentes des analystes, les responsables de la banque centrale ont pris acte d'une dégradation des perspectives économiques due entre autres au "shutdown", la fermeture pendant 16 jours au début du mois de la plupart des administrations fédérales.

La Fed a noté que la reprise du marché immobilier commençait à marquer le pas et laissé transparaître une certaine frustration face à la lenteur du redressement du marché du travail.

Elle a néanmoins retiré de son communiqué une phrase dans laquelle elle s'inquiétait le mois dernier de la hausse des coûts du crédit, ce qui suggère qu'elle se satisfait de leur repli ces dernières semaines.

"Les données disponibles suggèrent que les dépenses des ménages et l'investissement en actifs fixes des entreprises ont progressé tandis que la reprise du secteur immobilier ralentissait quelque peu ces derniers mois", explique la Fed dans un communiqué, ajoutant que "la politique budgétaire pèse sur la croissance économique".

Wall Street a cédé du terrain après la publication du communiqué tandis que le dollar s'inscrivait en nette hausse face à l'euro, revenant autour de 1,3730 pour un euro contre 1,3784 au plus bas du jour. L'indice Dow Jones, pratiquement stable avant l'annonce des décisions du FOMC, perdait 0,35% à moins d'une demi-heure de la clôture.

Les cours des emprunts d'Etat américains reculaient, poussant les rendements à la hausse.

"Au final, le communiqué de la Fed est légèrement moins 'colombe' qu'attendu", estime Omer Esiner, responsable de l'analyse de marché de Commonwealth Foreign Exchange à Washington, notant la disparition dans le communiqué de la phrase sur le resserrement des coûts du crédit, notamment la remontée des taux des crédits immobiliers.

PAS DE HAUSSE DE TAUX ANTICIPÉE AVANT 2015

Dans son communiqué, la banque centrale dit que le marché du travail a montré "quelques" améliorations supplémentaires en dépit d'une dégradation récente des statistiques.

"Tant que les indicateurs économiques ne s'amélioreront pas, et qu'ils ne s'amélioreront pas nettement, je pense que les anticipations concernant le tapering resteront contenues", estime Rishna Menani, directeur des investissement d'Oppenheimer Funds à New York. "La probabilité qu'il se passe quelque chose en décembre est faible."

Esther George, la président de la Fed régionale de Kansas City, est la seule membre du FOMC à s'être prononcée contre la décision de mercredi, comme lors des précédentes réunions cette année; elle reste favorable à une légère diminution des achats d'obligations.

La Réserve fédérale avait surpris les marchés financiers le mois dernier en choisissant de ne pas réduire ces achats, ce que plusieurs de ses responsables, au premier rang desquels son président, Ben Bernanke, avaient pourtant laissé entendre tout au long de l'été.

Sa prudence a depuis été saluée car la confiance des ménages et des entreprises aux Etats-Unis a été entamée par le blocage au Congrès sur le budget et la dette publique des Etats-Unis, qui a conduit au "shutdown".

Les indicateurs économiques les plus récents ont globalement suggéré une tendance au ralentissement de la croissance aux Etats-Unis, une amélioration modérée de l'emploi et une inflation toujours faible.

Mercredi, l'enquête sur l'emploi du cabinet ADP a ainsi fait état de créations de postes au plus bas depuis six mois dans le secteur privé.

Après le communiqué de mercredi, les contrats à terme sur les taux d'intérêt américains suggéraient que les investisseurs n'anticipent pas de relèvement des taux d'intérêt de la Fed avant avril 2015 au plus tôt.

La banque centrale a répété qu'elle maintiendrait ces taux proches de zéro tant que le taux de chômage resterait supérieur à 6,5% et que l'inflation ne menacerait pas d'excéder 2,5%.

Les critiques de cette politique arguent de risques d'une résurgence de l'inflation et de bulles financières.

Mais les principaux responsables de la banque centrale, dont Ben Bernanke et sa vice-présidente, Janet Yellen, choisie par Barack Obama pour lui succéder l'an prochain, jugent que la persistance d'un chômage élevé est aujourd'hui la priorité.

L'inflation aux Etats-Unis était de 1,2% sur un an en septembre, loin de l'objectif de 2% de la Fed.

Alister Bull et Pedro da Costa; Marc Angrand pour le service français

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